Metiers d'art
Question de :
M. Mancel Jean-François
- RPR
M. Jean-Francois Mancel appelle l'attention de M. le ministre de la culture et de la francophonie sur les difficultes que rencontrent les restaurateurs d'oeuvres d'art du fait de l'absence, en France, d'une definition statutaire de leur profession. S'il existe en effet a l'heure actuelle deux filieres de formations a cette activite - l'Unite de formation et de recherche (UFR) d'art et d'archeologie de l'universite Paris-I et l'Institut francais de restauration des oeuvres d'art (Ifroa) - aucune condition de diplomes ou d'experience n'est requise pour embrasser cette profession. De plus, depuis 1988, la direction des musees de France n'accorde plus de certificats d'aptitude aux nouveaux postulants, dans l'attente de la definition par le legislateur de l'activite des restaurateurs. Il lui demande donc quelles mesures il envisage afin de combler le vide juridique existant et s'il est possible d'etudier la creation d'un titre unique de « conservateur-restaurateur » qui, tout en clarifiant la situation et en precisant le role exact des titulaires - travailleurs independants - lors de leur intervention dans une mission de service public permettrait l'intervention preventive sur les oeuvres, trop souvent refusee.
Réponse publiée le 5 décembre 1994
Dans le cadre de la preparation d'un projet de loi sur les musees, il est effectivement envisage de proteger le titre de « restaurateur du patrimoine ». Un tel titre pourrait etre reserve aux seuls restaurateurs presentant toutes les garanties necessaires pour definir et mettre en oeuvre les operations de restauration des biens patrimoniaux. L'usage professionnel du titre de restaurateur du patrimoine serait ainsi reserve aux titulaires de formations specialisees de niveau eleve qui devront etre precisees dans un decret d'application. L'obligation pour l'Etat de controler les conditions selon lesquelles sont effectuees les operations de restauration des biens patrimoniaux est particulierement forte lorsque le bien concerne est inscrit a l'inventaire d'un musee, une restauration mal concue ou mal executee risquant de denaturer le bien a tout jamais. Il est donc, par ailleurs, envisage d'instituer par la loi une procedure speciale d'agrement permettant a l'Etat de selectionner, parmi les restaurateurs du patrimoine, ceux qui sont les plus qualifies pour intervenir sur les biens constituant les collections des musees.
Auteur : M. Mancel Jean-François
Type de question : Question écrite
Rubrique : Commerce et artisanat
Ministère interrogé : culture et francophonie
Ministère répondant : culture et francophonie
Dates :
Question publiée le 8 août 1994
Réponse publiée le 5 décembre 1994