Question écrite n° 18492 :
Alcoolisme

10e Législature

Question de : M. Pascallon Pierre
- RPR

Face aux difficultes financieres que rencontrent beaucoup de clubs sportifs, en particulier en milieu rural, M. Pierre Pascallon souhaite attirer l'attention de Mme le ministre de la jeunesse et des sports sur la question de la vente de boissons alcoolisees (biere, vin) dans les buvettes des associations sportives. En effet, ces buvettes ouvertes la plupart des dimanches constitueraient des debits de boissons permanents et necessiteraient l'obtention d'une licence. Jusqu'a l'an dernier des autorisations de buvettes 2e categorie etaient accordees, par tolerance, dans les enceintes sportives, mais elles sont maintenant refusees. Meme si l'on concoit que des adultes, principale clientele de ces buvettes, ne puissent manger un sandwich sans l'accompagner de biere ou de vin plutot que d'un jus de fruit ou d'un verre d'eau, il serait conforme a l'ideal du sport, ecole de vie avant tout, que cette interdiction soit maintenue mais en tenant compte de l'impact negatif qu'une telle mesure peut avoir sur les finances d'un club sportif. Pour beaucoup de petits clubs sportifs, la buvette du dimanche constitue leur seule source de revenus, avec les cotisations des membres. C'est pourquoi il lui demande si elle envisage d'etudier des mesures compensatoires pour soutenir financierement les clubs sportifs qui font l'effort de vivre leur ideal jusqu'au bout, dans le but de preserver notre jeunesse des mefaits de l'alcool (la violence en particulier), qui s'etendent jusqu'aux terrains de sports.

Réponse publiée le 7 août 1995

La loi no 91-32 du 10 janvier 1991 relative a la lutte contre le tabagisme et l'alcoolisme affecte, de facon significative, les recettes des associations sportives. Soucieux d'assurer la perennite de clubs sportifs indispensables au maintien d'une animation locale et a l'insertion sociale des jeunes, le ministre de la jeunesse et des sports a cherche a attenuer les rigidites de cette loi sans porter atteinte aux exigences de l'ordre public. Dans cet esprit, la priorite a ete donnee d'abord aux imperatifs de sante et de securite publiques. Ainsi les lois no 92-652 du 16 juillet 1992 et no 93-1282 du 6 decembre 1993 ont-elles accorde a l'Etat des pouvoirs supplementaires pour prevenir la violence et l'alcoolisme a l'occasion des manifestations sportives. Le ministre de la jeunesse et des sports s'est attache ensuite a examiner divers moyens susceptibles de reduire les difficultes rencontrees par les associations sportives privees des produits d'exploitation que leur procuraient les buvettes avant la loi du 10 janvier 1991. Il ressort d'ores et deja des etudes menees que, sans meconnaitre la legislation actuelle de lutte contre l'alcoolisme, les associations sportives peuvent trouver un appui financier, aupres notamment des producteurs d'alcool, conformement a l'article L. 19 du code des debits de boissons. Cette disposition permet en effet aux entreprises concernees de faire connaitre leur participation a une operation de mecenat sportif par la voie de mentions de leur nom commercial, de leur raison sociale sur des documents et supports definis par le decret no 93-767 du 29 mars 1993. Les reflexions menees a propos d'un eventuel assouplissement de l'application de la loi du 10 janvier 1991 ont conduit, recemment, le ministre de la jeunesse et des sports a proposer aux ministres de la sante et de l'interieur de modifier le decret no 92-880 du 26 aout 1992 afin de conferer aux prefets le droit d'accorder, annuellement, plusieurs derogations temporaires a l'interdiction d'ouverture de debits de boissons alcooliques en faveur des groupements sportifs agrees. Sans attendre l'issue de cette demarche, le ministre de la jeunesse et des sports a mis en oeuvre une politique de developpement sportif local en faveur des petits clubs urbains et ruraux. Dans ce cadre, les associations sportives peuvent beneficier de subventions specifiques, au titre des projets locaux d'animation (PLA), et d'un soutien renforce au benevolat. Les directions departementales de la jeunesse et des sports fournissent aux dirigeants sportifs interesses les informations afferentes aux conditions d'obtention de ces aides.

Données clés

Auteur : M. Pascallon Pierre

Type de question : Question écrite

Rubrique : Sante publique

Ministère interrogé : jeunesse et sports

Ministère répondant : jeunesse et sports

Dates :
Question publiée le 26 septembre 1994
Réponse publiée le 7 août 1995

partager