Question écrite n° 10811 :
enfants

11e Législature

Question de : M. Jean-Paul Dupré
Aude (3e circonscription) - Socialiste

Avec plus de 500 morts par an, la France est classée au premier rang des pays européens dans le domaine des accidents domestiques chez les enfants. Selon certaines sources, les noyades constitueraient la deuxième cause de mortalité chez les tout-petits. Un renforcement des dispositions déjà existantes en matière de sécurité des piscines privatives pourrait contribuer à réduire le nombre de ces accidents M. Jean-Paul Dupré demande à Mme le secrétaire d'Etat aux petites et moyennes entreprises, au commerce et à l'artisanat si elle entend prendre des mesures dans ce sens.

Réponse publiée le 30 mars 1998

Les piscines privées constituent une cause d'accidents graves non négligeable, même si elles ne figurent pas, en France, parmi les premières causes de mortalité par accidents domestiques. Selon les dernières statistiques d'interventions de secours disponibles à la direction de la sécurité civile du ministère de l'intérieur, 663 décès par noyade ont été recensés au cours de la période estivale de 1994 (du 1er juin au 30 septembre). Les accidents les plus nombreux surviennent dans des plans d'eau et en rivière (433 décès), ou en mer (179). Le nombre de décès en piscines est de 51, dont 18 en piscines publiques et 33 en piscines privées. Pour les piscines privées, la tranche d'âge la plus touchée est celle de zéro à cinq ans avec près de 57 % des décès. Le défaut de surveillance est malheureusement souvent la cause de la noyade des jeunes enfants. Si les fabricants sont soumis à l'obligation générale de sécurité définie à l'article L. 221-1 du code de la consommation pour les produits qu'ils mettent sur le marché, il n'existe, à ce jour, aucune norme de sécurité obligatoire concernant les piscines privées. Aussi, les professionnels du secteur considéré, soucieux de moraliser le marché, ont été à l'initiative de la création d'une commission de normalisation sur les piscines en kit, au sein de l'Association française de normalisation (AFNOR), dont le travail devrait déboucher sur une norme spécifique dans le courant de l'année.Les services compétents du secrétariat d'Etat aux petites et moyennes entreprises, au commerce et à l'artisanat, chargés de la consommation ont, jusqu'à présent, privilégié les actions de prévention invitant les propriétaires de piscines et les parents à exercer une vigilance permanente auprès de leurs enfants et à installer des dispositifs de sécurité tels que barrières de protection ou détecteurs électroniques.En effet, s'il peut être envisagé d'imposer des règles de sécurité aux entreprises fournissant et installant les nouvelles piscines, telles que barrières, barres d'appui ou encoches pour se retenir au bord de bassin, il est, en tout état de cause, impossible de vérifier que les particuliers chez qui se trouvent ces installations se conforment à ces exigences de sécurité.L'examen de mesures législatives ou réglementaires concernant les piscines privées est inscrit dans la réflexion que mènent, sur l'ensemble du dossier, les services concernés (direction des sports, direction de la sécurité civile, direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes).

Données clés

Auteur : M. Jean-Paul Dupré

Type de question : Question écrite

Rubrique : Sécurité publique

Ministère interrogé : PME, commerce et artisanat

Ministère répondant : PME, commerce et artisanat

Dates :
Question publiée le 2 mars 1998
Réponse publiée le 30 mars 1998

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