Semences de cereales et proteagineux
Question de :
M. Morisset Jean-Marie
- UDF
M. Jean-Marie Morisset attire l'attention de M. le ministre de l'agriculture et de la peche sur les consequences de la decroissance de l'usage des semences certifiees qui est un facteur tres defavorable pour la competitivite de la filiere cerealiere. Cela est essentiellement du au fait que seules les semences certifiees supportent les royalties qui financent la recherche cerealiere. Des lors, il apparait un manque de maitrise de la qualite des cereales collectees et une desaffection des outils de traitement des semences, pourtant performants. Enfin, il en resulte l'assechement previsible des ressources de la recherche cerealiere avec la baisse de l'usage des semences certifiees et donc des prelevements de royalties correspondant. C'est pourquoi l'ensemble de la filiere cerealiere a concu un schema de prime encourageant l'usage de la semence certifiee, en effacant autant que possible le cout des royalties et donc la distorsion de concurrence subie. Ce schema avait ete presente a Bruxelles dans l'optique d'un financement communautaire mais n'est pas encore adopte. Il lui demande quelles mesures le Gouvernement compte adopter pour repondre aux attentes de cette filiere et sauver la recherche francaise qui est l'un de nos atouts face aux cereales americaines.
Réponse publiée le 26 septembre 1994
L'existence d'une filiere varietes et semences organisee et performante est une garantie essentielle de competitivite pour notre agriculture. La proposition d'un soutien a l'utilisation de semences certifiees presentee par l'interprofession a ete examinee avec beaucoup d'attention. La legalite de cette aide risque d'etre mise en cause dans la mesure ou elle contrevient aux dispositions des articles 92 a 94 du Traite de l'union europeenne. Ce dispositif apparait egalement difficile a mettre en oeuvre, incertain quant a ses resultats et tres couteux au regard des effets escomptes. Il suppose en effet de soutenir chaque quintal de semences certifiees utilise pour accroitre a la marge le financement de la recherche et les parts de marche de la filiere. Ce projet est enfin compris comme la substitution d'une ressource budgetaire et parafiscale a la contribution supportee jusqu'alors par les utilisateurs de semences certifiees. Cette nouvelle ressource ne pourra etre perennisee. Des lors, il apparait trop risque de remettre en cause l'assiette existante du financement de la recherche. En revanche, comme le ministre de l'agriculture et de la peche l'a laisse entendre lors du congres de l'AGPB, l'effort de recherche-developpement de la filiere varietes et semences doit etre soutenu. Il convient que soit d'abord examinee la possibilite d'elargir l'assiette du financement de la recherche aux semences de ferme, conformement aux dispositions de la convention de l'union pour la protection des obtentions vegetales (UPOV) et du recent reglement communautaire. Toutefois, cet elargissement de l'assiette ne peut etre immediat. Les obtenteurs doivent en effet s'organiser pour percevoir une remuneration sur les semences de ferme aupres des agriculteurs concernes par le reglement communautaire sur la protection des obtentions vegetales. Dans l'attente d'une telle evolution, il parait indispensable d'apporter un soutien direct et transitoire a la recherche. Ce soutien prendrait la forme d'une aide a l'investissement dans les stations de recherche privees, d'une aide a des programmes de creation de varietes vegetales et de recherche de nouvelles technologies des semences. Il conviendrait enfin d'examiner les raisons de la diminution de l'usage des semences certifiees, d'envisager quelle doit etre leur place demain par rapport aux autres formes possibles de diffusion du progres genetique, de rechercher enfin comment assurer leur competitivite vis-a-vis des semences de ferme. Les services du ministre de l'agriculture et de la peche sont prets a examiner, avec les representants de l'interprofession, les evolutions reglementaires qui permettraient de diversifier l'offre de semences et de mieux repondre aux attentes des utilisateurs.
Auteur : M. Morisset Jean-Marie
Type de question : Question écrite
Rubrique : Agriculture
Ministère interrogé : agriculture et pêche
Ministère répondant : agriculture et pêche
Dates :
Question publiée le 15 août 1994
Réponse publiée le 26 septembre 1994