Etablissements d'accueil
Question de :
M. Vasseur Philippe
- Union pour la démocratie française
M Philippe Vasseur appelle l'attention de M le ministre de la solidarite, de la sante et de la protection sociale, porte-parole du Gouvernement sur les conditions de fonctionnement de plusieurs maisons de retraite pour personnes agees, dont la grande presse s'est faite l'echo. C'est ainsi que dans la region Nord - Pas-de-Calais les deux gerants d'une maison de retraite pour personnes agees viennent d'etre inculpes de vols, extorsion de signature, abus de confiance, exercice illegal de la medecine et de la profession d'infirmier, ouverture sans autorisation d'une institution medico-sociale et non-assistance a personne en danger. D'autres personnes ont, dans le cadre de l'instruction en cours, ete inculpees de complicite et d'abus de confiance. Il lui demande de lui indiquer s'il ne lui parait pas particulierement choquant, en cette fin deXXe siecle, que puissent fonctionner des maisons de retraite pour personnes agees sans que les diverses autorisations de fonctionnement et controles medicaux et legaux soient assures dans des conditions normales. Il lui demande, par ailleurs, s'il ne lui semble pas opportun, dans les meilleurs delais, de decider la mise en place de missions de controle exceptionnelles afin de mettre fin aux abus tels que ceux qui ont pu etre constates dans plusieurs maisons de retraite pour personnes agees, dans des conditions qui deshonorent une societe qui se veut, a juste titre, accueillante pour tous, et notamment pour les personnes du troisieme et du quatrieme ages.
Réponse du Gouvernement :
Reponse. - Ainsi que l'expose l'honorable parlementaire, il est choquant que des promoteurs peu scrupuleux ouvrent sans autorisation des structures d'accueil fonctionnant dans des conditions qui deshonorent la societe. La loi relative aux institutions sociales et medico-sociales a mis en place une procedure visant notamment a s'assurer des garanties techniques, financieres et morales du promoteur et eventuellement de la personne responsable de l'execution du projet. Or, ainsi que l'ont demontre de recentes affaires, certains promoteurs cherchent par tous les moyens, et ce malgre les sanctions prevues par la loi, a echapper a cette procedure dont la consequence est un eventuel refus et, en cas d'autorisation, l'exercice de controles. Cependant, il faut bien admettre que ces structures ne peuvent fonctionner que parce qu'elles trouvent une clientele. C'est pourquoi il appartient aux presidents de conseils generaux, competents depuis la decentralisation, de mettre en place, avec les autres acteurs locaux, un systeme d'investigation permettant de connaitre, des l'origine, les structures ouvertes sans autorisation. Il leur appartient egalement de saisir le prefet pour que soient deferes devant le tribunal les promoteurs refusant de se soumettre a la reglementation applicable en ce domaine. Il convient, en effet, de faire jouer les garanties prevues par le legislateur afin d'eviter des affaires telles que celles mises a jour recemment. J'ai, pour ma part, demande a l'inspection generale des affaires sociales de proceder a des missions inopinees sur les etablissements ou services sanitaires ou medico-sociaux, pour personnes agees et pour adultes handicapes, dans differents departements. Ces missions, qui, dans le respect des principes de la decentralisation, s'articulent avec les services des presidents de conseils generaux et tiennent compte des enquetes locales, s'attachent au controle de la qualite des conditions d'accueil des personnes hebergees mais aussi a l'analyse des agrements des institutions inspectees, et du respect des recommandations ministerielles en matiere de reglements interieurs. A l'issue, il sera etabli un rapport avec des propositions en vue de l'amelioration du service rendu aux populations hebergees.
Auteur : M. Vasseur Philippe
Type de question : Question écrite
Rubrique : Personnes agees
Ministère interrogé : solidarité,santé et protection sociale,porte-parole du gouvern
Ministère répondant : personnes âgées
Date :
Question publiée le 1er août 1988