Maroc
Question de :
Mme Catherine Tasca
Yvelines (11e circonscription) - Socialiste
Mme Catherine Tasca appelle l'attention de M. le ministre des affaires étrangères sur la non-application de certaines dispositions de la convention entre la République française et le Royaume du Maroc relative au statut des personnes et de la famille et à la coopération judiciaire, signée à Rabat le 10 août 1981, et publiée au JORF le 1er juin 1983. En effet, le service central de l'état civil reconnaît les mariages de deux marocains devant les autorités marocaines, mais pas la dissolution de ce mariage devant les mêmes autorités, ce qui oblige parfois les personnes concernées à recourir à des procédures d'exequatur longues et coûteuses. En Ile-de-France, notamment, de nombreuses démarches administratives se trouvent bloquées ou ralenties de ce fait. Or, la convention précédemment citée stipule notamment, en son article 9, que « la dissolution du mariage est prononcées selon la loi de celui des deux Etats dont les époux ont tous deux la nationalité à la date de la présentation de la demande ». En conséquence, elle lui demande de bien vouloir lui préciser sa position sur ce point, et lui indiquer, le cas échéant, les mesures qu'il compte prendre pour remédier à cette situation.
Réponse publiée le 19 avril 1999
Le service central d'état civil, compte tenu de sa compétence d'attribution, connaît essentiellement des situations matrimoniales concernant des couples français ou franco-étrangers. La publicité des décisions de divorces prononcées à l'étranger concernant ces personnes est effectuée conformément aux dispositions de l'article 585-1 de l'instruction générale relative à l'état civil du ministère de la justice sur instructions du procureur de la République du tribunal de grande instant compétent. Lorsque des décisions concernant des ressortissants marocains qui acquièrent la nationalité française, et pour lesquels des actes civil doivent être établis en application des articles 98 et suivants du code civil, paraissent contraires à l'ordre public français, les intéressés sont invités à soumettre leur situation à l'autorité judiciaire française. Il en est ainsi des dissolutions (répudiations) prononcées en France par l'autorité consulaire étrangère. En effet, les mesures se rapportant à la dissolution du mariage en France revêtent un caractère juridictionnel et relèvent exclusivement de la compétence des tribunaux français, conformément au principe général du droit international privé, selon lequel la procédure est régie par la loi du FOR. Cette règle de procédure française donnant compétence aux tribunaux pour prononcer la dissolution du mariage a un caractère d'ordre public. Son éventuelle opposition à l'application de l'article 9 de la convention franco-marocaine, à laquelle fait référence l'honorable parlementaire, pourrait être portée à l'appréciation de Mme la ministre de la justice.
Auteur : Mme Catherine Tasca
Type de question : Question écrite
Rubrique : Politique extérieure
Ministère interrogé : affaires étrangères
Ministère répondant : affaires étrangères
Dates :
Question publiée le 8 février 1999
Réponse publiée le 19 avril 1999