Question écrite n° 146 :
dyslexie et dysphasie

11e Législature

Question de : M. Gautier Audinot
Somme (5e circonscription) - Rassemblement pour la République

M. Gautier Audinot appelle l'attention de M. le ministre de l'éducation nationale, de la recherche et de la technologie sur la nécessité de lutter contre la dysphasie et la dyslexie, dont souffrent près d'un million d'enfants en âge scolaire. L'Association Avenir Dysphasie (AAD) préconise, pour ce faire, une évaluation nationale de la population concernée, un dépistage systématique dès la maternelle et en cours de scolarité, une concertation ministérielle pour la création de classes spécialisées, d'une part, et de services d'éducation et de soins spécialisés pour les troubles du langage et des apprentissages, d'autre part, ainsi qu'une formation appropriée de tous les professionnels intervenant dans le diagnostic et le suivi des enfants. Sachant que les troubles évoqués conduisent à de nombreux cas d'illéttrisme, et afin de combattre efficacement ce fléau, il lui demande de bien vouloir lui donner son avis sur les propositions ci-dessus.

Réponse publiée le 18 août 1997

Le ministre de l'éducation nationale, de la recherche et de la technologie réserve une attention toute particulière à la situation des enfants et notamment à ceux qui éprouvent des difficultés d'apprentissage du langage oral et écrit. Les classes d'intégration scolaire (CLIS) accueillent des enfants dont le handicap a été reconnu par une commission de l'éducation spéciale. Tel n'est pas le cas des enfants dyslexiques ou dysphasiques qui ne sont pas considérés comme des enfants handicapés. Toutefois leur situation est prise en compte par la note de service n° 90-023 du 25 janvier 1990 adressée aux autorités académiques. Ce texte préconise en effet un certain nombre de mesures en faveur de ces élèves et plus particulièrement une sensibilisation des enseignants aux problèmes des enfants dyslexiques. Il insiste notamment sur l'importance « d'un dépistage précoce des éléments révélateurs des troubles des apprentissages nécessitant un diagnostic et d'une pédagogie différenciée adaptée aux besoins de ces élèves ». A l'heure actuelle, la scolarisation de ces enfants est prise en charge en milieu ordinaire. Toutefois, ils bénéficient parallèlement d'aides particulières apportées par des maîtres spécialisés intervenant au sein de réseaux d'aides spécialisées aux élèves en difficulté (RASED). En matière de formation des enseignants, deux options du certificat d'aptitude aux actions pédagogiques spécialisées d'adaptation et d'intégration scolaires (CAPSAIS) comprennent dans leur programme, l'une la problématique des apprentissages (option E : enseignants spécialisés chargés de l'enseignement et de l'aide pédagogique auprès des enfants en difficulté à l'école préélémentaire et élémentaire), et l'autre des informations sur le dysfonctionnement du langage oral et écrit et notamment sur le problème des dyslexies-dysorthographies (option G : enseignants spécialisés chargés de rééducation). Le centre national d'études et de formation de Suresnes organise régulièrement des stages de formation destinés aux personnels concernés par la situation de ces enfants. Enfin, le ministère de l'éducation nationale, de la recherche et de la technologie attend avec intérêt les résultats des travaux du groupe de travail sur les troubles du langage qui a été constitué dans le cadre du centre technique national d'études et de recherches sur les handicaps et inadaptations (CTNERHI).

Données clés

Auteur : M. Gautier Audinot

Type de question : Question écrite

Rubrique : Santé

Ministère interrogé : éducation nationale, recherche et technologie

Ministère répondant : éducation nationale, recherche et technologie

Dates :
Question publiée le 23 juin 1997
Réponse publiée le 18 août 1997

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