Question écrite n° 10764 :
taxe d'habitation

11e Législature

Question de : M. Pascal Terrasse
Ardèche (1re circonscription) - Socialiste

De nombreux jeunes étudiants résidant au sein des cités universitaires du centre régional des oeuvres universitaires - en particulier en Ille-et-Vilaine - ont reçu un courrier émanant de la direction départementale des impôts leur demandant de régler la taxe d'habitation. La résidence au sein de ces logements est contrainte par un règlement spécifique. Ce règlement impliquait, jusqu'à présent, l'exonération de ladite taxe. L'attribution de ces cités universitaires étant réservée aux étudiants les plus défavorisés, le paiement de cette taxe entraînera des difficultés financières qui, dans certains cas, remettra en cause le bon déroulement des études. M. Pascal Terrasse demande à M. le ministre de l'économie, des finances et de l'industrie de lui confirmer que les étudiants résidant au sein des logements du CROUS restent exonérés de taxe d'habitation pour les années à venir et s'il envisage une réforme de la taxe d'habitation permettant aux jeunes vivant dans des résidences à but social une réduction, voire une exonération de cette taxe ?

Réponse publiée le 22 juin 1998

Conformément à l'article 1407 du code général des impôts, les étudiants sont imposables à la taxe d'habitation dans les conditions de droit commun lorsqu'ils disposent d'un logement meublé à titre privatif. Toutefois, il est admis que les étudiants logés en résidences ou cités universitaires, propriétés de l'Etat ou des CROUS et gérées par les CROUS, ne soient pas soumis à la taxe d'habitation, dès lors que, eu égard à leurs conditions d'hébergement, ils n'ont pas la pleine et entière disposition des locaux. Cette situation ne concerne pas les étudiants logés dans des résidences de type HLM, même lorsque ces résidences sont gérées par l'intermédiaire du CROUS. En effet, ce type de logement répond à des critères d'utilisation identiques à ceux des logements du secteur privé. Diverses dispositions en vigueur permettent cependant actuellement de réduire la cotisation de taxe d'habitation à la charge des étudiants issus de famille modeste. Ils peuvent, en effet, bénéficier des mesures de dégrèvements partiels et de plafonnement de la cotisation de taxe d'habitation en fonction du revenu prévues aux articles 1414 bis, 1414 A, B et C du code général des impôts, sous réserve de respecter les conditions prévues par ces articles et notamment celle relative au niveau de ressources. Au surplus, les collectivités locales peuvent alléger les cotisations de taxe d'habitation des étudiants, en instituant un abattement spécial à la base en faveur des personnes dont le montant du revenu de référence n'excède pas celui fixé pour bénéficier du dégrèvement prévu à l'article 1414 A du code général des impôts (43 550 F pour la première part de quotient familial majorés de 11 650 F pour chaque demi-part supplémentaire). Cet abattement est d'autant plus favorable aux étudiants que ceux-ci occupent des logements dont la valeur locative est faible. Enfin, les étudiants assujettis à la taxe qui éprouvent des difficultés pour s'acquitter de leurs obligations contributives peuvent présenter auprès des comptables du Trésor des demandes de délai de paiement et, le cas échéant même, auprès des services des impôts des demandes de modération ou de remise gracieuse. Des consignes permanentes ont été données aux services pour qu'ils examinent avec bienveillance ces demandes. Cela étant, le Gouvernement est conscient du poids de la taxe d'habitation pour certains étudiants logés en résidence universitaire. Cette question est examinée dans le cadre de la réflexion en cours sur la fiscalité locale.

Données clés

Auteur : M. Pascal Terrasse

Type de question : Question écrite

Rubrique : Impôts locaux

Ministère interrogé : économie

Ministère répondant : économie

Dates :
Question publiée le 2 mars 1998
Réponse publiée le 22 juin 1998

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