Question écrite n° 64388 :
PME

11e Législature
Question signalée le 26 novembre 2001

Question de : M. Roland Francisci
Corse-du-Sud (2e circonscription) - Rassemblement pour la République

M. Roland Francisci appelle l'attention de Mme la ministre de l'emploi et de la solidarité sur l'application des 35 heures aux petites et moyennes entreprises. En effet, nombreux sont les reponssables de petites entreprises qui s'inquiètent quant à l'entrée en vigueur du dispositif légal relatif aux 35 heures. En effet, celui-ci se caractérise par son extrême complexité et surtout par sa rigidité puisqu'il vise à appliquer uniformément une durée légale hebdomadaire de travail abaissée à 35 heures ; de ce fait, il ne tient aucun compte de la diversité des secteurs d'activités et de la grande variété des modes de fonctionnement et d'organisation des entreprises. Or, la France est un pays de petites et moyennes entreprises, et particulièrement la Corse est une région à 90 % de petites entreprises. Or, l'économie de la Corse, déjà sinistrée, hélas, par la violence qui perdure et les handicaps liés à l'insularité, devrait, au contraire, bénéficier pleinement de la croisance profitable aux petites entreprises qui constituent un des moteurs essentiels de l'île. C'est pourquoi il lui demande, comme d'ailleurs vient de le faire le ministre de l'économie et des finances, si elle envisage d'assouplir le dispositif légal sur les 35 heures pour les PME, afin d'assurer leur pérennité, leur compétitivité pour certaines d'entre elles, et leur survie pour d'autres, qui sont malheureusement déjà confrontées à une réglementation étatique beaucoup trop rigide.

Réponse publiée le 3 décembre 2001

L'attention de Mme la ministre de l'emploi et de la solidarité est appelée sur les difficultés liées à la mise en oeuvre de l'aménagement et de la réduction du temps de travail dans les entreprises de moins de vingt salariés à compter du 1er janvier 2002. L'aménagement et la réduction du temps de travail à 35 heures constituent un progrès social majeur qui a permis une création massive d'emplois et l'octroi de temps libre supplémentaire pour des millions de Français. Au-delà de ces objectifs, cette réforme a été conçue par le Gouvernement pour satisfaire plusieurs exigences : permettre de négocier dans les entreprises une nouvelle organisation du travail, améliorer l'attractivité de certains secteurs, lier la réduction des charges des entreprises à la création d'emplois. En adoptant la loi n° 98-461 du 13 juin 1998 d'orientation et d'incitation relative à la réduction du temps de travail, ainsi que la loi n° 2000-37 du 19 janvier 2000 relative à la réduction négociée du temps de travail, le législateur a institué un cadre légal souple et respectueux de la diversité des entreprises. Par la loi ont été déterminés des objectifs, des garanties pour les salariés et des compensations en allégements de charges pour les entreprises. La définition des modalités de la mise en oeuvre des 35 heures a été confiée aux représentants des salariés et aux employeurs. Ainsi, ces lois ont-elles permis un développement sans précédent de la négociation collective. Les spécificités des PME ont bien été prises en compte par la loi qui prévoit : un calendrier progressif spécialement adapté aux entreprises de vingt salariés et moins pour lesquelles la durée légale à 35 heures n'entre en vigueur qu'au 1er janvier 2002 ; un dispositif « appui conseil » permettant le financement d'une prestation de conseil - collective en générale - dont le coût est partiellement pris en charge par l'Etat et qui a fait l'objet d'un abondement de crédits (500 MF/76,22 millions d'euros, contre 280 MF/42,69 millions d'euros initialement) et d'une adaptation spécifique pour les petites entreprises (décret du 14 juuin 2001) ; un accès aux aides et aux allégements de charges simplifié pour le PME ; des règles spécifiques en matière de repos compensateur pour les entreprises de dix salariés et moins. Au-delà des souplesses déjà inscrites dans la loi, et pour répondre aux inquiétudes exprimées par les chefs d'entreprise, le Gouvernement a décidé de mesures complémentaires pour accompagner les petites entreprises dans leur passage à 35 heures et leur donner plus de sécurité. La loi en vigueur prévoit déjà que les heures supplémentaires ne seront imputées sur le contingent qu'au-delà de la 37e heure en 2002, de la 36e en 2003 et de la 35e en 2004. De même, le taux de bonification sera de 10 % en 2002 au lieu de 25 %. Le décret du 15 octobre 2001 n° 2001-941 relatif à la fixation du contingent d'heures supplémentaires (prévu à l'article L. 212-6 du code du travail et modifiant ce code) instaure de plus une extension transitoire du contingent d'heures supplémentaires qui permet de faire face au passage à 35 heures de la durée légale, selon un calendrier qui s'étend jusqu'en 2004 : 180 heures par an et par salarié en 2002 (au lieu de 130 heures), 170 heures en 2003, 130 heures en 2004 (retour au droit commun). Cette mesure a une portée concrète pour les petites entreprises car le contingent détermine le seuil au-delà duquel se créent des droits à repos compensateur obligatoire. Ce même seuil déclenche l'intervention de l'inspecteur du travail pour autoriser le recours aux heures supplémentaires. Par ailleurs, la circulaire du ministère de l'emploi et de la solidarité n° 2001-35 du 17 octobre 2001, aménage les modalités de maintien des aides de l'Etat aux entreprises ayant réduit leur temps de travail et devant faire face à des difficultés particulières ou à des situations exceptionnelles. Les entreprises qui ont recours à des heures supplémentaires, ou qui ne peuvent respecter leurs engagements en terme d'emploi pour une période déterminée, peuvent conserver le bénéfice des aides à la RTT dès lors qu'elles justifient d'à-coups dans la charge de travail, de difficultés de recrutement ou se trouvent confrontées à des situations tel, par exemple, le passage à l'euro. Près de 7 500 000 salariés du secteur privé sont déjà concernés par la réduction négociée du temps de travail à 35 heures par semaine. C'est ainsi que 380 000 emplois ont été créés ou préservés depuis 1997. Près de 94 000 entreprises sont déjà passées aux 35 heures, dont plus de la moitié sont des PME qui ont anticipé l'échéance du 1er janvier prochain. La conjoncture actuelle rend d'autant plus nécessaires les créations d'emplois qu'apporte la réduction du temps de travail. Le Gouvernement est déterminé à poursuivre ce processus conformément au calendrier prévu par la loi, avec pragmatisme, tout en gardant le cap sur l'objectif de création d'emploi, d'amélioration de la qualité de vie et de la compétitivité des entreprises.

Données clés

Auteur : M. Roland Francisci

Type de question : Question écrite

Rubrique : Entreprises

Ministère interrogé : emploi et solidarité

Ministère répondant : emploi et solidarité

Signalement : Question signalée au Gouvernement le 26 novembre 2001

Dates :
Question publiée le 23 juillet 2001
Réponse publiée le 3 décembre 2001

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