Question écrite n° 18641 :
Licenciement economique

10e Législature

Question de : Mme Boisseau Marie-Thérèse
- UDF

Mme Marie-Therese Boisseau attire l'attention de M. le ministre du travail, de l'emploi et de la formation professionnelle sur le fait que le systeme actuel de protection de l'emploi et de dedommagement en cas de licenciement a ete concu a une epoque de plein emploi. Aux indemnites de licenciement on a ajoute les allocations d'assurance-chomage sans voir leurs interferences et effets pervers. On constate aujourd'hui dans un contexte totalement different des dysfonctionnements quotidiens. C'est ainsi que pour les entreprises, une fois les cotisations de l'ASSEDIC payees, le licenciement est la solution la moins chere, la plus rapide et la moins impliquante si on la compare au reclassement externe, c'est-a-dire a la conversion des salaries vers une autre entreprise. Ne serait-il pas souhaitable de rendre le reclassement moins onereux pour l'entreprise en la faisant beneficier en partie de l'economie realisee par la collectivite s'il n'y a pas de licenciement ? La compensation financiere attribuee dans cette optique aux entreprises devrait bien sur s'accompagner d'une obligation de resultats et non d'une simple obligation de moyens dans les plans sociaux.

Réponse publiée le 19 décembre 1994

L'honorable parlementaire s'inquiete du cout que representent les licenciements pour les entreprises et voit en cela l'une des principales causes de la faible mobilisation des employeurs en faveur des actions de reclassement des salaries licencies. Concernant le cout meme des licenciements, il n'appartient pas au ministere du travail de remettre en cause les indemnites de licenciement, de nature conventionnelle, dans la mesure ou celles-ci ont ete negociees par les partenaires sociaux. Pour ce qui est des possibilites de favoriser les reclassements, lors des plans sociaux, notamment en les rendant moins onereux pour les entreprises, il importe de rappeler les dispositions deja prises, en ce sens, par le ministere. Tout d'abord, dans la redaction de la loi quinquennale, le legislateur a tenu a exprimer nettement sa volonte de limiter au strict necessaire et inevitable le traitement des difficultes d'emploi par le moyen du licenciement. Dans cette optique, il a souhaite accorder la priorite aux reclassements internes par la mise en place de plusieurs mesures alternatives aux licenciements ; il s'agit, notamment, de l'aide au passage a temps partiel, du temps reduit indemnise de longue duree, de la preretraite progressive ainsi que de l'utilisation accrue du capital temps formation. Si les licenciements ne peuvent etre evites, le ministere du travail met a la disposition des entreprises un ensemble important et diversifie d'actions permettant d'organiser un soutien actif aux reclassements. Au sein du Fonds national de l'emploi, divers dispositifs s'inscrivent dans la lignee de cette preoccupation. Les conventions de conge de conversion ou de cellule de reclassement constituent les principaux et leur important developpement, ces dernieres annees (notamment pour ce qui est des cellules de reclassement, destinees a un public de petites et moyennes entreprises aux moyens souvent limites) est bien la preuve que l'on va vers une responsabilisation accrue des chefs d'entreprises vis-a-vis des salaries licencies ou en passe de l'etre. La conclusion de ces conventions permet d'apporter aux entreprises une aide financiere de l'Etat afin de faciliter la mise en oeuvre de ces mesures de reclassement. A cette occasion, l'administration assure le suivi du deroulement de ces actions et s'assure des efforts faits par l'entreprise pour reclasser ces salaries.

Données clés

Auteur : Mme Boisseau Marie-Thérèse

Type de question : Question écrite

Rubrique : Licenciement

Ministère interrogé : travail, emploi et formation professionnelle

Ministère répondant : travail, emploi et formation professionnelle

Dates :
Question publiée le 3 octobre 1994
Réponse publiée le 19 décembre 1994

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