Question écrite n° 17803 :
Fermage

10e Législature

Question de : M. Marleix Alain
- RPR

M. Alain Marleix attire l'attention de M. le ministre de l'agriculture et de la peche sur le mode de fixation des fermages dans les baux ruraux. En effet, depuis mai 1992, la reforme de la politique agricole commune organise une baisse de fait du prix des denrees agricoles. Or si les exploitants recoivent heureusement - c'est l'objet de la reforme de la PAC - une contrepartie tres substantielle en aides directes au revenu, ce n'est evidemment pas le cas pour les proprietaires bailleurs. Les revenus locatifs baissent regulierement et de nombreux bailleurs se trouvent dans une situation difficile. Il lui demande donc quelles mesures sont envisagees pour ne pas penaliser davantage les bailleurs de baux ruraux, de nombreuses etudes effectuees a la demande du Gouvernement devant desormais permettre a celui-ci de prendre des dispositions plus equitables.

Réponse publiée le 31 octobre 1994

Les loyers des terres nues et des batiments d'exploitation sont actuellement fixes dans les baux en quantites de denrees. Leur montant evolue donc d'une annee sur l'autre en fonction du prix des denrees. La reforme de la politique agricole commune (PAC) qui a introduit une baisse des prix compensee par des aides, oblige a modifier ces regles, sauf pour des terres affectees a des cultures permanentes, non concernees par la reforme de la PAC (vigne, arboriculture fruitiere, etc.) et pour lesquelles le paiement en nature des fermages est frequent. Pour preparer cette modification qui est de nature legislative, les services du ministere de l'agriculture et de la peche ont entrepris une concertation approfondie avec l'ensemble des organisations concernees, a laquelle ont participe les organisations professionnelles agricoles (FNSEA, CNJA, APCA), les sections specialisees de la FNSEA (bailleurs et fermiers), ainsi que la Federation nationale de la propriete agricole. Au terme de ces echanges, des elements de compromis avaient ete degages entre les preoccupations respectives des bailleurs et celles des preneurs mais la reforme proposee donnait encore lieu a debat. C'est ainsi que le Premier ministre a confie par decret en date du 4 janvier 1994 a M. Jean Delaneau, senateur d'Indre-et-Loire, une mission aupres du ministre de l'agriculture et de la peche relative aux conditions et au prix du fermage. M. Delaneau a rendu son rapport le 5 avril dernier. Les principales conclusions de ce rapport sont les suivantes : le niveau des fermages ne serait pas modifie ; l'actualisation des baux serait effectuee sur la base d'indices departementaux, proposes par la commission paritaire des baux ruraux, retracant l'evolution du revenu agricole moyen a l'hectare constate au niveau national, au niveau departemental, ou par orientation technico-economique, ainsi que l'evolution du prix des denrees agricoles ne faisant pas l'objet d'aides compensatoires ; les nouveaux baux seraient rediges en monnaie ; les baux en cours, maintenus en denrees, evolueraient de la meme maniere ; un projet de loi a ete elabore en fonction de ces propositions ; adopte par le conseil des ministres le 15 juin 1995, ce projet est actuellement soumis au parlement. Il a ete adopte en premiere lecture par le Senat le 12 juillet 1994.

Données clés

Auteur : M. Marleix Alain

Type de question : Question écrite

Rubrique : Baux ruraux

Ministère interrogé : agriculture et pêche

Ministère répondant : agriculture et pêche

Dates :
Question publiée le 22 août 1994
Réponse publiée le 31 octobre 1994

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