Question écrite n° 24166 :
programmes

11e Législature

Question de : M. Jean-Paul Durieux
Meurthe-et-Moselle (7e circonscription) - Socialiste

M. Jean-Paul Durieux attire une nouvelle fois l'attention de M. le ministre de l'éducation nationale, de la recherche et de la technologie concernant l'intérêt psychologique, social et culturel d'intégrer la langue des signes française aux programmes d'enseignement et d'examen des établissements du secondaire au même titre que les langues étrangères, les langues régionales, les langues anciennes. Une loi de 1991, dite loi Fabius, a reconnu le droit au bilinguisme et à l'utilisation de la langue des signes dans l'enseignement. Aujourd'hui encore, beaucoup d'établissements scolaires spécialisés n'offrent pas, ou peu, la possibilité d'apprendre cette langue. Or, plus de 95 % des enfants sourds sont issus de parents entendants. De ce fait, l'apprentissage de la langue des signes est difficile en dehors du système éducatif. Il importe donc que cette langue soit enseignée à tous les niveaux, pour son seul objet. Il convient par ailleurs de prendre en considération non seulement les connaissances actuelles dans le domaine de la surdité, et notamment le rapport de Mme Gillot « le droit des sourds » remis au Premier ministre en juillet 1998, mais aussi les 10 000 signatures individuelles recueillies par la pétition de l'association LSF-BAC ainsi que les signatures des associations nationales, régionales et départementales. La reconnaissance de la langue des signes au baccalauréat semble faire l'unanimité. Compte tenu de l'intérêt à aider chacun à trouver une place dans notre société, il lui demande de bien vouloir lui faire connaître les dispositions qu'il compte prendre en la matière.

Réponse publiée le 15 février 1999

Actuellement la réglementation du baccalauréat prévoit l'utilisation de la langue des signes lors des épreuves orales mais précise que l'évaluation ne peut en aucun cas porter sur la capacité du candidat à s'exprimer à l'aide de ce mode de communication. Le travail confié à l'assistant interprète présent lors de l'interrogation doit se limiter à la traduction la plus exacte possible des questions de l'examinateur et des réponses du candidat. Pour le ministère de l'éducation nationale, de la recherche et de la technologie, les conditions nécessaires à une réelle intégration des élèves présentant un handicap auditif passent par la possession d'un niveau minimal de communication et de maîtrise de la langue française. Dans cet esprit, la langue des signes doit toujours être associée et ne peut être étudiée pour son seul objet. Elle constitue un outil au service de la démutisation des élèves et facilite chez ceux-ci le développement de la conceptualisation. Avec cet objectif, elle est enseignée et utilisée dans les collèges et les lycées par les élèves handicapés réunis dans une même classe avec les autres élèves. Cette position a été exprimée à de nombreuses reprises dans les groupes de travail en partenariat mis en place par la délégation interministérielle aux personnes handicapées. Elle rejoint la préoccupation de la ministre de l'emploi et de la solidarité en ce domaine qui considère qu'il s'agit d'une condition obligatoire pour permettre aux élèves d'accéder aux apprentissages scolaires et préprofessionnels seuls en mesure de garantir ultérieurement une intégration pleine et entière. Une étude est actuellement conduite par les services, visant à permettre aux candidats qui le souhaiteraient de remplacer l'épreuve de langue vivante 2 par une épreuve de langue des signes. Il semble toutefois que cette demande de prise en compte de la langue des signes à l'examen du baccalauréat reflète la grande difficulté qu'ont certains candidats handicapés à acquérir des compétences à la fois en langue française et dans plusieurs langues étrangères. Aussi, il est envisagé d'exempter dans certains cas les candidats qui le souhaiteraient de l'épreuve obligatoire de langue vivante 2 du baccalauréat, le coefficient de l'épreuve obligatoire de langue vivante 2 serait alors neutralisé.

Données clés

Auteur : M. Jean-Paul Durieux

Type de question : Question écrite

Rubrique : Enseignement secondaire

Ministère interrogé : éducation nationale, recherche et technologie

Ministère répondant : éducation nationale, recherche et technologie

Dates :
Question publiée le 18 janvier 1999
Réponse publiée le 15 février 1999

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