Question écrite n° 2176 :
Lapins

9e Législature

Question de : M. Marchand Philippe
- Socialiste

M Philippe Marchand appelle l'attention de M le ministre de l'agriculture et de la foret sur les difficultes rencontrees par les eleveurs de lapins en raison des importations massives et anarchiques en provenance des pays hors de la Communaute economique europeenne. Ces importations entrainent un effondrement des cours. C'est ainsi que le cours moyen du premier trimestre 1988 etait de vingt-cinq a vingt-six francs le kilo mort a Rungis et que le cours de la derniere semaine de juin etait de dix-huit francs, soit une baisse d'environ 30 p 100. Parallelement, les abattoirs ont denonce des contrats garantissant un prix fixe ou un prix minimum au pretexte que les centrales d'achat concluent des marches selon les prix de Rungis et imposent ainsi des baisses importantes. Il est a noter que le consommateur n'enregistre pas ces fluctuations et paie le lapin entre trente-cinq francs et quarante francs le kilo, ce qui n'incite pas a la consommation. Les eleveurs sont donc dans l'obligation de commercialiser leurs lapins a moins de dix francs le kilo vif alors qu'un kilo de lapin coute a la production entre 12 et 13 francs. Si cette situation devait se perpetuer, cela occasionnerait incontestablement une veritable faillite des exploitations. Il lui demande quelles mesures il entend prendre pour permettre aux eleveurs de lapins de continuer leurs elevages notamment dans les departements de la Charente-Maritime.

Réponse du Gouvernement :

Reponse. - La production estivale de lapins de chair, traditionnellement plus elevee en cette periode, a revele cette annee le desequilibre structurel croissant de l'offre et de la demande dans cette filiere. Ainsi les augmentations des abattages controles de 3 p 100 en 1987 par rapport a 1986, puis de 4,9 p 100 au cours des cinq premiers mois de 1988 par rapport a 1987, sont a rapprocher de l'evolution de la consommation qui a diminue, durant ces memes periodes, respectivement de 3 p 100 et de 0,2 p 100. Les importations ne representent pas plus de 12 p 100 en volume de la production estimee et leur augmentation sensible de 530 tonnes durant le premier semestre de 1988 (+ 10 p 100) est a attribuer a l'augmentation des arrivages de produits congeles chinois (+ 1 200 tonnes, soit + 58 p 100 par rapport a la meme periode de 1987) principalement a usage des collectivites, donc peu concurrentiels des lapins francais. Par ailleurs, on peut constater une diminution des importations de carcasses fraiches de lapins, originaires des pays de l'Est (Pologne, Hongrie, Roumanie, Bulgarie) qui representaient 2 394 tonnes a la fin du premier semestre 1987 et seulement 1 484 tonnes pour la meme periode en 1988 (soit - 910 tonnes et - 38 p 100 par rapport a la meme periode de 1987). La consequence du desequilibre entre l'evolution des abattages controles et celle de la consommation des menages a ete une chute des prix de gros et une rupture des engagements contractuels entre les agents economiques. Les negociations engagees sous l'egide du ministere de l'agriculture ont permis de retablir le dialogue entre les familles professionnelles et d'envisager la mise en place progressive d'actions structurelles beneficiant a l'ensemble des operateurs de la filiere. Notamment les pouvoirs publics ont decide, en accord avec les familles professionnelles de ne plus publier la cotation du lapin en carcasse de Rungis, dont la reference etait contestee par les operateurs qui s'en servaient pour fixer le niveau des transactions. La mise en place d'une cotation plus representative est a l'etude dans mes services avec la participation des professionnels. L'organisation communautaire de marche pour ce secteur prevoit une libre regulation par les mecanismes du marche, sans autre intervention publique. La filiere doit donc utiliser au mieux les lois economiques regissant les rapports de l'offre et de la demande. Ainsi il est de la responsabilite des agents economiques d'eviter qu'une situation semblable a celle de ces derniers mois ne se reproduise.

Données clés

Auteur : M. Marchand Philippe

Type de question : Question écrite

Rubrique : Elevage

Ministère interrogé : agriculture et forêt

Ministère répondant : agriculture et forêt

Date :
Question publiée le 5 septembre 1988

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