Question écrite n° 54065 :
avocats

11e Législature

Question de : M. Philippe Briand
Indre-et-Loire (5e circonscription) - Rassemblement pour la République

M. Philippe Briand attire l'attention de Mme la garde des sceaux, ministre de la justice, sur l'inquiétude de la profession d'avocat relative aux conséquences de la détérioration du système de l'aide juridictionnelle. Il lui rappelle que l'indemnisation de la prestation par forfait a été abandonnée au profit du système par « unité de valeur » qui aujourd'hui pénalise la rémunération de l'avocat. Il indique dans ce sens que le montant de cette unité est de 134 francs, alors que si l'ancien système avait perduré, hormis l'abattement de solidarité, il serait à ce jour de 475 francs. Il souligne avec force que la loi du 15 juin 2000 renforçant la présomption d'innocence et le droit des victimes a un coût pour l'avocat et que le projet de budget pour 2001 ne prend pas en considération les implications concrètes de ce texte. C'est pourquoi, il lui demande d'étudier avec soin l'éventualité d'une augmentation substantielle de l'unité de valeur dans le cadre du budget pour 2001 ainsi que le réexamen du nombre de ces unités affecté à chaque type de procédure. Il ajoute également que c'est là une condition nécessaire pour répondre à l'attente des Français de voir une justice plus rapide, plus efficace, et surtout plus proche des justiciables les plus modestes.

Réponse publiée le 2 avril 2001

La garde des sceaux, ministre de la justice, a l'honneur de faire connaître à l'honorable parlementaire que, consciente de la nécessité de satisfaire le besoin d'accès au droit et d'accès à la justice, elle a procédé le 13 décembre 2000 à l'installation d'une commission présidée par M. Paul Bouchet, conseiller d'Etat honoraire, président d'ATD Quart-Monde, regroupant des personnalités de divers horizons en la chargeant de la mission de remettre à plat l'ensemble du dispositif de l'aide juridique. Les travaux de cette instance, qui sont conduits dans un esprit de large concertation et qui s'achèveront d'ici au 30 avril prochain, devront déboucher sur des propositions concrètes de telle sorte qu'un projet de loi puisse être finalisé à l'été 2001. Ces travaux intégreront la question de l'assistance du détenu faisant l'objet d'une procédure disciplinaire. Dans l'intervalle, sont appliquées les mesures prévues dans le protocole d'accord qu'elle a conclu le 18 décembre 2000 avec les organisations professionnelles représentant les avocats et traduites dans le décret n° 2001-52 en date du 17 janvier 2001 publié au Journal officiel du 19 janvier. Ce décret procède aux revalorisations rendues nécessaires par l'évolution et la complexification de sept contentieux principaux (divorces et autres instances devant le juge aux affaires familiales, assistance éducative, procédures devant le juge de l'exécution, contentieux prud'homaux, baux d'habitation, procédures correctionnelles, procédures prévues par l'ordonnance du 2 novembre 1945 relative aux conditions d'entrée et de séjour des étrangers en France). De même, il relève le montant de la contribution de l'Etat à la rétribution de l'avocat intervenant au cours de la garde à vue pour tenir compte de l'entrée en vigueur, depuis le 1er janvier 2001, des dispositions de la loi du 15 juin 2000 renforçant la protection de la présomption d'innocence et les droits des victimes. Enfin, il crée en matière d'application des peines une indemnisation de l'avocat assistant le condamné dans les conditions fixées par l'alinéa 6 de l'article 722 du code de procédure pénale, pour la période du 1er janvier au 16 juin 2001. La circulaire d'application de ce décret a été diffusée aux juridictions et aux barreaux le 26 janvier 2001. Les projets de décret portant application des dispositions de la loi du 18 décembre 1998 relative à l'accès au droit et à la résolution amiable des conflits ayant un impact en matière d'aide juridictionnelle sont rédigés ; ils sont soumis depuis novembre 2000 à la consultation des professionnels du droit concernés. Ils pourront être publiés dès que les organisations professionnelles saisies pour avis auront fait connaître leurs observations.

Données clés

Auteur : M. Philippe Briand

Type de question : Question écrite

Rubrique : Professions judiciaires et juridiques

Ministère interrogé : justice

Ministère répondant : justice

Dates :
Question publiée le 20 novembre 2000
Réponse publiée le 2 avril 2001

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