DOM et TOM : sports
Question de :
M. Léo Andy
Guadeloupe (3e circonscription) - Socialiste
M. Léo Andy attire l'attention de Mme la ministre de la jeunesse et des sports sur la répartition de la part régionale des dotations du Fond national pour le développement des sports au titre de l'année 1999. Il s'avère que pour cette année, la part allouée aux DOM-TOM n'augmente, en moyenne, que de 8 %, tandis que celle réservée à l'hexagone progresse, en moyenne, de 15 %. Cela découle du fait que le montant de la dotation exceptionnelle de l'an dernier, qui était de 15,7 millions de francs, et qui est accordée aux DOM-TOM en raison de leur isolement géographique, est purement et simplement reconduit cette année. Il en résulte, de fait, une diminution relative de la part de l'outre-mer comparée à la part métropolitaine. Ce choix est d'autant plus incompréhensible et incompris outre-mer que l'activité sportive, y compris de haut niveau, y reste très importante et a un grand potentiel de développement comme en attestent les résultats de nos athlètes aux jeux Olympiques et lors des diverses compétitions mondiales. Cela mérite un soutien conséquent avec tout ce que cela suppose au niveau d'un effort financier. A cet égard, il lui demande de bien vouloir indiquer la façon dont sera réparti le bénéficie net de la société organisatrice de la coupe du monde, qui s'élève à presque 300 millions de francs. Les DOM-TOM, compte tenu de leur éloignement et de leur isolement, n'ont pas pu accueillir les matchs de la coupe du monde et n'ont donc pu bénéficier, ni des subventions pour moderniser leurs équipements sportifs, ni des retombées dans le domaine économique. Il serait donc juste qu'ils ne soient pas oubliés dans la répartition des bénéfices d'autant plus que les joueurs guadeloupéens ont amplement contribué à la belle victoire de l'équipe de France.
Réponse publiée le 26 avril 1999
Concernant la répartition des dotations du fonds national pour le développement du sport (FNDS), Mme la ministre de la jeunesse et des sports entend souligner que la part régionale, consacrée aux clubs locaux, a connu une augmentation de 20 % en 1998 et de 17 % en 1999 (soit une évolution de 37 % sur 2 ans), ce qui illustre la priorité que constitue le développement du sport pour tous et à tous les niveaux. Dans ce cadre, le soutien à apporter au développement des associations sportives implantées dans les DOM-TOM revêt une importance particulière. C'est la raison pour laquelle l'enveloppe globale envisagée pour l'année 1999 au profit des DOM-TOM s'inscrit dans un processus d'augmentation de crédits attribués à ces départements et territoires : le conseil de gestion du FNDS, qui s'est réuni le 1er février dernier, a consacré en effet, une nouvelle hausse de 8 % à leur profit. Il convient d'observer qu'au-delà des 12,9 millions de francs que le jeu des critères objectifs définis pour la métropole aurait seulement conduit à attribuer, ce sont 15,7 millions de francs complémentaires qui ont été affectés au Dom-Tom, ceci grâce aux soutiens particuliers dont bénéficient ces territoires en raison de leur situation spécifique (prime à l'insularité). A titre comparatif, la dotation des Dom-Tom, tous critères confondus, est en général trois fois supérieure à celle des départements de métropole de poids identique. En outre, le dernier conseil de gestion du FNDS a décidé de soutenir, au titre des crédits nationaux, la construction ou la rénovation d'équipements sportifs dans ces territoires. Il est à souligner que, dans le cadre de la politique de la ville, les équipements de proximité relèvent en général du fonds d'intervetion pour la ville (FIV), en faveur duquel 33 MF ont été transférés pour 1999 du ministère de la jeunesse et des sports au ministère délégué à la ville. Enfin, il convient de mentionner, outre le FNDS, la contribution du ministère de la jeunesse et des sports sur ses crédits propres des titres IV et VI, en faveur des Dom et des Tom. En ce qui concerne les bénéfices de la coupe du monde, madame la minstre de la jeunesse et des sports rappelle les modalités de répartition qu'elle a proposées aux parternaires concernés, en particulier à la fédération française de football : dès qu'il sera possible d'en connaître le montant exact, ils seront versés sur des lignes spéciales du FNDS et répartis par une commission nationale, sur la base de projets sportifs qui favorisent notamment le développement des infrastructures et de l'encadrement. Les instances du sport, et du football en particuler, les communes urbaines ou rurales ainsi que les 10 villes organisatrices ont vocation à présenter de tels projets. Et bien évidemment, les projets concernant les DOM-TOM devraient faire l'objet d'une attention particulière par la commission nationale précitée. Grâce à ce dispositif, le sport de haut niveau alimentera - par une forme de mutualisation originale - la pratique sportive de base, ce qui répond à l'esprit développé dans notre pays pendant la coupe du monde de football.
Auteur : M. Léo Andy
Type de question : Question écrite
Rubrique : Outre-mer
Ministère interrogé : jeunesse et sports
Ministère répondant : jeunesse et sports
Dates :
Question publiée le 1er mars 1999
Réponse publiée le 26 avril 1999