prêts de livres
Question de :
M. Michel Meylan
Haute-Savoie (3e circonscription) - Union pour la démocratie française
M. Michel Meylan attire l'attention de Mme le ministre de la culture et de la communication sur le prêt de livres par les bibliothèques publiques. Le Syndicat national de l'édition souhaite l'institution de principe du prêt payant dans les bibliothèques. L'exigence d'un droit sur les emprunts de livres remet en cause le libre accès à la culture inscrit dans la Déclaration des droits de l'homme. Les collectivités locales ont beaucoup investi pour développer la lecture publique et la diffusion du livre à toutes les catégories sociales. Une directive européenne de 1992 autorise la diffusion publique en bibliothèque de vidéogrammes ou CD-ROM. La législation française ne contient pas de disposition dérogatoire autorisant le prêt de vidéogrammes ou CD-ROM, ce qui restreint la mission de diffusion du savoir des bibliothèques. Il lui demande quelles dispositions elle compte prendre pour ne pas restreindre le libre accès à la culture et favoriser la diffusion du savoir par les bibliothèques publiques.
Réponse publiée le 8 septembre 1997
Au début de l'année 1997, les représentants des éditeurs ont pris officiellement position pour la mise en oeuvre, en France, du droit de prêt. Le droit français de la propriété intellectuelle reconnaît en effet, sous la forme du « droit de destination », la possibilité pour les ayants droit de céder séparément autant de droits qu'il y a de modes d'utilisation d'un support d'information quel qu'il soit, et de percevoir éventuellement une rémunération pour cette utilisation. La législation française s'est ainsi avérée en pleine conformité avec la directive européenne du 19 novembre 1992 qui pose le principe du droit exclusif d'autoriser et d'interdire le prêt des oeuvres protégées au bénéfice des auteurs, des artistes-interprètes et des producteurs de phonogrammes, ainsi que des producteurs d'oeuvres cinématographiques et audiovisuelles. Ce principe du droit exclusif de prêt public a donc bien vocation à s'appliquer à tous les supports matériels, et en l'occurrence tout autant au livre qu'au CD-ROM ou au vidéogramme, pour lequel le problème est le plus souvent réglé en amont, les bibliothèques faisant l'acquisition du droit de prêt en même temps que celle du support matériel. Si l'existence et la légimité du droit de prêt ne sont pas contestables, sa mise en oeuvre éventuelle pose, dans le cas du livre, des questions qui demeurent entièrement à examiner, notamment en ce qui concerne le financement de ce droit. Quoi qu'il en soit, l'application du droit de prêt ne saurait en aucun cas, dans l'esprit du Gouvernement, freiner l'essor de la lecture publique, constamment encouragée par l'Etat, ni faire obstacle à l'action que mènent les bibliothèques pour un égal accès de tous à la culture. Ce souci doit d'autant plus prévaloir que les études menées par le ministère chargé de la culture, en association avec les organismes représentatifs des auteurs, des éditeurs, des libraires et des bibliothécaires, n'ont pas fait apparaître que l'emprunt en bibliothèque concurrence ou décourage l'achat de livres en librairie. Attentif aux souhaits des ayants droit et aux préoccupations des libraires comme aux enjeux de la lecture publique, portés par les élus et les professionnels des bibliothèques, le Gouvernement conditionnera tout examen de modalités d'application du droit de prêt à un consensus entre les uns et les autres, qu'il est disposé à favoriser, si l'ensemble des parties prenantes en exprime le voeu.
Auteur : M. Michel Meylan
Type de question : Question écrite
Rubrique : Archives et bibliothèques
Ministère interrogé : culture et communication, porte-parole du gouvernement
Ministère répondant : culture et communication, porte-parole du gouvernement
Dates :
Question publiée le 14 juillet 1997
Réponse publiée le 8 septembre 1997