Commerce
Question de :
M. Masson Jean-Louis
- RPR
M. Jean-Louis Masson rappelle a M. le ministre de l'industrie, des postes et telecommunications et du commerce exterieur que, par question ecrite no 16474 du 11 juillet 1994, il a attire son attention sur les abus de certaines societes automobiles qui detournent les autorisations de distribution selective pour pratiquer d'enormes ecarts tarifaires d'un pays europeen a un autre. Or, la reponse ministerielle evoque les mesures de retorsion prises contre les mandataires et ne repond donc pas du tout au probleme pose, car il est aussi aberrant de s'en prendre aux mandataires que de casser le thermometre lorsqu'un malade a de la fievre. Il lui renouvelle donc le texte de sa question qui etait ainsi libelle : « M. Jean-Louis Masson attire l'attention de M. le ministre de l'industrie, des postes et telecommunications et du commerce exterieur sur le fait que la distribution selective dans le secteur de l'industrie automobile n'est autorisee par la Communaute europeenne que sous reserve du respect d'un maximum de 12 p. 100 pour les ecarts de prix d'un pays europeen a l'autre. Or, un recent rapport parlementaire montre que des ecarts de prix de plus de 25 p. 100 pour un meme vehicule sont frequents. Parfois, certains depassent meme 40 p. 100. Comme l'ont souligne de nombreuses associations de consommateurs, ce sont donc les consommateurs et, en particulier, les consommateurs francais qui en font les frais. En outre, une telle situation abusive favorise le developpement de reseaux paralleles de mandataires. Il souhaiterait donc qu'il lui indique s'il envisage de demander a la Communaute europeenne, comme le recommande le rapport parlementaire sus-evoque, soit de prendre des mesures strictes pour sanctionner les societes automobiles qui pratiqueraient des ecarts de prix superieurs au seuil de 12 p. 100, soit en cas de recidive de leur supprimer toute autorisation au maintien d'un systeme de distribution selective. »
Réponse publiée le 19 décembre 1994
Plusieurs facteurs peuvent en effet expliquer les ecarts de prix des vehicules automobiles en Europe. Ils peuvent en premier lieu resulter des effets des devaluations monetaires et des differences de reglementation ou de taxation a l'achat des vehicules dans les Etats membres de l'Union europeenne. Cela n'est pas contestable et la Commission europeenne le mentionne regulierement dans les etudes sur les prix des voitures en Europe qu'elle effectue tous les six mois. Ces ecarts de prix peuvent egalement provenir de la strategie commerciale des constructeurs, qui doivent notamment prendre en compte les differences de conditions du marche et des couts de distribution dans chacun des Etats membres de la Communaute. Mais comme le sait l'honorable parlementaire, les prix des vehicules automobiles en Europe font l'objet d'une etroite surveillance de la Commission europeenne dans le cadre de l'application du reglement 123/85 relatif a la distribution exclusive et selective des vehicules automobiles. Dans l'hypothese d'ecarts de prix excessifs non objectivement justifies, la Commission dispose du pouvoir de retirer le benefice de l'application du reglement CEE 123/85 si elle « constate que sont appliques de facon continue des prix ou des conditions qui divergent considerablement entre Etats membres et que ces differences considerables se fondent principalement sur des engagements exemptes par le reglement precite ». Bien entendu, on ne saurait regler les distorsions tarifaires entre Etats membres par des poursuites a l'encontre d'intermediaires qui ne se comporteraient pas en mandataires et ne respecteraient pas strictement la reglementation. Mais lorsque tel est le cas, ces poursuites sont justifiees car ces intermediaires exercent une concurrence deloyale a l'encontre des membres des reseaux de distribution. La question des ecarts de prix ne saurait pas davantage etre resolue par la fixation d'un ecart de prix general et absolu a ne pas depasser car cette mesure, qui ignorerait les differences des conditions du marche des Etats membres, ne pourrait etre acceptee par les agents economiques. C'est par l'achevement du marche interieur de l'automobile et sous l'effet du libre jeu des forces du marche que les difficultes inherentes aux ecarts de prix pourront prendre fin. En consequence, tous les efforts doivent converger dans la voie d'une plus grande harmonisation de la reglementation de la fiscalite automobile et de la realisation de l'Union monetaire prevue par le traite de Maastricht.
Auteur : M. Masson Jean-Louis
Type de question : Question écrite
Rubrique : Automobiles et cycles
Ministère interrogé : industrie, postes et télécommunications et commerce extérieur
Ministère répondant : industrie, postes et télécommunications et commerce extérieur
Dates :
Question publiée le 5 septembre 1994
Réponse publiée le 19 décembre 1994