Question écrite n° 25071 :
durée du travail

11e Législature
Question signalée le 18 octobre 1999

Question de : M. Patrick Ollier
Hautes-Alpes (2e circonscription) - Rassemblement pour la République

M. Patrick Ollier attire l'attention de Mme la ministre de l'emploi et de la solidarité sur l'application des 35 heures dans les entreprises. A la lecture du livre « 35 heures, mode d'emploi », ainsi que lors des réunions d'information sur la mise en place de cette réforme, il est expliqué aux chefs d'entreprises que toutes négociation doit passer par un syndicat. Or, cette obligation pose problème pour les entreprises ayant un délégue du personnel avec lequel le dialogue se passe de façon directe entre les employés et leur délégué. En effet, le personnel de ce type d'entreprise, ainsi que le délégué, ne peuvent donc pas se déterminer librement sur l'avenir de leur entreprise et doivent en référer à un syndicat. Il arrive donc que le personnel et le chef d'entreprise soient très souvent inquiets de ce devoir d'ingérence d'un syndicat dans une petite entreprise où le dialogue et le respect sont quotidiens et ne font appel à aucun formalisme qui risque de bloguer toute négociation. Il lui demande si, dans le cadre de l'application des 35 heures, des cas spécifiques pour la mise en place de cette réforme existent et si les chefs d'entreprises en sont bien informés.

Réponse publiée le 25 octobre 1999

L'honorable parlementaire interroge Mme la ministre de l'emploi et de la solidarité sur la possibilité pour des délégués du personnel de négocier des accords 35 heures, posant ainsi la question du choix des partenaires de la négociation collective. Or, en application de l'article L. 132-19 du code du travail, les partenaires de la négociation collective dans l'entreprise sont, d'une part, l'employeur, d'autre part, les organisations syndicales représentatives dans l'entreprise. Dans le cadre de la mise en oeuvre de la réduction du temps de travail, plusieurs possibilités sont ouvertes aux entreprises dépourvues de délégué syndical, afin de négocier un accord. Le mandatement, organisé par la loi du 13 juin 1998 et pérennisé par le projet de loi sur la réduction négociée du temps de travail, permet ainsi à l'employeur de négocier un accord mettant en oeuvre les 35 heures avec un salarié mandaté par une organisation syndicale représentative au plan national. Aux termes de l'article 11 de ce projet, il est en outre prévu que, dans les entreprises de moins de cinquante salariés, dépouvues de délégués syndicaux, et en l'absence d'une convention ou d'un accord de branche étendu et lorsqu'il n'y a pas eu de salarié mandaté, les délégués du personnel peuvent alors négocier un accord collectif d'entreprise pour fixer les modalités de la réduction du temps de travail à 35 heures et ouvrir droit à l'allégement des cotisations sociales prévu par la loi. Ces différentes dispositions ont pour objectif de développer des formes de négociation et de dialogue social adaptées aux entreprises dépourvues de présence syndicale, qui sont souvent des PME. La moitié des accords de réduction du temps de travail ont à ce jour été conclus dans ce type d'entreprise avec un salarié mandaté. Les services du ministère ne manqueront pas de donner la plus large information sur ces dispositions à l'attention des entreprises.

Données clés

Auteur : M. Patrick Ollier

Type de question : Question écrite

Rubrique : Travail

Ministère interrogé : emploi et solidarité

Ministère répondant : emploi et solidarité

Signalement : Question signalée au Gouvernement le 18 octobre 1999

Dates :
Question publiée le 8 février 1999
Réponse publiée le 25 octobre 1999

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