personnel
Question de :
M. Daniel Marcovitch
Paris (19e circonscription) - Socialiste
M. Daniel Marcovitch attire l'attention de M. le secrétaire d'Etat à la santé et à l'action sociale sur l'interprétation du décret n° 93-345 du 15 mars 1993 et notamment de son article 6 qui obligerait les personnes présentes dans les blocs opératoires à être titulaires d'un diplôme d'Etat d'infirmière. Cette interprétation entraînerait de graves problèmes pour les aides instrumentistes (entre 2 000 et 4 000 personnes concernées) qui exercent ce métier depuis de nombreuses années sans que ce diplôme n'ait jamais été exigé. La fonction d'instrumentiste ou d'aide opératoire, en dehors des hôpitaux de l'Assistance publique où une formation spécifique est donnée « sur le tas », est depuis toujours exercée en libéral par des personnes spécialisées, ayant appris soit avec un chirurgien qui a formé son « instrumentiste », soit dans une école privée dont le diplôme n'est pas reconnu par l'Etat. Cette fonction n'a d'ailleurs rien à voir avec la formation d'infirmière qui est entièrement consacrée au volet médical sans que jamais ne soit abordée la technique chirurgicale. Le rôle de l'aide instrumentiste n'est pas de soigner mais bien d'assister pratiquement le chirurgien dans sa tâche. La position de l'administration, outre qu'elle ne répond à aucun motif de sécurité ou de santé publique, entraîne de nombreux licenciements ou des déclassements pour des personnes qui exercent ce métier parfois depuis plus de vingt ans. Les associations professionnelles proposent la délivrance d'un certificat de capacité professionnelle pour les personnes qui ont travaillé pendant des années auprès de différents opérateurs en donnant toute satisfaction. Il lui demande quelles sont les intentions du Gouvernement quant à l'avenir de cette profession et notamment des personnes qui sont actuellement en fonction.
Réponse publiée le 1er mars 1999
Les fonctions qui peuvent être exercées par les professions médicales et paramédicales sont définies par le code de la santé publique, notamment dans son article L. 372, et les décrets de compétence qui régissent les différentes professions. C'est ainsi que le décret n° 93-345 du 15 mars 1993, relatif aux actes professionnels et à l'exercice de la profession d'infirmier, dispose en son article 6 que l'infirmier participe en présence d'un médecin « aux activités au sein d'un bloc opératoire, en tant que panseur, aide ou instrumentiste ». Il en résulte que des personnes non qualifiées ne peuvent exercer certaines fonctions de bloc opératoire. Il n'y a donc aucune règle nouvellement édictée mais il semble qu'il existe, dans certains cas, des pratiques ne se conformant pas pleinement à cette réglementation. C'est pourquoi le secrétaire d'Etat à la santé et à l'action sociale a demandé à ses services d'analyser la situation dans les cliniques privées, de rappeler cette réglementation dans l'intérêt des patients et de veiller à son application. Il est apparu, en effet, que dans certaines cliniques, sont employés des aides opératoires non titulaires d'un diplôme d'infirmier et qui, dans certains cas, ne justifient d'aucun diplôme. Ses services s'attachent à trouver une solution pour ces aides opératoires qui, tout en garantissant le respect des règles de qualification et d'expérience professionnelle fixées pour exercer certaines fonctions auprès de chirurgiens, prenne en compte les compétences de ces personnels et ne remette pas en cause leur emploi. Le Conseil d'Etat a été saisi de cette question par le Gouvernement afin d'exploiter toutes les voies de droit possibles.
Auteur : M. Daniel Marcovitch
Type de question : Question écrite
Rubrique : Établissements de santé
Ministère interrogé : santé et action sociale
Ministère répondant : santé et action sociale
Dates :
Question publiée le 18 janvier 1999
Réponse publiée le 1er mars 1999