République démocratique du Congo
Question de :
M. René Mangin
Meurthe-et-Moselle (2e circonscription) - Socialiste
M. René Mangin attire l'attention de M. le ministre des affaires étrangères sur la situation politique au Congo-Brazzaville. Notre pays ayant été le seul à apporter une caution et une aide au régime du président Denis Sassou-N'Guesso, ne devons-nous pas mettre tout en oeuvre pour que cessent les massacres perpétrés notamment dans les régions de Poll et de la Bouenza et que l'on peut considérer comme une épuration ethnique ? Les organisations humanitaires sont aujourd'hui interdites de séjour dans les zones où sont perpétrés ces massacres où le nombre des victimes croît sans cesse. A la veille de Noël un massacre organisé à Brazzaville a fait 1 500 morts. Les populations survivantes fuient et se réfugient dans les forêts où elles sont pourchassées et où les guettent faim et épidémies. Il lui demande par conséquent de condamner officiellement et fermement un régime qui prône la voie de l'épuration ethnique.
Réponse publiée le 3 mai 1999
La République du Congo qui se relevait à peine de la guerre civile de 1997, a de nouveau été en proie à des affrontements meurtriers. Cette nouvelle éruption de violence touche durement les populations civiles. La situation humanitaire est préoccupante. Plusieurs localités de l'intérieur du pays ainsi que certains quartiers de la capitale ont été vidés de leur population. Par ailleurs, le développement économique et social du pays est gravement pénalisé. L'activité est paralysée, de nouvelles infrastructures ont été détruites. La violence des combats qui ont opposé en décembre et janvier derniers les forces gouvernementales aux éléments armés rebelles a été amplifiée par la faible discipline des troupes engagées et la circulation incontrôlée des armes. Comme le relève l'honorable parlementaire, nombre d'exactions de part et d'autre sont à déplorer, qu'il s'agisse de pillages, de viols ou d'exécutions sommaires. Certains crimes ont pu effectivement prendre une connotation ethnique, sans toutefois qu'ait été constatée une volonté d'élimination systématique de populations sur une base ethnique. La France condamne avec la plus grande fermeté les exactions commises et souhaite que leurs auteurs en soient punis. Il est essentiel qu'il soit mis fin aux débordements constatés au Congo depuis plusieurs mois. Il en va de la responsabilité de tous les acteurs de cette crise, et en particulier de ceux qui ont pris l'initiative de recourir de nouveau aux armes. Face à ce nouveau drame, la France ne demeure pas inactive. Seul pays de l'Union européenne, avec l'Italie, à être représenté par une ambassade sur place, la France s'emploie à soulager les souffrances des populations et à encourager l'émergence d'une solution politique. Cette action s'exerce localement dans des conditions particulièrement difficiles. Au plan humanitaire, la France a été le premier pays à délivrer une assistance aux populations déplacées de la capitale pour un montant de 2 MF à ce jour. L'affrètement d'un avion a permis de fournir des biens de première nécessité à ceux qui avaient dû fuir les combats du mois de décembre dans les quartiers sud-ouest de la capitale. Une aide a également été apportée aux personnes déplacées à Pointe-Noire. Au plan politique, la France estime que toute solution passe par une véritable réconciliation nationale qui réponde aux aspirations de tous les Congolais. Il est indispensable que les parties en présence manifestent leur volonté de trouver une issue à travers un dialogue sans exclusive. La France s'efforce de convaincre les protagonistes de s'engager sur cette voie. Elle espère que l'accalmie que l'on constate sur le terrain depuis quelques semaines créera un environnement plus favorable à cet égard.
Auteur : M. René Mangin
Type de question : Question écrite
Rubrique : Politique extérieure
Ministère interrogé : affaires étrangères
Ministère répondant : affaires étrangères
Dates :
Question publiée le 1er mars 1999
Réponse publiée le 3 mai 1999