APL
Question de :
M. Louis de Broissia
Côte-d'Or (2e circonscription) - Rassemblement pour la République
M. Louis de Broissia appelle l'attention de M. le secrétaire d'Etat au logement sur les mesures qui ont été prises par décrets concernant les aides au logement des jeunes travailleurs. En effet, il semble, d'après les foyers spécialisés que les conséquences engendrées par ces textes sont particulièrement préjudiciables. D'une part, les jeunes ne bénéficieraient plus de l'APL quand ils ont une activité professionnelle normale. D'autre part, l'APL serait plafonnée quelle que soit la situation sociale des jeunes. Selon certaines estimations, la couverture du loyer par l'APL sera au maximum de 50 % alors qu'elle pouvait atteindre à ce jour 90 %. L'inquiétude est très importante à l'égard de la situation des jeunes issus des familles les plus modestes. C'est pourquoi, il lui demande de bien vouloir lui indiquer les dispositions qui seront prises afin de répondre à ces inquiétudes.
Réponse publiée le 15 septembre 1997
Les revenus pris en compte pour le calcul de l'aide personnalisée au logement (APL) et de l'allocation de logement (AL) sont les revenus nets catégoriels perçus par le bénéficiaire et son conjoint pendant l'année civile de référence (n-l), c'est-à-dire celle précédant la période de paiement qui s'étend du 1er juillet de l'année au 30 juin de l'année suivante. Cependant, jusqu'au 31 janvier 1997, pour les personnes qui déclaraient n'avoir disposé d'aucune ressource imposable en année de référence, et qui exerçaient une activité professionnelle à l'ouverture ou au renouvellement du droit, les ressources retenues pour le calcul de l'aide étaient évaluées forfaitairement sur la base des revenus mensuels perçus au moment de l'ouverture (ou du renouvellement) du droit multipliés par douze. Le décret n° 97/79 du 30 janvier 1997 modifiant le code de la construction et de l'habitation qui introduit des dispositions nouvelles relatives aux ressources prises en compte pour le calcul de l'APL prévoit notamment l'extension de cette « évaluation forfaitaire des ressources ». La nouveauté introduite par le décret du 30 janvier 1997 consiste à pratiquer l'évaluation forfaitaire dès lors que la personne reçoit une rémunération provenant d'une activité professionnelle et que les ressources perçues en année de référence, et affectées des déductions prévues par le code général des impôts, sont inférieures ou égales à un seuil qui pour les salariés est fixé à 812 fois le SMIC horaire brut (soit 30 027,76 francs au titre de l'année 1995). Ces dispositions nouvelles, s'appliquant à l'ouverture du droit à partir du 1er février 1997, ne concernent pas les actuels bénéficiaires de l'APL ou de l'AL ni les personnes qui, exerçant une activité professionnelle, continuent, notamment dans le cadre du dispositif d'insertion, à percevoir le RMI. Elles permettent de corriger les dysfonctionnements du système précédent qui conduisait à ouvrir le droit à une aide personnelle au logement à des personnes dont les ressources effectives n'en auraient peut-être pas permis l'attribution ou, dans une moindre mesure, à verser une aide dont le montant ne correspondait pas à leurs ressources. La mise en oeuvre de ces dispositions depuis le 1er février 1997, dont l'objectif était le rapprochement entre les ressources prises en compte pour le calcul des aides au logement et celles réellement perçues par les bénéficiaires, a cependant révélé des difficultés notamment pour les jeunes dont l'irrégularité et l'instabilité des ressources nécessiteraient une révision plus fréquente du calcul de l'aide, ce qui permettrait une adaptation fine du montant de l'aide à la situation des bénéficiaires. Le Gouvernement envisage d'étudier la faisabilité d'une telle procédure de révision des ressources des bénéficiaires d'aide au logement en liaison avec la Caisse nationale des allocations familiales, afin de prendre en compte les impératifs de gestion des organismes payeurs dans ce domaine.
Auteur : M. Louis de Broissia
Type de question : Question écrite
Rubrique : Logement : aides et prêts
Ministère interrogé : logement
Ministère répondant : logement
Dates :
Question publiée le 14 juillet 1997
Réponse publiée le 15 septembre 1997