sécurité des biens et des personnes
Question de :
M. Thierry Mariani
Vaucluse (4e circonscription) - Rassemblement pour la République
M. Thierry Mariani appelle l'attention de M. le ministre de l'intérieur sur la nécessité de prendre des mesures ambitieuses afin de renforcer les effectifs des forces de l'ordre. En effet, comme l'a souligné le Président de la République dans son allocution du 14 juillet 2001, la France fait face à une inquiétante aggravation de l'insécurité. Elle est, dans ce domaine, passée devant les Etats-Unis, ce qui impose de donner un coup d'arrêt à la délinquance. Les chiffres sont d'ailleurs très explicites : les actes de délinquance ont encore progressé de 12 % sur le seul premier trimestre 2001. Au regard de ces éléments, les récentes annonces du ministre de l'intérieur concernant le budget pour 2002 de son ministère sont particulièrement décevantes. Ainsi, s'il prévoit une augmentation de ce budget de 4 % et une création de 3 000 postes de policiers supplémentaires, on se rend compte qu'il s'agit, en réalité, d'un simple effet d'annonce. Ces mesures ne résistent pas à un examen plus attentif. Tout d'abord, si l'on divise simplement le nombre des emplois programmés par département, on parvient tout juste à une trentaine de policiers en plus. Ramenées à l'échelle du territoire, ces créations de postes apparaissent donc dérisoires : comment 30 policiers de plus par département pourraient, à eux seuls, mettre fin aux violences ? Par ailleurs, plusieurs éléments viennent réduire les effets positifs d'une telle création de postes. Il faut bien prendre en compte les départs en retraite, l'application prochaine des 35 heures, les réductions de 1 428 emplois parmi les effectifs de la police nationale décidées dans le précédent budget, l'abandon par le Gouvernement du recrutement de 5 000 agents administratifs et techniques comme le stipulait la loi d'orientation et de programmation de 1995. On risque même d'aboutir, au final, à une diminution du nombre total des forces de l'ordre. En outre, comme l'a souligné un récent rapport, l'accent mis sur la police de proximité n'est pas concluant. Malgré leur bonne volonté, les adjoints de sécurité ou les gardiens de la paix n'ont pas une formation adaptée à la dégradation de la situation. Il lui demande donc de prendre des mesures plus ambitieuses, à savoir recruter un nombre plus élevé de professionnels et donner enfin à l'ensemble des forces de l'ordre les moyens de fonctionner. Il souhaite également obtenir un comparatif précis entre les créations nettes de postes, tous grades confondus, et les départs qui ont eu lieu, dans la police nationale et la gendarmerie. Il précise vouloir être informé des chiffres portant sur les quatre dernières années et concernant l'ensemble des circonscriptions de police de la France métropolitaine et des départements d'outre-mer.
Réponse publiée le 21 janvier 2002
Les objectifs poursuivis en matière de recrutement et d'affectation de fonctionnaires actifs de la police nationale s'articulent autour des axes suivants. Tout d'abord, l'accroissement des effectifs opérationnels a été poursuivi et renforcé, en vue, non seulement d'assurer le remplacement des personnels admis à faire valoir leurs droits à la retraite, mais également, de garantir une disponibilité suffisante d'effectifs dans les services, dans la perspective de la généralisation de la mise en oeuvre de la police de proximité. En outre, et concomitamment, le processus d'augmentation des effectifs de fonctionnaires administratifs, techniques et scientifiques de la police nationale a été poursuivi, afin d'assurer le remplacement progressif des fonctionnaires actifs exerçant des fonctions non opérationnelles dans les services de la police nationale. Depuis 1997, la police nationale a bénéficié d'une augmentation significative du nombre d'emplois de fonctionnaires actifs. En particulier, 5 200 emplois supplémentaires de gardiens de la paix ont été créés depuis cette date, auxquels il convient d'ajouter 20 000 postes d'adjoints de sécurité, pérennisés en 2001, et 1 100 emplois de personnels administratifs, techniques et scientifiques. Précisément les trois tableaux joints ci-après en annexe font apparaître, pour chacun des corps ou groupes de corps de la police nationale, l'évolution des flux de recrutements et des départs intervenus depuis 1997, ainsi que le bilan en la matière à l'issue de la période considérée. Pour l'année 2002, le projet de loi de finances traduit, en particulier, un effort considérable en matière d'accroissement des effectifs. Il prévoit ainsi la création de 2 700 emplois dans le corps de maîtrise et d'application de la police nationale (gardiens de la paix et brigadiers), ainsi que celle de près de 300 emplois de personnels administratifs, techniques, scientifiques et spécialisés au cours des exercices budgétaires à venir. Par ailleurs, le processus de mise en oeuvre de certaines fonctions ou opérations à caractère technique, telles que l'entretien et la gestion automobiles, mais également la maintenance informatique, a été poursuivi. Les expériences menées à cette fin à l'échelon des secrétariats généraux pour l'administration de la police (SGAP) ont été poursuivies et seront prochainement étendues, notamment dans le SGAP de Paris, par le biais du recours à une procédure de marché public. Enfin, des dispositions ont déjà été prises, et seront poursuivies, en vue de renforcer la présence effective des fonctionnaires actifs sur le terrain, en particulier dans les circonscriptions les plus sensibles. Ce redéploiement s'effectue par le biais de la généralisation de la police de proximité, qui doit être achevée d'ici à 2002, ainsi que par le mécanisme de la fidélisation d'unités de forces mobiles, pour un volume d'effectifs de compagnies républicaines de sécurité d'environ 1 300 personnes, ce chiffre devant s'élever à 1 500 environ d'ici au début 2002. La mise en place du dispositif de fidélisation des forces mobiles, décidéee par le conseil de sécurité intérieure du 19 avril 1999, a permis de réaffecter dans les sevrices (ou unités) de police de proximité, des fonctionnaires de sécurité publique issus le plus souvent d'unités départementales chargées de missions d'ordre public. Cinq compagnies républicaines de sécurité (effectif opérationnel 80 pour une compagnie), huit détachements à résidence (effectif opérationnel 41 pour un détachement) et neuf escadrons de gendarmerie mobile (effectif opérationnel 40 par escadron en zone de police d'Etat) ont ainsi été fidélisés en deux vagues successives (octobre 1999 et décembre 2000) dans 20 des 26 départements les plus sensibles. La troisième vague débutera d'ici la fin de l'année 2001. La perspective de la diminution du nombre de missions non opérationnelles exercées par les fonctionnaires actifs - telles que la garde des détenus hospitalisés - ou de gardes statiques, devrait contribuer, à terme, à réaffecter un effectif encore accru de personnels actifs sur la voie publique. ÉVOLUTION DES DÉPARTS ET DES RECRUTEMENTS POUR LES PERSONNELS DE LA POLICE NATIONALE Entre 1997 et 2000
| CORPS | DÉPARTS | RECRUTEMENTS | |||||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| 1997 | 1998 | 1999 | 2000 | Total | 1997 | 1998 | 1999 | 2000 | Total | ||
BALANCE départs arrivées | |||||||||||
| Commissaires | 93 | 90 | 80 | 91 | 354 | 51 | 58 | 50 | 51 | 210 | |
| - 144 | |||||||||||
| Officiers | 753 | 716 | 812 | 820 | 3 101 | 402 | 346 | 388 | 398 | 1 534 | - 1 567 |
| Gradés et gardiens | 3 494 | 4 514 | 4 514 | 4 247 | 16 769 | 4 257 | 4 829 | 6 131 | 5 665 | 20 882 | + 4 113 |
| Administratifs | 255 | 204 | 225 | 232 | 916 | 553 | 397 | 460 | 1 148 | 2 558 | + 1 642 |
| Total | 4 595 | 5 524 | 5 631 | 5 390 | 21 140 | 5 263 | 5 630 | 7 029 | 7 262 | 25 184 | + 4 044 |
| CORPS | DÉPARTS | 1997 | 1998 | 1999 | 2000 | TOTAL |
|---|---|---|---|---|---|---|
| Retraites | 85 | 85 | 75 | 84 | 329 | |
| Commissaires | Autres | 8 | 5 | 5 | 7 | 25 |
| Total | 93 | 90 | 80 | 91 | 354 | |
| Retraites | 631 | 619 | 738 | 771 | 2 759 | |
| Officiers | Autres | 122 | 97 | 74 | 49 | 342 |
| Total | 753 | 716 | 812 | 820 | 3 101 | |
| Retraites | 2 816 | 3 826 | 3 986 | 3 805 | 14 433 | |
| Gradés et gardiens | Autres | 678 | 688 | 528 | 442 | 2 336 |
| Total | 3 494 | 4 514 | 4 514 | 4 247 | 16 769 | |
| Retraites | 176 | 153 | 147 | 136 | 612 | |
| Administratifs | Autres | 79 | 51 | 78 | 96 | 304 |
| Total | 255 | 204 | 225 | 232 | 916 | |
| Retraites | 3 708 | 4 683 | 4 946 | 4 796 | 18 133 | |
| Total général | Autres | 887 | 841 | 685 | 594 | 3 007 |
| Total | 4 595 | 5 524 | 5 631 | 5 390 | 21 140 |
| CORPS | 1997 | 1998 | 1999 | 2000 | TOTAL |
|---|---|---|---|---|---|
| Commissaires | 51 | 58 | 50 | 51 | 210 |
| Officiers | 402 | 346 | 388 | 398 | 1 534 |
| Gradés et gardiens | 4 257 | 4 829 | 6 131 | 5 665 | 20 882 |
| Administratifs | 553 | 397 | 460 | 1 148 | 2 558 |
| Total | 5 263 | 5 630 | 7 029 | 7 262 | 25 184 |
Auteur : M. Thierry Mariani
Type de question : Question écrite
Rubrique : Sécurité publique
Ministère interrogé : intérieur
Ministère répondant : intérieur
Renouvellement : Question renouvelée le 17 décembre 2001
Dates :
Question publiée le 23 juillet 2001
Réponse publiée le 21 janvier 2002