Question écrite n° 17684 :
Coiffeurs a domicile

10e Législature

Question de : Mme Isaac-Sibille Bernadette
- UDF

Mme Bernadette Isaac-Sibille attire l'attention de M. le ministre des entreprises et du developpement economique, charge des petites et moyennes entreprises et du commerce et de l'artisanat, sur les preoccupations exprimees par les patrons coiffeurs qui doivent faire face a la concurrence deloyale des coiffeurs a domicile. En effet, actuellement les personnes qui exercent la profession de coiffeur a domicile ne sont pas assujetties aux exigences de qualifications prevues par la loi du 23 mai 1946 et ne sont donc pas tenues de posseder la carte professionnelle. Cette situation risque de favoriser le travail au noir et met en peril bon nombre de salons. Un avant-projet de loi prevoit entre autres de soumettre la coiffure a domicile aux memes conditions de qualifications que la gestion d'un salon traditionnel. Elle lui demande donc s'il compte presenter a l'examen du Parlement ce projet de loi qui retablirait l'egalite de traitement entre les coiffeurs.

Réponse publiée le 12 septembre 1994

La loi du 23 mai 1946, qui reglemente l'acces a la profession de coiffeur, dispose dans son article 3 que la gestion d'un salon de coiffure donne lieu a gerance technique avec contrat enregistre lorsque le proprietaire dudit salon n'est titulaire ni du brevet professionnel ni du brevet de maitrise de coiffure. Cette gerance technique ne doit etre assuree que par les titulaires de l'un ou l'autre des diplomes requis. Le mot « salon » n'ayant pas recu de definition dans le cadre de la loi de 1946, il a ete admis, en particulier a la suite d'une decision du tribunal administratif de Versailles, que le domicile d'un particulier n'etait pas assimilable a un salon, et qu'en consequence la coiffure au domicile des particuliers n'etait pas soumise a l'exigence de qualification prevue par la loi du 23 mai 1946. Cependant, les coiffeurs qui exercent au domicile des particuliers doivent s'acquitter des obligations fiscales et sociales comme tout professionnel exercant dans un salon. D'autre part, dans le cadre de l'examen d'un ensemble de mesures concernant l'artisanat, regroupees dans un projet de programme d'orientation, une mesure visant la coiffure au domicile des particuliers pourrait etre proposee, de sorte que cette activite se developpe dans un cadre de competence et de professionnalisme comparable a ce qui existe pour la coiffure en salon. La reglementation qui serait appliquee a la coiffure a domicile devrait cependant tenir compte du fait que dans les salons, la personne qualifiee est appelee a surveiller et encadrer du personnel, alors que, au domicile des particuliers, le coiffeur n'est responsable que de sa propre activite. Toute reglementation professionnelle etant delicate a etablir afin d'aboutir a des mesures qui seront bien appliquees et faciles a mettre en oeuvre, le ministre des entreprises et du developpement economique privilegiera les consultations et expertises, de maniere a eviter de proposer au Parlement un projet de loi insuffisamment evalue, en considerant que les textes adoptes auront d'importantes consequences sur les decisions des professionnels. Par ailleurs, et independamment du vote d'une loi sur cette question, le Gouvernement, en liaison avec les prefets, ne manquera pas de veiller attentivement a ce que cette profession ne soit pas pratiquee de maniere non declaree. En effet, la coiffure au domicile des particuliers est soumise a l'obligation d'immatriculation au repertoire des metiers ou au registre du commerce et des societes. A defaut d'immatriculation, l'article L. 324-10 du code du travail qualifie de clandestine cette activite. Est egalement susceptible de poursuites toute personne qui utilise sciemment les services de celui qui exerce un travail clandestin. Enfin, en application du decret no 90-656 du 25 juillet 1990, modifie par le decret no 91-1134 du 30 octobre 1991, des commissions departementales, presidees par le prefet, ont recu mission de coordonner la lutte contre le travail clandestin, l'emploi non declare et le trafic de main-d'oeuvre. Le procureur de la Republique aupres du tribunal de grande instance du chef-lieu du departement, les services de police, de gendarmerie, l'inspection du travail, les services fiscaux, les URSSAF, toutes les administrations concernees, les chambres consulaires et les organisations representatives de salaries et d'employeurs sont membres de ces commissions. Les situations d'exercice non declare de la coiffure au domicile des particuliers peuvent donc etre apprehendees par cette commission, qui peut decider de toute mesure a prendre pour lutter contre ce fleau qu'est le travail clandestin. Par ailleurs, des conventions de partenariat sont prevues pour associer les professionnels et les administrations dans cette action. La Federation nationale de la coiffure a signe une telle convention qui permet en particulier d'organiser une meilleure information sur les risques encourus a l'occasion de l'exercice non declare de la coiffure, tant par les coiffeurs que par leurs clients.

Données clés

Auteur : Mme Isaac-Sibille Bernadette

Type de question : Question écrite

Rubrique : Coiffure

Ministère interrogé : entreprises et développement économique, chargé des petites et moyennes e

Ministère répondant : entreprises et développement économique, chargé des petites et moyennes e

Dates :
Question publiée le 15 août 1994
Réponse publiée le 12 septembre 1994

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