Question écrite n° 63366 :
officiers

11e Législature

Question de : M. Jacques Masdeu-Arus
Yvelines (12e circonscription) - Rassemblement pour la République

M. Jacques Masdeu-Arus appelle l'attention de M. le ministre de l'intérieur sur les vives préoccupations des officiers de la police nationale, mises en exergue par le syndicat national des officiers de police. En effet, alors que l'aggravation constante de la délinquance et l'augmentation des crimes et délits rendent plus difficiles les interventions des forces de l'ordre, ces dernières sont confrontées à une dégradation importante de leurs conditions de travail, en raison d'une absence caractérisée de moyens humains et financiers. Les membres du corps des officiers de la police nationale, créé par la loi n° 95-73 du 21 janvier 1995 d'orientation et de programmation relative à la sécurité et issu de la fusion des anciens corps des inspecteurs et des officiers de paix de la police nationale, sont particulièrement sensibilisés à ces problèmes. Au-delà d'une stricte absence de moyens matériels, ils dénoncent la dévalorisation de leur profession, comme en atteste le manque d'attractivité de leur métier auprès des jeunes. Les chiffres suivants sont sans appel : le nombre de candidatures au concours externe est passé progressivement de 5 376 en 1996 à 3 041 en 2000, soit une diminution de 43,5 % en seulement cinq ans. Les officiers de police nationale mettent aussi en lumière l'insuffisance de leurs rémunérations qui n'est plus en rapport avec leurs charges de travail grandissantes, le non-respect de leurs droits statutaires, une gestion rétrograde du corps auquel ils appartiennent, une dépréciation de leurs missions et de leurs responsabilités ainsi que des conditions obsolètes d'exercice de leurs déplacements. Une telle situation est d'autant plus préoccupante que, en parallèle, les statistiques relèvent un nombre toujours plus important de fauteurs de troubles, parmi lesquels des mineurs de plus en plus jeunes, et confirment la contagion de l'insécurité dans des zones, notamment rurales, qui étaient jusqu'à maintenant préservées. Persuadé qu'il saura prendre conscience du malaise grandissant qui s'est emparé de cette profession en manque de reconnaissance, il lui demande de prendre les mesures adaptées à une telle situation, à savoir : revaloriser leur grille indiciaire, mettre en place un régime indemnitaire à la hauteur de leurs responsabilités et intégré dans le calcul de leur retraite, favoriser l'accession de tous les officiers à un statut de cadre A, accorder à ces professionnels des moyens adaptés à leurs exigeantes missions, moderniser les règles de gestion de ce corps et, enfin, permettre à ces représentants de l'ordre de reprendre confiance grâce à un meilleur respect de leur profession.

Réponse publiée le 27 août 2001

Les préoccupations exprimées par l'honorable parlementaire et relatives aux conditions de travail des fonctionnaires du corps de commandement et d'encadrement de la police nationale recueillent toute l'attention du ministre de l'intérieur. La loi n° 95-73 du 21 janvier 1995 modifiée d'orientation et de programmation relative à la sécurité, qui a, en son article 19, créé les conditions d'une organisation nouvelle des personnels de la police nationale, a conduit à redéfinir la nature et l'objet des missions et des emplois que ces personnels ont vocation à exercer. En particulier, les officiers de police ont, au sein du corps de commandement et d'encadrement, vu renforcer leur vocation d'animation d'équipes et d'impulsion, sur le terrain, de la politique gouvernementale en matière de sécurité. Cette évolution est allée de pair avec un relèvement, constant au cours de la dernière décennie, du niveau universitaire des officiers de police recrutés, notamment au titre du concours externe. La généralisation de la police de proximité, entreprise depuis 1999, a, enfin, accru à la fois les responsabilités d'encadrement des officiers et l'appel aux aptitudes à la fois juridiques et techniques des fonctionnaires de ce corps. Le ministre de l'intérieur a, notamment ces deux dernières années, pris en compte ces évolutions et a su, chaque fois que cela était possible, en tirer les conséquences. La revalorisation constante du régime indemnitaire des officiers a été poursuivie. Ainsi, l'institution, par le décret du 27 février 1998, d'une prime de commandement modulable en fonction des responsabilités exercées par les officiers, a-t-elle été, chaque année revalorisée : l'augmentation de son taux s'est échelonnée, depuis cette date, et selon les grades, entre plus 6 % pour les commandants et plus 11 % pour les lieutenants. Le Premier ministre a décidé, le 12 juillet dernier, au titre de l'année 2001, en premier lieu, que chaque officier de police bénéficierait d'une revalorisation de 70 francs du montant mensuel de sa prime de commandement, puis, en deuxième lieu, de porter de 3 000 francs à 3 800 francs celui de l'allocation de service versée aux commandants de police et commandants à l'emploi fonctionnel qui exercent les fonctions de chefs de circonscription de sécurité publique, et, en dernier lieu, de porter le taux de l'indemnité de fidélisation, attribuée semestriellement aux officiers de police qui en réunissent les conditions, au niveau de celui applicable aux commissaires de police. L'amélioration du régime indemnitaire des officiers de police s'est, par ailleurs, accompagnée d'une revalorisation des postes d'encadrement supérieur qui leur sont offerts. Ainsi, dans un souci de cohérence et pour assurer le bon fonctionnement des services en les rendant plus attractifs aux candidats potentiels, notamment lorsqu'ils sont situés dans des circonscriptions particulièrement difficiles, il est apparu indispensable d'augmenter le nombre des emplois fonctionnels. De 735, en 1995, le nombre total d'emplois fonctionnels de commandant de police est ainsi passé à 895 en 2001. A l'horizon 2010, le nombre total des emplois fonctionnels de commandant de police pourrait atteindre 10 % des effectifs du corps de commandement et d'encadrement. D'une manière générale, depuis l'application de la réforme des corps et carrières, les modifications intervenues dans la nomenclature des emplois fonctionnels de commandant de police ont pour effet de lier, désormais, l'implantation de tous les emplois à des nécessités fonctionnelles et opérationnelles. En dernier lieu, il convient de rappeler que, en vue de revaloriser les fins de carrière dans le corps de commandement et d'encadrement, le décret du 11 mai 2000 a prévu, au sein de ce corps, la création d'un échelon spécial dans le grade de capitaine, ouvert aux capitaines de police justifiant d'au moins deux ans de services effectifs dans l'échelon exceptionnel du même grade ; 150 emplois sont concernés à ce titre.Le ministre de l'intérieur a soumis à ses collègues chargés respectivement de la fonction publique et de l'économie et des finances un projet de revalorisation indiciaire. D'ores et déjà, il a été demandé, dans le projet de loi de finances pour 2002, dans une première étape, une enveloppe catégorielle destinée à financer ce projet. Soucieux de garantir aux officiers de police les conditions les plus favorables à l'exercice de missions de terrain, le ministre de l'intérieur, dans le cadre notamment de la police de proximité, est résolu à poursuivre un mouvement de revalorisation statutaire, indiciaire et indemnitaire déjà largement engagé ces dernières années. Il convient, à ce titre, de souligner que ces orientations et ces travaux font l'objet d'une étroite et permanente concertation avec les organisations syndicales représentatives de ce corps.

Données clés

Auteur : M. Jacques Masdeu-Arus

Type de question : Question écrite

Rubrique : Police

Ministère interrogé : intérieur

Ministère répondant : intérieur

Dates :
Question publiée le 2 juillet 2001
Réponse publiée le 27 août 2001

partager