Question écrite n° 18383 :
Armenie

10e Législature

Question de : M. Raoult Éric
- RPR

M. Eric Raoult appelle l'attention de M. le ministre des affaires etrangeres sur la position de la France vis-a-vis de l'Armenie. Cette position a pu en effet sembler ambigue dans la mesure ou la France n'a toujours pas clairement condamne le genocide du peuple armenien. Il convient en outre de relever que la Republique du Karabakh n'a pas encore ete reconnue et que les agressions recentes commises contre les populations armeniennes de Turquie, d'Azerbaidjan et des Republiques du Karabakh et d'Armenie n'ont pas ete condamnees par la France et qu'aucune suite diplomatique ne semble leur avoir ete donnee. Il lui demande de bien vouloir connaitre la position de la France sur la situation qu'il vient de lui exposer et sur ses intentions en ce domaine.

Réponse publiée le 31 octobre 1994

L'honorable parlementaire appelle l'attention du Gouvernement sur le massacre de la majeure partie de la communaute armenienne se trouvant en Asie Mineure sous la juridiction de l'Empire ottoman. Notre pays a accueilli les survivants arraches a leurs racines et durablement frappes par cette page particulierement douloureuse du XXe siecle. La France s'honore d'avoir pu integrer cette nouvelle communaute, a la fois fidele a sa memoire ancienne et a sa patrie d'adoption. Grace a leur talent, les Armeniens de France ont su conquerir une place de choix dans la communaute nationale, symbolisant la reussite d'une integration. Aussi la France estime-t-elle avoir rempli ses devoirs. Ce succes ne saurait faire oublier que la memoire armenienne est blessee. Nous devons le comprendre puisqu'une part de la memoire des Armeniens de France est aujourd'hui part de la memoire de la nation francaise. Les plus hautes autorites de l'Etat ont, par le passe, rendu hommage aux victimes du genocide que denoncent encore leurs descendants. Des la restauration de son independance, l'Armenie a ete confrontee a une nouvelle epreuve. En raison des liens exceptionnels qui nous lient au peuple armenien, la France n'a pas menage sa peine pour parvenir a un retour a la paix. C'est a son initiative qu'a ete cree, en 1992, dans le cadre de la CSCE, le groupe de Minsk, charge de trouver une solution pour le conflit du Haut-Karabakh. Le respect, depuis plus de quatre mois, d'un cessez-le-feu laisse esperer que les efforts que nous avons deployes seront bientot recompenses. En tout etat de cause, un terme ne pourra etre mis a cette crise que par la recherche entre les parties d'une solution politique. La France, comme par le passe, fera tout ce qui est en sa mesure pour favoriser l'instauration du dialogue.

Données clés

Auteur : M. Raoult Éric

Type de question : Question écrite

Rubrique : Politique exterieure

Ministère interrogé : affaires étrangères

Ministère répondant : affaires étrangères

Dates :
Question publiée le 19 septembre 1994
Réponse publiée le 31 octobre 1994

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