Question écrite n° 843 :
facturation

11e Législature

Question de : M. Henri d'Attilio
Bouches-du-Rhône (12e circonscription) - Socialiste

M. Henri d'Attilio attire l'attention de Mme le ministre de l'aménagement du territoire et de l'environnement sur la répercussion de la taxe sur les voies navigables sur les factures d'eau des usagers. En effet, le décret n° 93-630 du 27 mars 1993 stipule dans son article 1er que « la contre-valeur de la taxe due à Voies navigables de France par les titulaires d'ouvrages de prise d'eau, rejet d'eau ou autres ouvrages hydrauliques (...) peut, sur décision de la collectivité publique ou de l'établissement public compétent, être répercutée en tout ou partie sur chaque usager des services publics de distribution d'eau et d'assainissement, sous la forme d'un supplément au prix du mètre cube d'eau ». Cette taxe représente une taxe supplémentaire sur les factures d'eau qui en comportent déjà beaucoup, à tel point que de nombreux maires se sont déjà élevés contre cette application et refusent de la faire payer à leurs administrés. Il lui demande de bien vouloir envisager la suppression de cette taxe sur les voies navigables des factures d'eau des usagers.

Réponse publiée le 15 septembre 1997

Mme la ministre de l'aménagement du territoire et de l'environnement a pris connaissance, avec intérêt, de la question posée par l'honorable parlementaire concernant les problèmes de la répercussion de la taxe sur les voies navigables sur les factures d'eau des usagers. L'entretien et la gestion des voies navigables, assurés auparavant directement par l'Etat, ont été confiés à un établissement public de l'Etat, créé spécialement à cet effet : Voies navigables de France (VNF). L'entretien des voies navigables avait été longtemps délaissé, en raison de la baisse du trafic liée à la concurrence du chemin de fer puis de la route. Le réseau, vétuste, ne respectait pas toujours les normes de sécurité. Or, le manque d'entretien est parfois une cause importante d'aggravation des conséquences des inondations. Pour assurer l'équilibre budgétaire de VNF, une taxe a été instituée à son profit auprès des usagers de l'eau de ces voies navigables. Elle comprend un terme fixe lié à l'occupation du domaine public et un terme proportionnel à la quantité d'eau maximale prélevable. Elle rapporte à VNF environ 500 MF par an, dont près de 400 MF payés par EDF (refroidissement des centrales nucléaires notamment). Cette taxe remplace les redevances domaniales perçues par l'Etat. Elle représente une faible part de la facture d'eau payée par les usagers (environ 0,15 % du prix pour les usagers qui l'acquittent). Il ne paraît pas anormal que les usagers de l'eau des cours d'eau navigables participent ainsi à leur entretien courant : le principe en la matière est que chacun participe à l'entretien des cours d'eau en fonction soit de l'intérêt qu'il a à la réalisation de cet entretien, soit dans la mesure où il le rend nécessaire. En revanche, il faut une décision expresse d'une collectivité publique ou d'un établissement public pour faire supporter à l'usager une taxe permettant de financer l'entretien d'ouvrages servant exclusivement à la navigation, à leur modernisation ou à la création de voies nouvelles. Il semblerait, en outre, opportun d'examiner la faisabilité du calcul de la taxe sur les quantités réelles d'eau prélevées ou consommées afin de contribuer à la lutte contre le gaspillage et au comptage des prélèvements. Enfin, et d'une manière plus générale, la ministre vous rappelle que l'évolution des voies navigables est un des sujets examinés dans le cadre du projet de schéma national d'aménagement du territoire.

Données clés

Auteur : M. Henri d'Attilio

Type de question : Question écrite

Rubrique : Eau

Ministère interrogé : aménagement du territoire et environnement

Ministère répondant : aménagement du territoire et environnement

Dates :
Question publiée le 7 juillet 1997
Réponse publiée le 15 septembre 1997

partager