Bibliotheques
Question de :
M. Franco Gaston
- RPR
M. Gaston Franco attire l'attention de M. le ministre de la culture et de la francophonie sur les risques crees par l'application de la directive europeenne concernant le « droit de pret des oeuvres intellectuelles et artistiques ». Depuis de nombreuses annees, l'Etat et les collectivites territoriales ont mis en place des bibliotheques, des bibliobus et toute une politique pour la promotion et la vulgarisation de la lecture. Tous ces efforts risquent d'etre aneantis si l'interdiction du pret gratuit est instauree. Il lui demande de bien vouloir prendre toutes les dispositions necessaires pour eviter que la mise en place de la directive europeenne ne vienne remettre en cause cette politique.
Réponse publiée le 5 décembre 1994
Le code de la propriete intellectuelle reconnait juridiquement aux auteurs le droit de ceder separement autant de droits de reproduction qu'il y a de modes d'utilisation d'un support, droit generalement denomme droit de destination. La loi francaise prevoit donc bien un droit de pret pour toutes les oeuvres protegees, et s'inscrit d'emblee dans le cadre normatif communautaire defini par la directive europeenne adoptee le 19 novembre 1992. Le texte communautaire n'a pas pour objet d'interdire le pret gratuit et laisse a l'appreciation des Etats membres les eventuelles modalites de mise en oeuvre de ce droit ainsi que les exceptions possibles dans le cadre de leur politique culturelle. Dans la pratique, le droit de pret n'est pas toujours revendique par les createurs ou leurs ayants droit et sa mise en oeuvre, notamment dans le domaine du livre, supposerait un accord entre ayants droit et organismes de pret. A cet egard, une etude a laquelle l'ensemble de l'interprofession est associee sur la place des bibliotheques dans l'economie du livre, et plus particulierement sur l'articulation entre les achats et les emprunts de livres, est sur le point d'etre rendue et apportera une premiere contribution a la reflexion generale qui devra ensuite etre poursuivie. En tout etat de cause, le Gouvernement est conscient que le developpement du livre et de la lecture repose sur un equilibre fragile entre un reseau de librairies de qualite, un reseau de bibliotheques conservant tous les moyens d'offrir des fonds riches, varies et facilement accessibles, notamment aux publics les plus defavorises, et une necessaire protection des auteurs et de leurs ayants droit. Le Gouvernement exclut, quoi qu'il en soit, toute mesure qui aurait pour consequence de compromettre l'essor de la lecture publique dans notre pays, qui constitue pour lui une priorite de toute politique culturelle.
Auteur : M. Franco Gaston
Type de question : Question écrite
Rubrique : Politiques communautaires
Ministère interrogé : culture et francophonie
Ministère répondant : culture et francophonie
Dates :
Question publiée le 3 octobre 1994
Réponse publiée le 5 décembre 1994