Maladie de Creutzfeldt-Jakob
Question de :
M. Masson Jean-Louis
- RPR
M. Jean-Louis Masson attire l'attention de M. le ministre delegue a la sante sur le fait qu'une tres forte probabilite de contamination de certains patients par la maladie de Creutzfeldt-Jakob a ete mise en evidence. Il serait donc indispensable que les services responsables puissent prendre contact avec les quinze cents enfants traites par une hormone specifique en 1984 et 1985. La liste etant etablie, il souhaiterait savoir pour quelle raison le ministere refuse d'organiser une information des interesses, tout retard dans la prise en charge d'un traitement eventuel pouvant creer des risques d'aggravation ulterieurs de la maladie. Comme le soulignait, encore recemment, un grand chirurgien hospitalier de Lyon, de nombreux medecins sont choques par le veto qui est pose par le ministere. Les services du ministere de la sante se sont deja illustres de maniere affligeante dans l'affaire de la contamination par le SIDA, il ne faudrait pas maintenant qu'ils pratiquent de nouveau une retention d'informations a l'egard de personnes menacees par une autre maladie. Il souhaiterait donc qu'il lui indique s'il entend maintenir le veto ministeriel susvise et si oui, qu'il lui en precise les justifications et qu'il lui indique si, a titre personnel, il est pret a en assumer toutes les consequences.
Réponse publiée le 5 décembre 1994
Devant la tres forte probabilite de contamination par l'agent de la maladie de Creutzfeldt-Jakob de certains malades traites par l'hormone de croissance extractive en 1984-1985, l'information sur ce risque a debute des la fin de l'annee 1992 aupres des medecins et des familles : permanence telephonique d'information, information dans le bulletin du Conseil national de l'ordre des medecins, journee d'information aux prescripteurs de l'hormone de croissance extractive. Les societes savantes, les commissions medicales d'etablissement hospitaliers, les revues scientifiques ont relaye ces informations aupres du corps medical. Chaque medecin prescripteur de l'hormone de croissance a ete incite a reprendre contact avec les patients traites sous sa responsabilite afin qu'il puisse assurer l'information des familles et le suivi des malades, selon la recommandation du Comite national d'ethique. Concernant l'elaboration d'une liste globale de patients qui pourrait etre communiquee a certaines categories de medecins, le principe en a ete refute par le Conseil national de l'ordre des medecins et, de toute maniere, l'elaboration d'une telle liste necessitait l'accord de chaque interesse. En outre, le risque ne se limitant pas aux seuls patiens traites par l'hormone de croissance extrative (malades en incubation de la maladie spontanee par exemple), cette liste constituerait une fausse securite.
Auteur : M. Masson Jean-Louis
Type de question : Question écrite
Rubrique : Sante publique
Ministère interrogé : affaires sociales, santé et ville
Ministère répondant : affaires sociales, santé et ville
Dates :
Question publiée le 19 septembre 1994
Réponse publiée le 5 décembre 1994