Politique et reglementation
Question de :
M. Jégou Jean-Jacques
- UDF
M. Jean-Jacques Jegou attire l'attention de M. le ministre du logement sur les deux rapports presentes par la Cour des comptes sur les aides budgetaires au logement et les organismes HLM. Ces deux rapports font apparaitre quatre evolutions qui ont marque, depuis de nombreuses annees, la conduite de la politique publique en matiere de logement : un manque de transparence dans la procedure budgetaire, un manque de simplicite dans les procedures d'aides, un manque d'equite dans l'utilisation et la repartition de ces aides et un manque de coherence de l'Etat. S'agissant du manque d'equite, la Cour releve un decalage entre le critere de ressources retenu pour les differentes aides et la situation reelle de l'interesse. C'est ainsi que, pour les PAP, on prend en compte les revenus de l'annee n-1, et non les revenus au moment de l'attribution de l'aide. La Cour releve, par ailleurs, qu'il n'y a pas suffisamment de modulation de l'effort de l'Etat pour la construction de logements sociaux en fonction des besoins et que les organismes collecteurs du « 1 p. 100 logement » et les collectivites « obtiennent un poids determinant au moment de la definition de l'utilisation des logements ». Il lui demande de lui preciser la suite qu'il envisage de reserver a ces observations.
Réponse publiée le 19 décembre 1994
Le rapport de la Cour des comptes releve certaines faiblesses de la politique du logement et notamment, comme le souligne l'honorable parlementaire, le manque de transparence dans la procedure budgetaire, un manque de simplicite dans les procedures d'aides, un manque de coherence de l'Etat et enfin un manque d'equite dans l'utilisation et la repartition de ces aides. La cour releve egalement l'insuffisance de modulation de l'effort de l'Etat et le poids determinant des organismes collecteurs du 1 p. 100 logement et des collectivites dans l'attribution des logements. La question que souleve la cour au sujet du manque d'equite est relative aux criteres de ressources pris en compte lors de l'attribution des PAP. En effet, c'est le critere du revenu imposable de l'annee no 2 qui est pris en compte et non pas celui de l'annee de la demande comme le font les banques. Cette regle, applicable a toutes les aides de l'Etat, permet a l'administration comme aux preteurs agissant par delegation de disposer d'une regle commune d'appreciation des ressources pour l'acces a un logement aide par l'Etat en accession a la propriete. La reference a l'avis d'imposition presente les garanties d'un acte administratif dont le caractere authentique ne peut preter a contentieux. L'adoption du critere des ressources actuelles des demandeurs impliquerait une declaration sur l'honneur des candidats a l'accession, notamment pour les non-salaries, ce qui poserait, dans le cadre du controle a posteriori, le probleme du remboursement du pret et de l'aide publique de l'Etat, si l'avis d'imposition fait apparaitre des revenus superieurs a ceux figurant sur la declaration sur l'honneur. Par ailleurs, en ce qui concerne la repartition des aides de l'Etat au logement et l'insuffisance de modulation selon la cour, le ministere poursuit ses efforts pour ameliorer encore la qualite de la programmation. les outils methodologiques diffuses vers les services deconcentres et le developpement des etudes locales permettent de mieux prendre en compte la demographie, le renouvellement du parc, les revenus des habitants, l'objectif poursuivi etant de parvenir a adapter un systeme centralise, mais en realite tres largement deconcentre dans son application, a l'extreme variete des situations locales.
Auteur : M. Jégou Jean-Jacques
Type de question : Question écrite
Rubrique : Logement : aides et prets
Ministère interrogé : logement
Ministère répondant : logement
Dates :
Question publiée le 26 septembre 1994
Réponse publiée le 19 décembre 1994