Tchad
Question de :
M. Noël Mamère
Gironde (3e circonscription) - Radical, Citoyen et Vert
M. Noël Mamère attire l'attention de M. le ministre des affaires étrangères sur la condamnation à trois années de prison du député tchadien Ngarlejy Yorrongar. Dans un article du journal tchadien L'Observateur, publié le 9 juillet 1997, M. Yorongar avait accusé le général Kamougué d'avoir « reçu du consortium Exxon-Shell-Elf un milliard et demi de francs CFA » et ajoutait que le président tchadien avait lui aussi bénéficié des largesses de ce même consortium. Après la levée de son immunité parlementaire le 26 mai, le député a été emprisonné le 12 juin, ainsi que deux journalistes de L'Observateur. M. Ngarlejy Yorongar a été accusé de diffamation envers le président de la République, M. Idriss Deby, et le président de l'Assemblée nationale, le général Kamougué. Le procès s'est ouvert le 17 juillet. Les avocats des inculpés n'ont pas eu accès au dossier et n'ont pas pu plaider. M. Yorongar lui-même n'a pas pu assister à son procès. Alors que le droit tchadien prévoit une peine maximale de deux ans pour le délit de diffamation, le député Ngarlejy Yorongar a été condamné le 20 juillet à trois années de prison. Les deux journalistes ont été relâchés. Après ces atteintes flagrantes aux droits de l'homme, la sécurité de Ngarlejy Yorongar ne semble pas assurée. Compte tenu de la position de la France en République tchadienne, il lui demande s'il envisage une démarche d'interpellation du gouvernement tchadien sur le cas du député emprisonnné.
Réponse publiée le 28 septembre 1998
Comme le rappelle l'honorable parlementaire, le député tchadien Narjely Yorongar a été condamné le 20 juillet à trois années de prison et 5 000 FF d'amende pour outrage au chef de l'Etat et diffamation envers le président de l'Assemblée nationale. Dès la levée de l'immunité parlementaire de M. Yorongar, l'ambassadeur de France est intervenu, avec la discrétion qui s'impose s'agissant d'une affaire en cours d'instruction judiciaire, pour indiquer au gouvernement tchadien que nous étions très attentifs à la façon dont serait traité le député et que nous attendions des autorités qu'elles respectent les règles de droit. Le même message a été communiqué à l'ambassadeur du Tchad à Paris, qui s'est attaché à donner toutes assurances de son gouvernement quant à la transparence de la procédure intentée contre M. Yorongar. La France s'est associée aux autres Etats de l'Union européenne pour qu'une démarche auprès des autorités tchadiennes soit accomplie à ce sujet par les chefs de mission des pays membres. Par ailleurs, lors de son entretien avec le président Deby, en marge du sommet de l'OUA à Ouagadougou, le ministre délégué à la coopération et à la francophonie a insisté sur la nécessité pour le régime tchadien de respecter les droits de l'homme et le libre exercice des activités politiques. Enfin, recevant le ministre tchadien des affaires étrangères, le 28 juillet, M. Josselin a soulevé la question de la condamnation de M. Yorongar à trois ans de prison. Le Gouvernement demeure attentif à la situation de ce dernier, et notamment, comme le souligne l'honorable parlementaire, à sa sécurité.
Auteur : M. Noël Mamère
Type de question : Question écrite
Rubrique : Politique extérieure
Ministère interrogé : affaires étrangères
Ministère répondant : affaires étrangères
Dates :
Question publiée le 27 juillet 1998
Réponse publiée le 28 septembre 1998