Question écrite n° 1114 :
fromages

11e Législature

Question de : M. Roland Vuillaume
Doubs (5e circonscription) - Rassemblement pour la République

M. Roland Vuillaume appelle l'attention de M. le ministre de l'agriculture et de la pêche sur les négociations en cours au sein de l'organisation mondiale du commerce, sur les produits laitiers. Il signale tout particulièrement à sa vigilance les conséquences dramatiques que pourrait avoir pour notre agriculture l'adoption d'un amendement américain tendant à faire reconnaître, comme méthode de référence pour le traitement des produits laitiers, la pasteurisation. Derrière des alibis de santé publique, cet amendement a pour principal objectif de fermer le marché américain et mondial aux importations de produits au lait cru et, en particulier, celles des fromages AOP et IGP dont fait notamment partie le morbier. Le rejet d'un tel projet est donc fondamental pour l'avenir de notre agriculture, de l'emploi dans nos zones rurales, et, plus largement, de notre culture alimentaire. Il convient d'ailleurs de rappeler que la réglementation européenne en vigueur et les critères retenus par les normes AOC et IGP apportent d'ores et déjà toutes les garanties sanitaires nécessaires à la sécurité du consommateur. Aussi lui demande-t-il s'il entend s'opposer au projet américain de pasteurisation obligatoire des produits laitiers et quelles initiatives prendra la France au sein de l'OMC pour défendre les intérêts vitaux de notre agriculture laitière.

Réponse publiée le 24 novembre 1997

Les services concernés du ministère de l'agriculture et de la pêche, en liaison avec l'interprofession laitière, suivent l'évolution des projets de textes au sein du Codex alimentarius avec beaucoup d'attention, en ayant le souci constant de préserver les productions de fromages traditionnels telles qu'elles sont prévues dans le cadre réglementaire en vigueur. Celui-ci résulte, en effet, de la mise en oeuvre des dispositions de la directive 92-46/CEE qui autorise la production et la mise sur le marché communautaire des produits au lait cru, avec des critères spécifiques, notamment microbiologiques, adaptés et susceptibles d'assurer une protection optimale du consommateur. En conséquence, l'éventualité d'une limitation de la mise sur le marché de ces produits ne se justifie pas car la directive 92-46/CEE permet d'assurer de manière efficace la qualité sanitaire des produits laitiers. C'est également ce point de vue que les représentants du ministère de l'agriculture et de la pêche défendent très fermement lors des réunions du Codex alimentarius. Lors de la réunion du 25 juin dernier de la commission du Codex, la proposition des Etats-Unis de rendre la pasteurisation quasi obligatoire n'a pas été adoptée, notamment grâce à la mobilisation par la France des Etats membres de l'Union européenne, de ses institutions et des futurs pays adhérents, et l'adoption de normes pour les produits laitiers a été repoussée à 1999. La réunion du comité « Hygiène des denrées » tenue à Washington en octobre dernier a permis d'obtenir un compromis conforme à la position française puisqu'il propose une maîtrise sanitaire du produit, de la matière première, le lait, jusqu'au point de consommation, et ne cite la pasteurisation que comme exemple d'une des étapes de maîtrise sanitaire. Il n'y a donc plus de notion de référence, ni d'équivalence à la pasteurisation dans les projets de normes révisées. Par ailleurs, nous restons vigilants pour que dans le cadre de l'établissement des codes d'usage en matière d'hygiène du lait et des produits laitiers, l'acquit communautaire reste effectif, ce qui suppose de la part des producteurs la poursuite d'un effort permanent pour le respect de ces dispositions.

Données clés

Auteur : M. Roland Vuillaume

Type de question : Question écrite

Rubrique : Agroalimentaire

Ministère interrogé : agriculture et pêche

Ministère répondant : agriculture et pêche

Dates :
Question publiée le 14 juillet 1997
Réponse publiée le 24 novembre 1997

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