Question écrite n° 2736 :
Retraites

10e Législature

Question de : M. Bussereau Dominique
- UDF

M. Dominique Bussereau attire l'attention de Mme le ministre d'Etat, ministre des affaires sociales, de la sante et de la ville, sur la situation inequitable des retraites trop insuffisantes des anciens exploitants agricoles et de leurs epouses par rapport a certaines categories de Francais qui beneficient de concours largement superieurs. Il souligne que la retraite des anciens exploitants agricoles s'elevait a 26 274 francs pour l'annee 1992 et celles de leurs epouses a 15 800 francs par an ; ces prestations etant proches des ressources minimales garanties a tous, les retraites agricoles sont alors tres dependants de l'allocation du FNS. Les ayants droit doivent etre ages de plus de soixante-cinq ans, alors que la retraite a soixante ans a ete etendue au secteur agricole depuis 1986. Apres la loi d'orientation qui a prevu une harmonisation progressive des prestations, il est anormal qu'une large frange de la population ne puisse pretendre au titre des retraites contributives qu'a des prestations aussi notoirement faibles. En consequence, il lui demande s'il ne serait pas necessaire de revaloriser les retraites agricoles, ce qui concerne une grande partie de la population francaise et donnerait un regain de vitalite au monde rural. Conformement aux dispositions relatives a la retraite a soixante ans appliquees au secteur agricole, il lui demande enfin que l'allocation supplementaire du Fonds national de solidarite soit attribuee a compter de l'age de soixante ans et non de soixante-cinq ans.

Réponse publiée le 13 septembre 1993

La faiblesse des pensions qui sont actuellement servies a beaucoup de retraites agricoles, s'explique souvent par un nombre limite d'annuites de cotisations, inferieur a celui de 37,5 ans correspondant a une carriere pleine ; ainsi de nombreux retraites ont ete aides familiaux avant d'etre chefs d'exploitation, ils ont pu egalement effectuer une partie de leur carriere hors du secteur agricole et s'acquerir des droits a retraite a ce titre. Par ailleurs, les cotisations versees ont souvent ete faibles du fait de la dimension reduite des exploitations que les interesses avaient mises en valeur. Les situations sont donc tres variees. Mais il faut souligner que d'ores et deja, le niveau des pensions s'ameliore progressivement pour les agriculteurs arrivant maintenant a la retraite : en effet, ils ont pu cotiser au regime pendant plus longtemps et sur des bases leur ouvrant des droits plus importants, l'agrandissement de la dimension des exploitations fait egalement sentir ses effets. Les nouveaux retraites ont ainsi, en moyenne, un nombre de points de retraite proportionnelle double de celui de leurs predecesseurs d'il y a une quinzaine d'annees. Cette amelioration va se poursuivre a l'avenir car les agriculteurs s'acquierent dorenavant, a duree d'assurance comparable et pour un revenu equivalent, les memes droits a retraite qu'un salarie du regime general. En meme temps, dans le cadre de cette harmonisation, le caractere largement redistributif du regime agricole a ete preserve de maniere a tenir compte du nombre important d'agriculteurs ayant de faibles revenus. Ainsi, les agriculteurs ayant cotise sur un revenu compris entre 27 200 francs et 71 900 francs par an beneficieront, moyennant des cotisations bien inferieures a celles d'un salarie paye au SMIC, d'une retraite egale a celle de ce salarie (soit 37 200 francs par an). Par ailleurs, un regime de retraite complementaire a ete organise par le decret du 26 novembre 1990 : les agriculteurs peuvent, s'ils le souhaitent, s'acquerir des droits a une retraite complementaire, moyennant des cotisations beneficiant de la deductibilite fiscale. Cela etant, la faiblesse de trop de pensions de retraite agricole servies actuellement n'est pas contestable, notamment pour les anciens chefs d'exploitation ayant ete longtemps aides familiaux et les conjoints survivants. Des ameliorations a la legislation sur les pensions devraient tenir compte de leurs incidences sur le financement du regime social agricole, assure a hauteur de 80 p. 100 par des ressources autres que les contributions professionnelles. C'est dans cette perspective que le probleme des petites retraites en agriculture est examine dans le groupe de travail sur le statut social des agriculteurs mis en place a la suite de la reunion du 7 mai entre le Gouvernement et les organisations professionnelles agricoles.

Données clés

Auteur : M. Bussereau Dominique

Type de question : Question écrite

Rubrique : Mutualite sociale agricole

Ministère interrogé : affaires sociales, santé et ville

Ministère répondant : agriculture et pêche

Dates :
Question publiée le 21 juin 1993
Réponse publiée le 13 septembre 1993

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