Question écrite n° 17700 :
Allocation compensatrice

10e Législature

Question de : M. Mariani Thierry
- RPR

M. Thierry Mariani appelle l'attention de Mme le ministre d'Etat, ministre des affaires sociales, de la sante et de la ville, sur les modalites d'attribution de l'allocation compensatrice aux etrangers residant en France de maniere reguliere. L'arrete 186 du code de la famille et de l'aide sociale, tel qu'il a ete modifie par la loi no 93-1027 du 24 aout 1993, prevoit que des allocations prevues aux articles 158 et 160 peuvent etre allouees aux personnes agees et aux infirmes, a condition qu'ils justifient d'une residence ininterrompue en France metropolitaine depuis au moins quinze ans avant l'age de soixante-dix ans. L'article 160 ayant ete abroge, seules peuvent etre retenues les dispositions de l'article 158, qui fait reference a l'aide a domicile (aide simple, allocation de loyer, allocation representatrice de services menagers, aides en nature) ; l'allocation compensatrice n'est donc pas concernee par ces dispositions de l'article 186 du code de la famille et de l'aide sociale. L'alinea 6 de ce meme article prevoit quant a lui que les personnes de nationalite etrangere beneficient, dans les memes conditions que toute personne de nationalite francaise, des autres formes d'aide sociale, a condition qu'ils justifient d'un titre exige des personnes de nationalite etrangere pour sejourner en France. Ce dernier point semble donc signifier que tout etranger en situation reguliere, des lors qu'il est handicape et qu'il remplit les conditions necessaires, peut pretendre au benefice de l'allocation compensatrice sans etre soumis a une quelconque condition de duree, contrairement aux allocations prevues au terme de l'article 158. Cette absence de condition de duree pour l'attribution de l'allocation compensatrice n'est cependant pas sans consequence pour les departements dont les depenses sociales pesent tres lourdement sur leur budget. Il lui demande de bien vouloir lui faire savoir, d'une part, s'il est bien exact qu'il n'y a plus, desormais, de condition de duree de sejour pour qu'un etranger en situation reguliere puisse pretendre a l'allocation compensatrice et, d'autre part, quelles perspectives d'avenir le Gouvernement entend reserver a l'allocation compensatrice.

Réponse publiée le 31 octobre 1994

Dans un avis rendu le 23 octobre 1979, le Conseil d'Etat a estime que « le legislateur a entendu attribuer a l'allocation compensatrice le caractere d'une aide sociale » et qu'il y a donc lieu pour son attribution a des etrangers de lui faire application « des regles generales resultant soit de la loi, soit des conventions internationales, qui regissent l'attribution des allocations d'aide sociale aux ressortissants etrangers ». Or, l'article 186 du code de la famille et de l'aide sociale qui fixe les conditions generales d'attribution des prestations d'aide sociale aux etrangers non beneficiaires d'une convention ne mentionne pas l'allocation compensatrice, ni dans sa redaction actuelle resultant de l'article 38 de la loi no 93-1027 du 29 aout 1993 relative a la maitrise de l'immigration et aux conditions d'entree, d'accueil et de sejour des etrangers en France, ni dans sa redaction primitive. Avant cette modification de l'article 186, il etait admis par assimilation que l'octroi aux etrangers de l'allocation compensatrice obeit a la meme condition que l'allocation simple d'aide sociale mentionnee au 3/ de l'article 186, c'est-a-dire celle de justifier « d'une residence ininterrompue en France metropolitaine depuis au moins quinze ans avant soixante-dix ans ». Dans la nouvelle redaction de l'article 186, cette condition a ete confirmee pour l'allocation simple d'aide sociale. Le fait que le legislateur n'ait pas mentionne cette condition pour l'allocation compensatrice instituee par l'article 39 de la loi no 75-534 du 30 juin 1975 ne signifie pas necessairement qu'il ait entendu modifier le regime d'attribution aux etrangers de cette allocation et la placer expressement parmi « les autres formes d'aide sociale » qui conformement a l'avant-dernier alinea de la nouvelle redaction de l'article 186 peuvent etre accordees aux etrangers « a condition qu'ils justifient d'un titre exige des personnes de nationalite etrangere pour sejourner regulierement en France ». En l'etat actuel du texte, cette interpretation ne peut toutefois pas etre exclue. Il appartient aux juridictions d'aide sociale sous le controle du Conseil d'Etat de dire le droit sur cette question, dans la mesure ou elles seront saisies de litiges a ce sujet. Si au regard de cette jurisprudence le besoin d'une clarification est rendu manifeste, une modification de l'article 186 du code de la famille et de l'aide sociale pourra etre envisagee.

Données clés

Auteur : M. Mariani Thierry

Type de question : Question écrite

Rubrique : Handicapes

Ministère interrogé : affaires sociales, santé et ville

Ministère répondant : affaires sociales, santé et ville

Dates :
Question publiée le 22 août 1994
Réponse publiée le 31 octobre 1994

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