Question écrite n° 63493 :
naissance

11e Législature

Question de : M. Gabriel Montcharmont
Rhône (11e circonscription) - Socialiste

M. Gabriel Montcharmont souhaite attirer l'attention de M. le ministre de l'intérieur sur l'inégalité devant l'état civil entre les enfants dits légitimes et les enfants dits naturels. En effet, les instructions relatives à l'état civil (datées du 11 mai 1999) disposent dans leur titre III (Règles particulières aux divers actes d'état civil) qu'en cas de naissance dans une autre commune, la naissance d'un enfant légitime est inscrite sur la table annuelle et la table décennale de la commune de domicile. A l'inverse, la naissance d'un enfant naturel dans une autre commune n'est inscrite sur les tables annuelles et décennales qu'après demande expresse de la mère. Or cette demande expresse n'est quasiment jamais effectuée alors que l'argument de protection de la réputation n'a plus aujourd'hui l'acuité qu'il avait dans l'immédiat après-guerre. Il lui demande donc s'il ne lui semble pas nécessaire de modifier cette réglementation d'un autre temps (3 mars 1951) et de l'adapter à notre époque où la distinction entre enfant légitime et enfant naturel n'a plus lieu d'être. - Question transmise à Mme la garde des sceaux, ministre de la justice.

Réponse publiée le 19 novembre 2001

La garde des sceaux, ministre de la justice, fait connaître à l'honorable parlementaire que le décret du 3 mars 1951 relatif aux tables annuelles et décennales de l'état civil prévoit dans son article 7 bis la publicité des naissances survenues hors de la commune où les parents sont domiciliés, quel que soit le type de filiation. Il est vrai que si l'inscription de l'enfant légitime sur les tables des registres de l'état civil de la commune de ce domicile s'effectue de façon automatique, la publicité de la naissance d'un enfant naturel est subordonnée à la démarche exclusive de la mère. Cette distinction s'explique par le fait qu'à l'époque de l'élaboration du décret précité, la mère d'un enfant naturel était seule détentrice de l'autorité parentale. Le principe d'égalité des filiations et l'évolution des règles régissant l'autorité parentale vers une co-parentalité effective rendent en effet obsolètes les dispositions actuelles qui seront adaptées dans le cadre de la réforme du droit de la famille en cours.

Données clés

Auteur : M. Gabriel Montcharmont

Type de question : Question écrite

Rubrique : État civil

Ministère interrogé : intérieur

Ministère répondant : justice

Dates :
Question publiée le 9 juillet 2001
Réponse publiée le 19 novembre 2001

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