Elections municipales
Question de :
M. Masson Jean-Louis
- Rassemblement pour la République
M Jean-Louis Masson rappelle a M le ministre de l'interieur que, par question ecrite no 668 du 28 juillet 1986, il attirait l'attention de son predecesseur sur l'application du nouveau mode de scrutin prevu pour les elections municipales, qui peut conduire a l'election sur deux listes differentes de deux personnes ayant des liens de parente directe et tombant donc sous le coup des regles d'incompatibilite prevues a l'article L 238 du code electoral. Il souhaitait qu'il lui indique, dans ce cas, quel est celui des deux candidats elus qui doit abandonner son mandat. Dans l'hypothese ou, d'ores et deja, il y aurait une jurisprudence du Conseil d'Etat en la matiere, il souhaitait qu'il lui indique combien de fois une situation de ce type a pu etre constatee a l'issue des elections municipales de 1983. En outre, il souhaitait egalement qu'il lui indique s'il ne pense pas que la situation ainsi creee est a l'origine d'inconvenients graves lorsque, par exemple, l'elimination de l'un des candidats elus porte sur le candidat qui etait tete de liste et qui avait donc vocation directe a representer l'une des tendances politiques de la commune. Or la reponse ministerielle (Journal officiel, Assemblee nationale, Debats parlementaires, questions du 1er septembre 1986) precise pour l'essentiel que les cas evoques sont « exceptionnels » et qu'en outre le nouveau mode de scrutin ne s'applique que dans l'hypothese ou « une liste aurait ete tres minoritaire ». Cette analyse ne semble pas exacte puisqu'une liste peut tres bien avoir obtenu 49 p 100 des suffrages et donc n'etre en aucun cas tres minoritaire. Dans le cas d'espece, il semble donc anormal qu'il puisse y avoir une elimination automatique de l'elu tete de liste. En tout etat de cause, il souhaiterait qu'il lui indique s'il estime qu'il est necessaire de maintenir une incompatibilite d'ordre familial dans les communes de plus de 3 500 habitants entre des personnes elues sur des liste opposees. Il desirerait qu'il lui precise, le cas echeant, quels sont les arguments qui justifient cette solution et de ce fait un traitement different entre un frere et une soeur qui seraient frappes par des regles d'incompatibilite et un mari et son epouse qui ne le seraient pas.
Réponse du Gouvernement :
Reponse. - Il ne peut qu'etre confirme a l'auteur de la question les termes de la reponse apportee a sa precedente question no 6684 posee le 28 juillet 1986. Les incompatibilites familiales edictees par l'article L 238 du code electoral ont une portee generale et concernent donc toutes les communes, qu'elles aient plus ou moins de 3 500 habitants. Dans ces conditions, l'introduction d'un nouveau mode de scrutin pour l'election des conseillers municipaux dans les communes de plus de 3 500 habitants n'a pu avoir d'effet sur les consequences de cette disposition. Il est de fait que, lorsque les parents au degre prohibe sont elus sur des listes differentes, elle peut entrainer l'exclusion du conseil municipal de celui qui conduisait la liste minoritaire, alors meme que celle-ci aurait rassemble 49 p 100 des voix. Mais il faut considerer que, dans une commune de moins de 3 500 habitants, le conseiller elimine par le jeu des dispositions de l'article L 238 precite a necessairement obtenu plus de 50 p 100 des suffrages, sauf cas d'election au second tour avec plus de deux listes restees en competition. Il demeure que, a l'issue des elections municipales de 1983, le Conseil d'Etat n'a eu a connaitre que d'un seul cas ou, dans une commune de plus de 3 500 habitants, un elu devait etre invalide par application des dispositions de l'article L 238. Encore l'interesse n'etait-il pas tete de liste. Quant au fondement des incompatibilites familiales prevues par ledit article, il reside dans le souci du legislateur d'eviter qu'une meme famille, par dela les clivages politiques, puisse acquerir une influence excessive dans la conduite des affaires de la collectivite. Sur ce point, la position du Gouvernement n'a pas varie depuis la reponse faite a la question no 8032 posee le 25 aout 1986 par l'honorable parlementaire.
Auteur : M. Masson Jean-Louis
Type de question : Question écrite
Rubrique : Communes
Ministère interrogé : intérieur
Ministère répondant : intérieur
Date :
Question publiée le 5 septembre 1988