Afrique du Sud
Question de :
M. Dumas Roland
- SOC
M Roland Dumas rappelle que l'annonce de l'execution prochaine en Afrique du Sud de six ressortissants noirs condamnes a mort a souleve dans le monde entier une vague de protestations unanimes et une serie d'interventions en vue de retarder cette execution et d'obtenir la grace des condamnes de Sharpeville. Il s'etonne que le Gouvernement ait choisi ce moment, ou l'emotion et la reprobation de l'opinion internationale grandissent au fur et a mesure que se rapproche le jour de l'execution, pour renforcer ses liens avec le Gouvernement d'Afrique du Sud, en vue d'accroitre ses echanges avec le regime de Pretoria dans des domaines particulierement sensibles. Et il demande a M le Premier ministre : 1o s'il est exact que le 12 mars 1988 deux representants officiels du Gouvernement francais ont rencontre, a Roissy, M Pick Botha, en vue de conclure de nouveaux accords de livraison de charbon a l'Afrique du Sud, et cela par l'intermediaire d'un pays tiers ; 2o s'il est exact que, le meme jour et dans les memes circonstances, deux hauts fonctionnaires du ministere des affaires etrangeres ont remis a leurs homologues du ministere sud-africain un message destine a M Pither Botha sur la situation en Angola et au Mozambique ; 3o dans cette hypothese, il lui demande de bien vouloir lui faire connaitre la teneur de ce message ; 4o s'il est exact que le Gouvernement francais a envisage de permettre que soient formes dans notre pays des pilotes de Mirage et d'helicoptere de combat appeles a servir dans l'armee sud-africaine.
Réponse publiée le 25 avril 1988
Reponse. - Le Gouvernement met en oeuvre, a l'egard de l'Afrique du Sud, une politique a la fois ferme et realiste, qui allie les pressions d'ordre economique et la poursuite d'un dialogue souhaite par tous les Etats de la region et destine a favoriser des solutions de paix en Afrique australe. C'est dans cet esprit, et pour repondre a une demande expresse des presidents Chissano du Mozambique et Dos Santos d'Angola, que le ministre des affaires etrangeres a charge deux de ses collaborateurs de transmettre au ministre sud-africain des affaires etrangeres, M Pik Botha, a l'occasion d'une escale a Paris le 13 mars 1988, un message soulignant la volonte des dirigeants de Maputo et de Luanda de rechercher une solution politique garantissant la paix et la stabilite en Afrique australe. En ce qui concerne les importations de charbon d'Afrique du Sud, la decision prise a titre national, en 1985, de ne pas autoriser la conclusion de nouveaux contrats avec ce pays a ete strictement maintenue par le Gouvernement actuel. S'agissant, enfin, du domaine militaire, le Gouvernement respecte scrupuleusement la politique qui a ete fixee de longue date et s'interdit toute forme de cooperation avec l'Afrique du Sud. C'est ainsi qu'il a ete recemment refuse de donner suite aux demandes de formation presentees en faveur de membres de South Africain Air Force ou de societes ayant un lien avec l'armee sud-africaine.
Auteur : M. Dumas Roland
Type de question : Question écrite
Rubrique : Politique exterieure
Ministère interrogé : Service du Premier Ministre
Ministère répondant : affaires étrangères
Dates :
Question publiée le 28 mars 1988
Réponse publiée le 25 avril 1988