Aveugles et malvoyants
Question de :
M. Hunault Michel
- RPR
M. Michel Hunault attire l'attention de M. le ministre de la culture et de la francophonie sur les bibliotheques sonores realisees dans certains departements et reservees aux mal-voyants. Il lui demande quelles sont les aides que son ministere entend reserver aux collectivites qui s'engageraient a creer des bibliotheques sonores, au sein de leur bibliotheque municipale, et ce au profit des mal-voyants ou des auditeurs de troisieme age qui preferent la lecture a voix haute. Une telle production oblige a gerer un fichier des enregistrements et des donneurs de voix et necessite des frais supplementaires, au fonctionnement des bibliotheques traditionnelles et la mise a disposition d'un video-agrandisseur, de micro-ordinateurs munis de petites cameras traduits en braille et des claviers permettant a l'utilisateur de prendre des notes engendrant des couts que ne peuvent supporter les collectivites sans aides de l'Etat.
Réponse publiée le 16 janvier 1995
Le ministere de la culture et de la francophonie, soucieux de la diffusion de l'ecrit sous toutes ses formes et a tous les publics, soutient activement toutes les actions engagees en faveur de l'acces des aveugles et des mal-voyants a la lecture. Les bibliotheques publiques ont ete sensibilisees, depuis deja plusieurs annees, aux besoins specifiques de ce public. Elles ont developpe des fonds d'ouvrages en gros caracteres (grace a l'aide du Centre national du livre), des fonds de livres sonores, et pour certaines des collections en braille. A present que les progres techniques autorisent l'utilisation de la micro-informatique, les services pour deficients visuels des bibliotheques sont en train de s'equiper de materiel permettant la lecture d'ouvrages sur disquettes, en braille ephemere ou en synthese vocale. C'est ainsi qu'un projet de la direction du livre et de la lecture, agree au titre du Fonds d'innovation culturelle (FIC) 1994, prevoit d'aider quelques bibliotheques municipales parmi les plus avancees dans ce type de services a s'equiper en ouvrages disponibles sur disquettes et en logiciels et a permettre en outre une meilleure mise a disposition de ces fonds pour les non-voyants en organisant le pret inter-bibliotheques en niveau regional. Enfin, il convient de rappeler qu'a Paris la bibliotheque publique d'information du centre Georges-Pompidou oeuvre depuis longtemps dans le domaine de l'accueil des lecteurs non voyants par la demonstration de materiels et de techniques, la documentation et l'information au service des aveugles et des bibliothecaires. Mais le fond du probleme aujourd'hui ne doit pas etre envisage seulement sous un angle technique et materiel. Il convient en effet que la production et la copie des documents, rendues beaucoup plus aisees par l'emploi des nouvelles technologies, se fassent dans le respect du droit, c'est-a-dire avec les autorisations de l'auteur et de l'editeur, comme le prevoit le code de la propriete intellectuelle. Contrairement a l'obligation d'exploitation par l'editeur liee au contrat d'edition, le cocontractant de l'auteur n'a pas l'obligation de produire l'oeuvre dans le cadre d'un contrat de cession du droit de reproduction. Ayant acquis la faculte de reproduire, il demeure libre de publier ou de ne pas publier. Enfin, la liberte contractuelle des parties permet a l'auteur ou ses ayants droit d'imposer des conditions restrictives a quelques reproductions (nombre restreint d'exemplaires autorises, autorisation pour une duree renouvelable...). Le ministere de la culture et de la francophonie est conscient de la necessite qu'il y a a concilier le respect du droit d'auteur et un acces facilite aux oeuvres pour les personnes atteintes de handicaps a la lecture, et il se propose d'engager a cet effet une concertation entre les professionnels concernes.
Auteur : M. Hunault Michel
Type de question : Question écrite
Rubrique : Handicapes
Ministère interrogé : culture et francophonie
Ministère répondant : culture et francophonie
Dates :
Question publiée le 5 septembre 1994
Réponse publiée le 16 janvier 1995