Question écrite n° 2150 :
Magistrats

9e Législature

Question de : M. Denvers Albert
- Socialiste

M Albert Denvers rappelle a M le garde des sceaux, ministre de la justice, qu'en 1958, il a ete procede, par les pouvoirs de l'Etat, a l'alignement des remunerations des magistrats sur celles des autres corps de la fonction publique. Au cours des trente annees ecoulees depuis, rien ne s'est vraiment manifeste pour atteindre ce but et la situation materielle des magistrats n'a fait que se degrader. Il lui demande de lui faire connaitre s'il a l'intention de prendre les mesures qui s'imposeraient pour que l'actuelle situation des magistrats se redresse au plus vite et que notamment le realignement de leurs indemnites de fonctions sur celles des corps comparables de l'Etat intervienne sans delai. Il souhaite que des initiatives soient prises d'une maniere plus globale au benefice des magistrats francais dont le soutien aux interets du pays se manisfeste par des efforts jamais relaches, sans cesse soutenus par la volonte qui est la leur de donner a la justice tout son sens, toute son autorite et toute son efficacite.

Réponse du Gouvernement :

Reponse. - Au plan indiciaire, la comparaison de la situation des membres du corps judiciaire avec celle des membres d'autres corps exercant des fonctions juridictionnelles ne revele pas d'inegalite de traitement au prejudice des magistrats de l'ordre judiciaire. En revanche, au fil des annees, le niveau des indemnites de fonctions allouees aux magistrats, accessoirement a leur traitement, s'est degrade. Dans le cadre du vote de la loi de finances pour 1988, le montant de la revalorisation des indemnites fixee initialement a 22 millions de francs avait pu a l'issue des debats budgetaires devant l'Assemblee nationale et le Senat etre porte a 49,6 millions de francs. Cette premiere etape a permis de porter a environ 24 p 100 le rapport moyen entre les indemnites versees aux magistrats et leur remuneration de base qui etait anterieurement de l'ordre de 19 p 100. Ainsi, il a ete possible en 1988 de retenir au profit de l'ensemble des magistrats de la Cour de cassation et des chefs de juridiction des taux de 27 ou 28 p 100 afin de mieux prendre en compte les charges que representent des fonctions judiciaires de haut niveau et comportant de lourdes responsabilites. Quant au taux indemnitaire le plus faible, il est passe de 13 a 21 p 100, realisant une amelioration notable au profit des magistrats concernes. Les efforts ainsi entrepris ont favorise un rapprochement de la situation indemnitaire des magistrats de l'ordre judiciaire de celle des agents de l'Etat appartenant a des corps de niveau comparable, sans toutefois parvenir a une equivalence de traitement. L'objectif de la chancellerie est de parvenir a un alignement du montant des indemnites des magistrats sur celles des membres d'autres corps exercant des fonctions juridictionnelles. Le projet de loi de budget pour 1989 n'a pas permis, dans un contexte de rigueur, dont l'honorable parlementaire n'ignore pas les contraintes, de prendre en compte, dans sa version actuelle, cette preoccupation essentielle.

Données clés

Auteur : M. Denvers Albert

Type de question : Question écrite

Rubrique : Magistrature

Ministère interrogé : justice

Ministère répondant : justice

Date :
Question publiée le 5 septembre 1988

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