Semences de cereales et proteagineux
Question de :
M. Auberger Philippe
- RPR
M. Philippe Auberger appelle l'attention de M. le ministre de l'agriculture et de la peche sur les menaces pesant sur l'avenir de la competitivite de la filiere cerealiere. En effet, les professionnels de ce secteur ont concu, il y a plusieurs mois, un schema de prime encourageant l'usage de la semence certifiee, en effacant autant que possible le cout des royalties, et donc la distorsion de concurrence subie. Ce schema a d'ailleurs ete soutenu par le ministere de l'agriculture et de la peche a Bruxelles dans l'optique d'un financement communautaire. Bruxelles ayant differe sa decision sur ce sujet, et pour faire face a l'urgence, un schema de financement national a ete mis au point pour la prochaine campagne, avec l'aide d'une contribution au quintal sur toute la collecte (avec l'accord de l'AGPB), et avec la mobilisation de fonds professionnels existant a l'ONIC. Le ministere de l'agriculture et de la peche ne s'est pas jusqu'a maintenant clairement exprime sur ce projet, dont le caractere d'urgence ne semble pourtant pas contestable. Il lui demande par consequent de bien vouloir lui indiquer les mesures que le ministere compte mettre en oeuvre pour resoudre les difficultes et par la meme repondre aux grandes inquietudes des professionnels de cette filiere.
Réponse publiée le 5 décembre 1994
L'existence d'une filiere varietes et semences organisee et performante est une garantie essentielle de competitivite pour notre agriculture. La proposition d'un soutien a l'utilisation de semences certifiees presentee par l'interprofession a ete examinee avec beaucoup d'attention. La legalite de cette aide risque d'etre mise en cause dans la mesure oiu elle contrevient aux dispositions des articles 92 a 94 du traite de l'Union europeenne. Ce dispositif apparait egalement difficile a mettre en oeuvre, incertain quant a ses resultats et tres couteux au regard des effets escomptes. Il suppose en effet de soutenir chaque quintal de semences certifiees uilise pour accroitre a la marge le financement de la recherche et les parts de marche de la filiere. Ce projet est enfin compris comme la substitution d'une ressource budgetaire et parafiscale a la contribution supportee jusqu'alors par les utilisateurs de semences certifiees. Cette nouvelle ressource ne pourra etre perennisee. Des lors, il apparait trop risque de remettre en cause l'assiette existante du financement de la recherche. En revanche, comme le ministre de l'agriculture et de la peche l'a laisse entendre lors du congres de l'AGPB, l'effort de recherche-developpement de la filiere varietes et semences doit etre soutenu. Il convient que soit d'abord examinee la possibilite d'elargir l'assiette du financement de la recherche aux semences de ferme, conformement aux dispositions de la convention de l'Union pour la protection des obtentions vegetales (UPOV) et du recent reglement communautaire. Toutefois, cet elargissement de l'assiette ne peut etre immediat. Les obtenteurs doivent en effet s'organiser pour percevoir une remuneration sur les semences de ferme aupres des agriculteurs concernes par le reglement communautaire sur la protection des obtentions vegetales. Dans l'attente d'une telle evolution, il parait indispensable d'apporter un soutien direct et transiroire a la recherche. Ce soutien prendrait la forme d'une aide a l'investissement dans les stations de recherche privees, d'une aide a des programmes de creation de varietes vegetales et de recherche de nouvelles technologies des semences. Il conviendrait enfin d'examiner les raisons de la diminution de l'usage des semences certifiees, d'envisager quelle doit etre leur place demain par rapport aux autres formes possibles de diffusion du progres generique, de rechercher enfin comment assurer leur competitivite vis-a-vis des semences de ferme. Les services du ministere de l'agriculture et de la peche sont prets a examiner, avec les representants de l'interprofession, les evolutions reglementaires qui permettraient de diversifier l'offre de semences et de mieux repondre aux attentes des utilisateurs.
Auteur : M. Auberger Philippe
Type de question : Question écrite
Rubrique : Agriculture
Ministère interrogé : agriculture et pêche
Ministère répondant : agriculture et pêche
Dates :
Question publiée le 3 octobre 1994
Réponse publiée le 5 décembre 1994