Question écrite n° 2015 :
Fonctionnement

9e Législature

Question de : M. de Broissia Louis
- Rassemblement pour la République

M Louis de Broissia appelle l'attention de M le ministre des transports et de la mer sur la periode noire que vient de traverser la SNCF avec cinq accidents en sept mois causant la mort de pres de soixante personnes et en blessant quarante. Parallelement, le TGV, qui ne cesse de progresser, constitue une vitrine technologique eclatante pour les chemins de fer francais. Il craint que l'on ne s'achemine vers une SNCF a deux vitesses, celle du TGV et l'autre. En effet, meme si la direction affecte cette annee plus de 1,8 milliard de francs a la securite, il est difficile de ne pas s'inquieter devant le sort reserve a la banlieue et aux autres lignes du reseau national. Sur les 6 000 motrices du parc national, seules 1 700 seraient equipees d'un dispositif de freinage qui aurait permis d'eviter l'accident de la gare de l'Est. D'autre part, le trafic banlieue semble connaitre une veritable explosion, le nombre de voyageurs etant passe, en cinq ans, de 430 a 480 millions et devant encore augmenter de 10 a 15 p 100 par an. Les trains se suivent parfois a moins de deux minutes d'intervalle : un mouvement d'entree ou de sortie toutes les vingt secondes dans la gare Saint-Lazare, la troisieme gare au monde derriere Tokyo et Chicago. Mais si l'on parle beaucoup de la secutite des trains de banlieue, beaucoup ignorent que les memes problemes se posent aux lignes regionales. En effet, les centres regionaux qui gerent les lignes secondaires de province achetent depuis quelques annees du materiel d'occasion. De vieilles rames de la banlieue parisienne sont revendues aux regions, apres avoir ete revisees et repeintes. Certaines d'entre elles circulent par exemple aujourd'hui en Bourgogne, et bien que parfois tres rutilantes elles n'en demeurent pas moins de vieilles rames ayant deja beaucoup servi. La SNCF est confrontee a un triple defi : commercial, technologique et humain. Il est difficiles de ne pas penser que ce ne sont ni les consignes de securite devant etre suivies d'effet en quinze jours, ni le quatrieme changement de president en trois ans qui vont l'aider a reussir sa mutation. Il lui demande quelle est sa position en ce qui concerne les problemes sur lesquels il vient d'appeler son attention et quelles solutions il envisage, a court ou moyen terme, pour les resoudre.

Réponse du Gouvernement :

Reponse. - L'accroissement important du trafic voyageurs de la banlieue parisienne depuis dix ans pose a la SNCF et au syndicat des transports en Ile-de-France le probleme de l'acheminement de ceux-ci dans de bonnes conditions de confort et de securite. La SNCF a dans un premier temps augmente le nombre de voitures de ces trains, puis a ensuite accru le nombre des circulations, et enfin a du recourir au remplacement du materiel par des voitures a deux niveaux offrant une plus grande capacite. Dans un souci de bonne gestion, la SNCF a alors decide de reutiliser, les materiels ainsi liberes sur d'autres services ou le nombre de voyageurs est moins important. Ces materiels, qui sont de toute facon assez recents, se trouvent plus aptes de par leurs conceptions - larges portes d'acces et grandes plateformes - a assurer les deplacements quotidiens du matin et du soir sur les banlieues de province, que les materiels des trains rapides et express. Ils font l'objet des memes cycles normaux de revision que les materiels utilises sur la banlieue parisienne, et presentent donc des garanties equivalentes de securite. Pour ce qui est du confort offert aux voyageurs, la politique menee par la SNCF ces dernieres annees tant sur les grands parcours, avec l'arrivee des voitures Corail a partir de 1976 et des TGV depuis 1981, que sur les dessertes regionales ou circulent des autorails des series 2100 et 2200 et leurs remorques, et des automotrices electriques Z2 a partir de 1980, puis des rames reversibles depuis 1986, a contribue a en rehausser le niveau. En ce qui concerne les materiels moins recents, la SNCF a propose a ses partenaires regionaux d'apporter leur contribution financiere a une mise a niveau de leur confort, la SNCF prenant en charge la partie technique de la revision, les regions financant la partie confort et « design » de cette renovation. Il n'y a donc pas de vente a des centres regionaux pour la desserte des lignes secondaires mais amelioration du confort et de l'image de marque de ces materiels dans le cadre d'un co-financement entre la SNCF et les collectivites locales.

Données clés

Auteur : M. de Broissia Louis

Type de question : Question écrite

Rubrique : Sncf

Ministère interrogé : transports et mer

Ministère répondant : transports et mer

Date :
Question publiée le 5 septembre 1988

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