Contrats de qualification
Question de :
M. Fromet Michel
- SOC
M. Michel Fromet appelle l'attention de M. le ministre du travail, de l'emploi et de la formation professionnelle sur les difficultes rencontrees par les jeunes pour trouver un employeur dans le cadre des contrats de qualification. En effet, la crise economique et l'augmentation au cours des derniers mois du chomage des jeunes incitent le plus grand nombre d'entre eux a poursuivre leur formation. Ainsi, des jeunes gens qui, il y a quelques annees encore, seraient entres sur le marche du travail avec un certificat d'aptitude professionnelle ou un brevet d'etudes professionnelles souhaitent aujourd'hui preparer un baccalaureat professionnel ou meme un brevet de technicien superieur en alternance. Une telle evolution est tres positive quant au niveau global de performance de l'economie francaise. Toutefois, ce mouvement est tres nettement ralenti par le peu d'enthousiasme que manifestent les entreprises pour accueillir des jeunes en formation, et ce malgre les avantages considerables qui leur ont ete consentis par le Gouvernement. En septembre prochain, de nombreux jeunes seront contraints de renoncer a une formation qu'ils avaient obtenue aupres des centres de formation d'apprentis, ou d'autres organismes professionnels, parce qu'ils n'auront pas trouve d'employeur pour valider la partie professionnelle de leur formation. Une telle situation est totalement incomprehensible pour les jeunes concernes et ne manque pas de les desesperer. Il souhaite savoir si des mesures urgentes sont prevues pour remedier a cette situation.
Réponse publiée le 31 octobre 1994
L'honorable parlementaire attire l'attention de M. le ministre du travail, de l'emploi et de la formation professionnelle sur les difficultes d'acces des jeunes au contrat de qualification et demande si des mesures urgentes pour remedier a cette situation sont envisagees. Il convient tout d'abord de preciser que le contrat de qualification, dispositif cree a l'initiative des partenaires sociaux, n'a pas pour objet de permettre aux jeunes de poursuivre leur formation. Il s'agit d'un outil d'insertion destine a donner une qualification professionnelle a des jeunes qui n'en ont pas ou qui ont un diplome ne permettant pas l'acces a l'emploi. Les partenaires sociaux l'ont d'ailleurs rappele dans l'avenant du 5 juillet 1994 a l'accord national interprofessionnel du 3 juillet 1991 relatif a la formation et au perfectionnement professionnels. Ce dispositif ne doit pas etre utilise en lieu et place de l'apprentissage, qui a pour vocation la formation initiale des jeunes sous contrat de travail. Le projet de loi qui sera depose cet automne devant le Parlement permettra de clarifier le cadre de recrutement de jeunes en contrat de qualification. Concernant les mesures destinees a favoriser l'embauche de jeunes sous contrats de qualification, elles sont deja largement mises en oeuvre. Il s'agit des exonerations de cotisations patronales de securite sociale sur la base d'un salaire n'excedant pas le SMIC, de la prise en charge du cout de la formation et de la fixation d'un salaire minimum en pourcentage du SMIC ainsi que le versement, depuis le 1er juillet 1993, d'une aide forfaitaire de 5 000 ou 7 000 francs en fonction de la duree du contrat pour chaque contrat de qualification conclu. Cette aide forfaitaire a ete reconduite jusqu'au 31 decembre 1994 par la loi no 94-679 du 8 aout 1994, au vu de l'augmentation du nombre des contrats conclus depuis son instauration. Il y a eu, en effet, 67 084 contrats signes entre le 1er janvier et le 31 aout 1994, contre 47 875 sur la meme periode en 1993. Par ailleurs, plusieurs accords ont ete signes avec de grandes entreprises et des secteurs professionnels. Ils fixent des objectifs de recrutement de jeunes notamment dans le cadre des contrats de qualification.
Auteur : M. Fromet Michel
Type de question : Question écrite
Rubrique : Formation professionnelle
Ministère interrogé : travail, emploi et formation professionnelle
Ministère répondant : travail, emploi et formation professionnelle
Signalement : Question signalée au Gouvernement le 24 octobre 1994
Dates :
Question publiée le 15 août 1994
Réponse publiée le 31 octobre 1994