Question écrite n° 18246 :
programmes

11e Législature

Question de : Mme Jacqueline Fraysse
Hauts-de-Seine (4e circonscription) - Communiste

Mme Jacqueline Fraysse attire l'attention de M. le ministre de l'éducation nationale, de la recherche et de la technologie sur la situation de la langue des signes française dans le système éducatif. La plupart des enfants sourds étant issus de parents entendants, l'apprentissage de la langue des signes est difficile en dehors du système éducatif. Or, peu d'établissements spécialisés offrent réellement la possibilité de maîtriser cette langue, que beaucoup n'apprennent qu'à l'âge adulte. Par contre, les jeunes sourds élèves du secondaire doivent étudier une première, puis une seconde langue étrangère, alors que leur handicap constitue déjà un obstacle sérieux pour la maîtrise du français et d'une autre langue. Compte tenu de l'aide qu'apporterait à ces jeunes la connaissance de la langue des signes, dans leur vie personnelle comme dans leur vie scolaire et professionnelle, il semble souhaitable que l'enseignement de cette langue soit développé, accessible à tous et mieux reconnu. A cet égard, la reconnaissance de la langue des signes française comme option de langue au baccalauréat, au même titre que les langues étrangères, les langues régionales ou les langues anciennes, constiturait une avancée utile vers cet objectif. C'est pourquoi elle lui demande s'il envisage des dispositions en ce sens.

Réponse publiée le 14 septembre 1998

Actuellement la réglementation du baccalauréat prévoit l'utilisation de la langue des signes lors des épreuves orales mais précise que l'évaluation ne peut en aucun cas porter sur la capacité du candidat à s'exprimer à l'aide de ce mode de communication. Le travail confié à l'assistant interprète présent lors de l'interrogation doit se limiter à la traduction la plus exacte possible des questions de l'examinateur et des réponses du candidat. Pour le ministère de l'éducation nationale, de la recherche et de la technologie, les conditions nécessaires à une réelle intégration des élèves présentant un handicap auditif passent par la possession d'un niveau minimum de communication et de maîtrise de la langue française. Dans cet esprit, la langue des signes doit toujours être associée et ne peut être étudiée pour son seul objet. Elle constitue un outil au service de la démutisation des élèves et facilite chez ceux-ci le développement de la conceptualisation. Avec cet objectif, elle est enseignée et utilisée dans les collèges et les lycées par les élèves handicapés réunis dans une même classe avec les autres élèves. Cette position a été exprimée à de nombreuses reprises dans les groupes de travail en partenariat mis en place par la délégation interministérielle aux personnes handicapées. Elle rejoint la préoccupation de la ministre de l'emploi et de la solidarité en ce domaine qui considère qu'il s'agit d'une condition obligatoire pour permettre aux élèves d'accéder aux apprentissages scolaires et préprofessionnels seuls en mesure de garantir ultérieurement une intégration pleine et entière. En outre, il apparaît que cette demande ne reflète pas la position de l'ensemble du mouvement associatif regroupant des personnes atteintes de handicaps auditifs. Nombre de familles sont convaincues que l'intégration impose l'apprentissage et la maîtrise des techniques de lecture labiale, de la méthode verbotonale, du français signé ou du langage parlé complété. Il semble toutefois que cette demande de prise en compte de la langue des signes à l'examen du baccalauréat reflète la grande difficulté qu'ont certains candidats handicapés à acquérir des compétences à la fois en langue française et dans plusieurs langues étrangères. Aussi, il est envisagé d'exempter dans certains cas les candidats qui le souhaiteraient de l'épreuve obligatoire de langue vivante 2 du baccalauréat ; le coefficient de l'épreuve obligatoire de langue vivante 2 serait alors neutralisé.

Données clés

Auteur : Mme Jacqueline Fraysse

Type de question : Question écrite

Rubrique : Enseignement secondaire

Ministère interrogé : éducation nationale, recherche et technologie

Ministère répondant : éducation nationale, recherche et technologie

Dates :
Question publiée le 10 août 1998
Réponse publiée le 14 septembre 1998

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