Cotisations
Question de :
M. Emmanuelli Henri
- SOC
M. Henri Emmanuelli appelle l'attention de M. le ministre de l'agriculture et de la peche sur le probleme des cotisations des exploitants agricoles et du financement des caisses de mutualite sociale agricole. Il lui expose que le projet de decret relatif a la fixation des taux de cotisations sociales agricoles pour 1994, etabli dans le cadre de la reforme engagee en 1990, entrainerait pour les caisses de mutualite sociale agricole un deficit de 800 millions de francs du a une baisse du revenu agricole et la necessite de degager une enveloppe supplementaire de 600 millions de francs pour compenser l'exoneration des cotisations sociales des jeunes agriculteurs et pour compenser la possibilite offerte aux agriculteurs d'integrer les deficits dans le calcul de la moyenne triennale de leurs revenus professionnels. Ceci se traduit par un taux de prelevement de 39,4 p. 100 superieur de 1,6 p. 100 au taux du regime general (37,8 p. 100). Il lui rappelle que l'un des objectifs de la reforme votee par le Parlement etait d'aboutir a une parite avec le regime general et que l'un de ses predecesseurs avait garanti que la reforme ne compromettrait pas l'equilibre financier des caisses de mutualite sociale agricole. Dans ces conditions, il lui demande les mesures qu'il envisage de prendre afin que les engagements et l'esprit de la reforme soient respectes et pour que les agriculteurs deja fragilises ne voient pas leurs charges s'alourdir.
Réponse publiée le 12 décembre 1994
Le decret no 94-718 du 18 aout 1994 determine les modalites de calcul des cotisations sociales des exploitants agricoles pour 1994. Conformement a la demande de la profession d'accelerer l'application de la reforme engagee en 1990, ce decret prevoit d'asseoir 70 p. 100 des cotisations sociales agricoles sur les revenus professionnels. Pour la premiere fois depuis la creation du BAPSA, les cotisations des agriculteurs baisseront en 1994 : la diminution des cotisations financant le BAPSA sera de 1,5 milliard de francs par rapport a celles de l'an dernier, et les cotisations baisseront, en moyenne par exploitant, de 9 p. 100. Cette diminution resulte de la mise en oeuvre de la reforme des cotisations sociales agricoles, qui permet dorenavant de prendre en compte l'evolution des revenus des exploitants dans le calcul des charges des exploitants ; elle est aussi la consequence des amenagements favorables apportes a la reforme par la loi no 94-114 du 10 fevrier 1994 qui permet notamment de prendre en compte les revenus de la derniere annee connue dans l'assiette des cotisations. Il convient de signaler que, dans le cadre du decret fixant les cotisations pour l'annee 1994, le Gouvernement a decide de faire un effort budgetaire supplementaire de 120 millions de francs. L'Etat prendra ainsi en charge le cout (environ 60 millions) d'une partie des allegements de cotisations beneficiant aux jeunes agriculteurs qui s'installent, suivant des modalites similaires a celles prevues par la loi du 11 fevrier 1994 pour les commercants et artisans qui debutent ; par ailleurs, l'Etat a accepte d'aider les caisses de mutualite sociale agricole a faire face a la baisse conjoncturelle de leurs ressources par l'affectation d'une part supplementaire (60 millions) des cotisations au financement de leurs depenses de leur fonctionnement. Globalement, le taux des cotisations des agriculteurs sur leurs revenus professionnels (benefices fiscaux) se situera, en 1994, a 39 p. 100. Ce taux est inferieur a celui des salaries (41,35 p. 100), en raison de differences dans les prestations entre le regime agricole et le regime general. Il apparait justifie que, par parallelisme, la profession supporte par une legere majoration de ses cotisations (de l'ordre d'un point a l'interieur du taux de 39 p. 100) des avantages qui n'existent pas dans les autres regimes, comme le cout d'une partie des exonerations de cotisations des jeunes agriculteurs et de la deduction des deficits. Le niveau des contributions des agriculteurs sur leurs revenus professionnels est donc, globalement, a parite avec celui des autres categories, en tenant compte des particularites de leur regime de cotisations et de prestations. Il convient, en outre, de rappeler que le financement des prestations sociales servies aux agriculteurs actifs et retraites (85,7 milliards cette annee) est, en 1994, assure a 82,2 p. 100 par un effort de solidarite des autres regimes sociaux et de la collectivite nationale et qu'il le sera a raison de 84,3 p. 100 en 1995.
Auteur : M. Emmanuelli Henri
Type de question : Question écrite
Rubrique : Mutualite sociale agricole
Ministère interrogé : agriculture et pêche
Ministère répondant : agriculture et pêche
Signalement : Question signalée au Gouvernement le 5 décembre 1994
Dates :
Question publiée le 15 août 1994
Réponse publiée le 12 décembre 1994