Question écrite n° 17324 :
Cotisations

10e Législature
Question signalée le 24 octobre 1994

Question de : M. Bourg-Broc Bruno
- RPR

M. Bruno Bourg-Broc appelle l'attention de M. le ministre de l'agriculture et de la peche sur la situation tres inquietante relative aux prelevements sociaux et a l'assiette des revenus de la profession agricole et viticole. En effet, le projet de decret emanant du ministere de l'agriculture, examine lors du dernier conseil national des prestations sociales agricoles, met a la charge des exploitants agricoles et viticoles les pertes de recettes provoquees par l'exoneration partielle des jeunes agriculteurs et la prise en compte des deficits d'exploitations dans l'assiette des cotisations sociales. Ce projet reviendrait a porter de 37,8 p. 100 a 39,4 p. 100 le taux de prelevements s'appliquant aux revenus sous plafond. Lors du debat d'orientation sur l'agriculture, la majorite des deputes a apporte son soutien, en particulier, a la baisse des charges. Il ne parait donc pas normal qu'en l'occurrence un decret aille a l'encontre d'une loi. Afin de retablir une certaine coherence entre ce que les parlementaires ont vote et les engagements personnels du ministre, il s'avere necessaire de ramener de toute urgence le taux des prelevements sociaux a 37,8 p. 100, comme cela est le cas pour les autres categories socioprofessionnelles. De plus, il convient de ne baser l'assiette des prelevements sociaux que sur le revenu du travail de l'exploitant, et non d'y inclure la remuneration de ses capitaux propres. Comme chacun peut le savoir, la Marne est un des departements les plus touches par la crise agricole ; la baisse des revenus devient donc incompatible avec l'augmentation des prelevements sociaux. Etant donne ces inquietudes tout a fait fondees, il lui demande de bien vouloir lui indiquer les mesures significatives et promptes qu'il compte prendre afin d'eviter une aggravation de la situation agricole de notre pays.

Réponse publiée le 31 octobre 1994

Le decret no 94-718 du 18 aout 1994 determine les modalites de calcul des cotisations sociales des exploitants agricoles pour 1994. Conformement a la demande de la profession d'accelerer l'application de la reforme engagee en 1990, ce decret prevoit d'asseoir 70 p. 100 des cotisations sociales sur les revenus professionnels. Pour la premiere fois depuis la creation du BAPSA, les cotisations des agriculteurs baisseront en 1994 : la diminution des cotisations financant le BAPSA sera de 1,5 milliard de francs par rapport a celles de l'an dernier, et les cotisations baisseront, en moyenne par exploitant, de 9 p. 100. Cette diminution resulte de la mise en oeuvre de la reforme des cotisations sociales agricoles, qui permet dorenavant de prendre en compte l'evolution des revenus des exploitants dans le calcul des charges des exploitants ; elle est aussi la consequence des amenagements favorables apportes a la reforme par la loi no 94-114 du 10 fevrier 1994, qui permet notamment de prendre en compte des revenus de la derniere annee connue dans l'assiette des cotisations. Il convient de signaler que, dans le cadre du decret fixant les cotisations en 1994, le Gouvernement a decide de faire un effort budgetaire supplementaire de 120 millions de francs : l'Etat prendra ainsi en charge le cout (environ 60 millions) d'une partie des allegements de cotisations beneficiant aux jeunes agriculteurs qui s'installent, suivant les modalites similaires a celles prevues par la loi du 11 fevrier 1994 pour les commercants et artisans qui debutent ; par ailleurs, l'Etat a accepte d'aider les caisses de mutualite sociale agricole a faire face a la baisse conjoncturelle de leurs ressources par l'affectation d'une part supplementaire (60 millions) des cotisations au financement de leurs depenses de leur fonctionnement. Globalement, le taux des cotisations des agriculteurs sur leurs revenus professionnels (benefices fiscaux) se situera, en 1994, a 39 p. 100, ce taux est inferieur a celui des salaries (41,35 p. 100), en raison de differences dans les prestations entre le regime agricole et le regime general ; il apparait justifie que, par parallelisme, la profession supporte par une legere majoration de ses cotisations (de l'ordre d'un point a l'interieur du taux de 39 p. 100) des avantages qui n'existent pas dans les autres regimes, comme le cout d'une partie des exonerations de cotisations des jeunes agriculteurs et de la deduction des deficits. Le niveau des contributions des agriculteurs sur leurs revenus professionnels est donc, globalement, a parite avec celui des autres categories, en tenant compte des particularites de leur regime de cotisations et de prestations. Il convient, en outre, de rappeler que le compte des particularites de leur regime de cotisations et de prestations. Il convient, en outre, de rappeler que le financement des prestations sociales servies aux agriculteurs actifs et retraites (85,7 milliards cette annee) est, en 1994, assure a 82,2 p. 100 par un effort de solidarite des autres regimes sociaux et de la collectivite nationale et qu'il le sera a raison de 84,3 p. 100 en 1995. En ce qui concerne la demande tendant a prendre en compte certains elements des capitaux immobilises dans l'assiette sociale des revenus, celle-ci est etudiee a l'occasion de la preparation du projet de loi de modernisation agricole.

Données clés

Auteur : M. Bourg-Broc Bruno

Type de question : Question écrite

Rubrique : Mutualite sociale agricole

Ministère interrogé : agriculture et pêche

Ministère répondant : agriculture et pêche

Signalement : Question signalée au Gouvernement le 24 octobre 1994

Dates :
Question publiée le 1er août 1994
Réponse publiée le 31 octobre 1994

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