Politique et reglementation
Question de :
M. Suguenot Alain
- RPR
M. Alain Suguenot attire l'attention de M. le ministre de l'economie sur la politique menee actuellement par un certain nombre de banques francaises. Celles-ci semblent bien souvent pretes a abandonner des entreprises connaissant des difficultes passageres. La reussite de la politique economique engagee par le Gouvernement ne saurait reussir sans que tous les acteurs de la vie economique y participent. Un geste a ete demande de la part des entreprises, afin de resorber un des maux qui ronge notre societe : le chomage. Il lui demande donc de lui preciser si, a leur tour, les etablissements bancaires ne devraient pas etre sollicites davantage dans leur role par le Gouvernement.
Réponse publiée le 27 septembre 1993
Les etablissements de credit semblent devenus plus prudents dans leur politique de prise de risques vis-a-vis des PME. Cette prudence s'explique par le poids tres important des provisions qu'ils ont du constituer pour faire face a la montee des contentieux. La reduction du nombre et du poids des contentieux passe notamment par la baisse des taux d'interet qui aura un impact positif sur la solvabilite des entreprises. D'ores et deja, les taux d'interet a long terme francais sont parmi les plus bas d'Europe. Le taux de base bancaire, dont la determination releve des etablissements de credit, est aujourd'hui a son niveau le plus bas depuis vingt ans. Par ailleurs le Gouvernement a mis en place a la SOFARIS un nouveau fonds dote budgetairement destine a garantir a 50 p. 100 les credits bancaires aux PMI touchees par la conjoncture pour le renforcement de leurs capitaux permanents. Ce fonds a pour objectif d'inciter les banques a augmenter le volume de leurs credits aux petites et moyennes entreprises. Le Gouvernement a egalement decide d'augmenter de 15 000 francs a 20 000 francs le plafond des livrets CODEVI, ce qui permettra d'augmenter d'environ 10 MF le volume des credits bancaires offerts a des taux privilegies aux PME. Le taux de ces credits a ete abaisse de 8,75 p. 100 a 8,25 p. 100. A travers ces mesures, les etablissements de credit ont donc ete fortement sollicites pour participer a l'effort de relance de l'economie en pretant aux PME-PMI. Enfin, le ralentissement du credit tient vraisemblablement, pour une part significative, aux effets de la loi du 25 janvier 1985 sur le redressement et la liquidation judiciaires des entreprises. Cette loi contribue a reduire la valeur des garanties bancaires. Une proposition de reforme de la loi de 1985 sera debattue au Parlement lors de la session d'automne.
Auteur : M. Suguenot Alain
Type de question : Question écrite
Rubrique : Banques et etablissements financiers
Ministère interrogé : économie
Ministère répondant : économie
Dates :
Question publiée le 28 juin 1993
Réponse publiée le 27 septembre 1993