Russie
Question de :
M. Fauchoit Régis
- RL
M. Regis Fauchoit appelle l'attention de M. le ministre des affaires etrangeres sur la question des « emprunts russes ». Regulierement, les membres de la representation nationale sont sollicites sur la question des emprunts contractes par l'Empire des tsars entre 1822 et 1918, et finances par l'epargne francaise. Dans un souci de clarte, il souhaite que le ministre apporte des reponses, si possible, definitives aux questions qui sont periodiquement posees aux elus : la question du remboursement par la Russie de ces emprunts est-elle presente dans les discussions que nous entretenons avec ce pays ? Si oui, existe-il reellement une chance de voir cette revendication de tres nombreuses familles francaises aboutir ? Si non, peut-on considerer cette requete comme definitivement abandonnee, mettant ainsi un point final a toute forme d'espoir ? Dans ce cas comme dans l'autre, il estime que les Francais apprecieront davantage une position enfin clairement definie qu'un espoir sans fondement.
Réponse publiée le 31 octobre 1994
L'honorable parlementaire a bien voulu appeler l'attention du ministre sur la situation des porteurs de titres d'emprunts russes. Comme le sait l'honorable parlementaire, le gouvernement demeure tres attache a la recherche d'une solution a cette question, qui permette d'apurer definitivement les contentieux financiers existant entre la France et la Russie. Un tel reglement, que nous appelons de nos voeux et que nous nous emploierons a tenter de rendre aussi satisfaisant et rapide que possible, devra etre recherche sur la base du traite entre la France et la Russie, signe lors de la visite d'Etat du president Eltsine. Ce Traite, entre en vigueur le 1er avril 1993 apres achevement des procedures de ratification, dispose en effet dans son article 22 que nos deux pays « s'engagent a s'entendre, si possible dans des delais rapides, sur le reglement des contentieux souleves par chaque partie relatifs aux aspects financiers et materiels des biens et interets des personnes physiques et morales des deux pays ». Certains obstacles relatifs au traitement multilateral de la dette ex-sovietique comme aux problemes de succession et de responsabilite en matiere de dette, ne nous ont pas permis d'entamer aussi rapidement que nous le souhaitions des negociations avec la partie russe. L'accord intervenu au Club de Paris le 2 avril 1993 a permis de lever en grande partie ces hypotheques, puisque la Russie s'est elle-meme reconnue comme l'unique heritier de l'ensemble de la dette imputable a l'ex-U.R.S.S., ce dont nous avons pris acte. Nous avons donc repris sur de nouvelles bases l'examen de ce contentieux afin de parvenir enfin a un reglement equitable, meme si le contexte politique et economique en Russie n'est sans doute pas le plus favorable. La volonte du gouvernement d'aller de l'avant sur ce dossier a en effet ete rappelee sans ambiguite a nos interlocuteurs russes a chacune des rencontres bilaterales depuis l'an passe, en particulier lors de la visite officielle a Paris du ministre russe des affaires etrangeres, M. Kozyrev, les 20 et 21 octobre 1993 puis a l'occasion de la visite a Moscou du Premier ministre les 1er et 2 novembre 1993, qui a evoque cette question au cours de ses entretiens avec son homologue russe, M. Tchernomyrdine. Plus recemment, le ministre de l'economie a Saint-Petersbourg, le 16 avril dernier, a appele a nouveau l'attention du Premier ministre de Russie sur ce dossier, soulignant que l'opinion publique francaise attendait un geste des autorites russes en faveur d'un reglement de ce contentieux. Enfin, le ministre des affaires etrangeres, au cours de la visite officielle qu'il a effectuee en Russie du 19 au 21 mai 1994, a eu l'occasion d'evoquer cette question avec ses interlocuteurs russes, en insistant en particulier aupres de M. Tchernomyrdine afin que la partie russe accepte de s'engager dans des negociations techniques bilaterales, pour lesquelles, de notre cote, nous nous tenons prets. L'honorable parlementaire peut en tous cas etre assure de l'attention que le ministere des affaires etrangeres continuera d'apporter a ce dossier, qui est naturellement traite en liaison avec le ministere de l'economie. Il serait certes hasardeux de vouloir aujourd'hui prejuger des chances d'un reglement. Pour autant, le gouvernement, qui n'a pas menage ses efforts, entend faire tout ce qui est en son pouvoir afin qu'une solution positive a cette question puisse enfin etre trouvee avec la partie russe, sur la base de l'engagement souscrit en 1992.
Auteur : M. Fauchoit Régis
Type de question : Question écrite
Rubrique : Politique exterieure
Ministère interrogé : affaires étrangères
Ministère répondant : affaires étrangères
Dates :
Question publiée le 26 septembre 1994
Réponse publiée le 31 octobre 1994