Question écrite n° 27588 :
Francophonie

8e Législature

Question de : M. Houssin Pierre-Rémy
- RPR

Reponse. - Le taux d'enseignement du francais est tres different selon les regions geographiques. On s'accorde sur les pourcentages suivants d'eleves qui etudient le francais a un moment de leur scolarite, par rapport a l'ensemble de la population scolarisee dans la region ou le pays : Afrique francophone, 96 p 100 ; Amerique du Nord, 3 p 100 ; Amerique latine et Caraibes, 3 p 100. Cette repartition geographique de ceux qui apprennent le francais, tous secteurs d'enseignement confondus et quelle que soit la duree de cet enseignement, permet de faire ressortir la disparite entre l'Afrique francophone et l'Amerique, au detriment de cette derniere. En ce qui concerne l'Afrique francophone, le ministere de la cooperation poursuivra sa politique active d'enseignement du francais. En Amerique du Nord, il faut faire une distinction entre le Canada et les Etats-Unis. La defense et la diffusion du francais, au Canada, sont d'abord l'affaire des Canadiens de langue francaise eux-memes : ils s'y emploient avec un talent reconnu. Un projet de loi de juin 1987 vient de renforcer le role de notre langue en tant que langue officielle. Il vise a rendre plus contraignantes les dispositions de la loi linguistique jusqu'ici en vigueur. Le ministere des affaires etrangeres, pour sa part, s'attache a developper l'usage de notre langue dans les provinces anglophones ou a majorite anglophone. Il centre ses interventions sur les classes d'immersion (enseignement en francais dispense a de jeunes anglophones), autour de la formation et du perfectionnement des professeurs canadiens et de la cooperation dans le domaine des ressources educatives. Un appui de plus en plus marque est, d'autre part, accorde a la cooperation interuniversitaire en constant developpement qui fait que l'on constate une nette emergence du francais dans l'enseignement superieur hors Quebec. Cet effort trouve un prolongement dans des accords dans le domaine de la terminologie et les banques de donnees. Aux Etats-Unis ou il n'existe aucune politique globale d'enseignement des langues, on prend conscience de l'interet de developper l'heritage etranger et de l'avenir d'un certain plurilinguisme. Face a cette situation - notre langue est une matiere facultative a tous les niveaux - nous disposons d'un atout : le dynamisme des enseignants americains de francais susceptible de jouer un role d'impulsion et de mobilisation. Notre politique consiste a rechercher les effets multiplicateurs, a articuler des reseaux soigneusement relies, et a combiner des actions de relations humaines d'information et de documentation qui ne negligent ni les chefs de file, ni les relais intermediaires, ni la grande masse des enseignants et des eleves. Une serie de mesures repondent a ces orientations : intensification de nos relations avec les grands reseaux associatifs ou officiels a travers des operations de formation de professeurs, promotion et diffusion de documents pedagogiques. Enfin, la France s'efforce de creer un reseau de diffusion documentaire par satellite. En Amerique centrale, l'omnipresence des medias d'Amerique du Nord et l'hegemonie du modele qu'ils vehiculent reduisent nos possibilites d'intervention. L'anglais est la seule langue enseignee dans l'enseignement secondaire. L'espoir de developpement du francais se fonde sur les etablissements a programme francais et sur un reseau d'Alliances francaises pour lesquels le budget consacre par le ministere des affaires etrangeres a augmente de plus de 3 p 100. La situation dans les Caraibes anglophones est assez semblable : la proximite des Etats-Unis, l'aide economique apportee par ce pays a la region et l'attraction qui s'ensuit, l'acces direct par satellites aux chaines televisees nord-americaines rendent difficile notre action. Cependant, repondant a un voeu des autorites de la Jamaique, une enquete est en cours pour faire le point sur la situation du francais. Nous en attendons les resultats pour definir de nouvelles orientations d'intervention. En Caraibe hispanophone, la priorite du francais est nettement meilleure en Republique dominicaine (95 p 100 des eleves le choisissent en deuxieme langue). A Cuba, ou le russe predomine, le nouveau schema, a l'etude, de l'enseignement des langues etrangeres doit favoriser le developpement du francais. Le ministere des affaires etrangeres accorde, traditionnellement, une grande attention a la situation du francais en Amerique latine. En 1987 encore il consacre 41 p 100 de l'enveloppe totale de la direction generale des relations culturelles, scientifiques et techniques aux dix-huit etablissements scolaires a programme francais et a la politique linguistique en Amerique du Sud. Il entend poursuivre cet effort mais avec la volonte de relever notre action et de mieux l'integrer sur le plan universitaire. Il compte, en particulier, developper des filieres francaises dans l'enseignement superieur et relever le niveau de nos lecteurs, surtout dans les universites les plus prestigieuses. Il entend, en outre, progressivement mettre en place une releve de nos professeurs detaches par leurs collegues recrutes locaux qui beneficieront de stages organises specialement en France a leur intention, se verraient confier des responsabilites nouvelles et seraient retribues en consequence. Le ministere des affaires etrangeres souhaite, en outre, accorder un soin particulierement attentif aux anciens eleves de nos etablissements. Quelques bourses seront mises a la disposition d'anciens eleves de nos lycees pour un DEA en France des cette annee. Ces mesures seront progressivement etendues.

Réponse publiée le 11 janvier 1988

Reponse. - Le taux d'enseignement du francais est tres different selon les regions geographiques. On s'accorde sur les pourcentages suivants d'eleves qui etudient le francais a un moment de leur scolarite, par rapport a l'ensemble de la population scolarisee dans la region ou le pays : Afrique francophone, 96 p 100 ; Amerique du Nord, 3 p 100 ; Amerique latine et Caraibes, 3 p 100. Cette repartition geographique de ceux qui apprennent le francais, tous secteurs d'enseignement confondus et quelle que soit la duree de cet enseignement, permet de faire ressortir la disparite entre l'Afrique francophone et l'Amerique, au detriment de cette derniere. En ce qui concerne l'Afrique francophone, le ministere de la cooperation poursuivra sa politique active d'enseignement du francais. En Amerique du Nord, il faut faire une distinction entre le Canada et les Etats-Unis. La defense et la diffusion du francais, au Canada, sont d'abord l'affaire des Canadiens de langue francaise eux-memes : ils s'y emploient avec un talent reconnu. Un projet de loi de juin 1987 vient de renforcer le role de notre langue en tant que langue officielle. Il vise a rendre plus contraignantes les dispositions de la loi linguistique jusqu'ici en vigueur. Le ministere des affaires etrangeres, pour sa part, s'attache a developper l'usage de notre langue dans les provinces anglophones ou a majorite anglophone. Il centre ses interventions sur les classes d'immersion (enseignement en francais dispense a de jeunes anglophones), autour de la formation et du perfectionnement des professeurs canadiens et de la cooperation dans le domaine des ressources educatives. Un appui de plus en plus marque est, d'autre part, accorde a la cooperation interuniversitaire en constant developpement qui fait que l'on constate une nette emergence du francais dans l'enseignement superieur hors Quebec. Cet effort trouve un prolongement dans des accords dans le domaine de la terminologie et les banques de donnees. Aux Etats-Unis ou il n'existe aucune politique globale d'enseignement des langues, on prend conscience de l'interet de developper l'heritage etranger et de l'avenir d'un certain plurilinguisme. Face a cette situation - notre langue est une matiere facultative a tous les niveaux - nous disposons d'un atout : le dynamisme des enseignants americains de francais susceptible de jouer un role d'impulsion et de mobilisation. Notre politique consiste a rechercher les effets multiplicateurs, a articuler des reseaux soigneusement relies, et a combiner des actions de relations humaines d'information et de documentation qui ne negligent ni les chefs de file, ni les relais intermediaires, ni la grande masse des enseignants et des eleves. Une serie de mesures repondent a ces orientations : intensification de nos relations avec les grands reseaux associatifs ou officiels a travers des operations de formation de professeurs, promotion et diffusion de documents pedagogiques. Enfin, la France s'efforce de creer un reseau de diffusion documentaire par satellite. En Amerique centrale, l'omnipresence des medias d'Amerique du Nord et l'hegemonie du modele qu'ils vehiculent reduisent nos possibilites d'intervention. L'anglais est la seule langue enseignee dans l'enseignement secondaire. L'espoir de developpement du francais se fonde sur les etablissements a programme francais et sur un reseau d'Alliances francaises pour lesquels le budget consacre par le ministere des affaires etrangeres a augmente de plus de 3 p 100. La situation dans les Caraibes anglophones est assez semblable : la proximite des Etats-Unis, l'aide economique apportee par ce pays a la region et l'attraction qui s'ensuit, l'acces direct par satellites aux chaines televisees nord-americaines rendent difficile notre action. Cependant, repondant a un voeu des autorites de la Jamaique, une enquete est en cours pour faire le point sur la situation du francais. Nous en attendons les resultats pour definir de nouvelles orientations d'intervention. En Caraibe hispanophone, la priorite du francais est nettement meilleure en Republique dominicaine (95 p 100 des eleves le choisissent en deuxieme langue). A Cuba, ou le russe predomine, le nouveau schema, a l'etude, de l'enseignement des langues etrangeres doit favoriser le developpement du francais. Le ministere des affaires etrangeres accorde, traditionnellement, une grande attention a la situation du francais en Amerique latine. En 1987 encore il consacre 41 p 100 de l'enveloppe totale de la direction generale des relations culturelles, scientifiques et techniques aux dix-huit etablissements scolaires a programme francais et a la politique linguistique en Amerique du Sud. Il entend poursuivre cet effort mais avec la volonte de relever notre action et de mieux l'integrer sur le plan universitaire. Il compte, en particulier, developper des filieres francaises dans l'enseignement superieur et relever le niveau de nos lecteurs, surtout dans les universites les plus prestigieuses. Il entend, en outre, progressivement mettre en place une releve de nos professeurs detaches par leurs collegues recrutes locaux qui beneficieront de stages organises specialement en France a leur intention, se verraient confier des responsabilites nouvelles et seraient retribues en consequence. Le ministere des affaires etrangeres souhaite, en outre, accorder un soin particulierement attentif aux anciens eleves de nos etablissements. Quelques bourses seront mises a la disposition d'anciens eleves de nos lycees pour un DEA en France des cette annee. Ces mesures seront progressivement etendues.

Données clés

Auteur : M. Houssin Pierre-Rémy

Type de question : Question écrite

Rubrique : Politique exterieure

Ministère interrogé : francophonie

Ministère répondant : francophonie

Dates :
Question publiée le 6 juillet 1987
Réponse publiée le 11 janvier 1988

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