Question écrite n° 7906 :
fédération nationale des sourds de France

11e Législature

Question de : M. Claude Goasguen
Paris (14e circonscription) - Union pour la démocratie française

M. Claude Goasguen attire l'attention de Mme la ministre de l'emploi et de la solidarité sur la situation de la Fédération nationale des sourds de France. En effet, en l'absence de soutien financier - la subvention annuelle de fonctionnement est de 90 000 francs par an -, la Fédération nationale des sourds de France est dans l'incapacité d'assurer la mission d'aide à la compensation du handicap de communication qu'aucun organisme ne prend en charge. En vertu de l'article 23 du code de procédure civile, la présence d'un interprète est exigée lorsque le juge ne comprend pas la langue d'une partie mais cet article n'est jamais appliqué faute de financement. L'AGEFIPH en charge de l'argent du handicap se refuse à verser la moindre somme au titre de l'interprétariat. Faute de moyens, les sourds doivent se débrouiller dans tous les actes importants de la vie sociale. La mise en place d'un chèque interprète pour les sourds ou d'une mesure de financement d'heures d'interprétariat permettrait de rétablir au profit des sourds l'application du principe d'égalité entre les citoyens. Il lui demande de bien vouloir lui indiquer quels moyens seront donnés à la communauté sourde afin de la rétablir dans ses droits.

Réponse publiée le 25 mai 1998

L'honorable parlementaire appelle l'attention de Mme la ministre de l'emploi et de la solidarité sur les graves difficultés financières que connaît la Fédération nationale des sourds de France (FNSF) et sur la politique à mettre en oeuvre en faveur de la population sourde. L'existence de la FNSF est aujourd'hui menacée par la dégradation importante de sa situation financière. Pourtant, cette association bénéficie depuis de nombreuses années d'un soutien financier du ministère chargé des affaires sociales par voie de subvention au titre du fonctionnement et pour la réalisation de divers programmes. Dès lors, cette situation ne peut en aucun cas être attribuée à une défaillance des pouvoirs publics mais bien à l'association qui semble avoir mené une politique d'expansion trop rapide et non maîtrisée qui met maintenant en péril son existence. S'agissant d'une association régie par la loi de 1901, il n'était pas possible à l'Etat de s'immiscer directement dans ce qui relevait de la responsabilité de ses administrateurs. On peu en effet s'interroger sur la pertinence de certains choix faits depuis plusieurs années par la FNSF et sur les compétences dont elle s'est entourée pour mettre en oeuvre sa politique. Une aide financière exceptionnelle de l'Etat ne pourrait être que limitée et son efficacité pour relancer l'association sur des bases saines serait sans doute insuffisante compte tenu de l'importance du passif à apurer, tout en risquant d'être préjudiciable aux autres acteurs du secteur handicap qui portent des actions tout aussi prioritaires. Néanmoins, le Gouvernement est très attaché à ce que les personnes sourdes, qui avaient mis leur confiance dans cette association pour porter leurs aspirations et leurs revendications et mener des actions concrètes, puissent disposer, de même que les pouvoirs publics, d'un organisme fédérateur au plan national et représentatif de leur approche spécifique. Toute solution répondant à cet objectif, dès lors qu'elle offrirait les garanties nécessaires de sérieux dans la gestion des fonds publics accordés, serait alors très attentivement étudiée et, le cas échéant, soutenue. Enfin, le Gouvernement est conscient des difficultés importantes que rencontrent les personnes sourdes dans leur vie quotidienne, notamment du fait de l'insuffisance des aides au financement des interprètes en langue des signes, en particulier en cas d'action en justice, difficultés aggravées par les effets de l'évolution accélérée des modes de communication. C'est la raison pour laquelle il a confié à Mme Dominique Gillot, député du Val-d'Oise, une mission d'analyse et de propositions sur ce sujet afin d'étayer de nouvelles orientations de la politique gouvernementale pour une meilleure insertion des sourds dans la société.

Données clés

Auteur : M. Claude Goasguen

Type de question : Question écrite

Rubrique : Associations

Ministère interrogé : emploi et solidarité

Ministère répondant : emploi et solidarité

Dates :
Question publiée le 15 décembre 1997
Réponse publiée le 25 mai 1998

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