Politique et reglementation
Question de :
M. Daillet Jean-Marie
- Union du Centre
M Jean-Marie Daillet demande a M le ministre du commerce exterieur s'il a pris connaissance de l'article d'Alain Vernay dans Le Figaro economique du 22 octobre 1988, intitule « les Francais perdent le metro de Shanghai », au sujet d'une accumulation d'erreurs tactiques et structurelles qui, dans ce cas precis comme en d'autres, dont lui-meme a eu parfois connaissance directe, mettent en cause l'efficacite des efforts pourtant riches que notre pays fait pour emporter des marches qui normalement lui seraient aussi accessibles qu'a d'autres en raison des competences techniques certaines des industriels francais. Il lui demande quelles mesures de « simplification des structures du commerce exterieur » il envisage pour mettre fin a l'« atomisation des responsabilites » qui conduit a d'aussi graves echecs, portant sur des contrats de plusieurs milliards de francs.
Réponse du Gouvernement :
Reponse. - Les indications recueillies a plusieurs reprises aupres des responsables chinois depuis le milieu de l'ete dernier laissent entendre que le metro de Shanghai est perdu pour l'industrie francaise. Toutefois, l'accord entre le client et les fournisseurs allemands n'est pas a ce jour definitivement finalise. En effet, si les informations disponibles actuellement confirment que les autorites de Shanghai ont pris leur decision sur la base du caractere specialement attractif du financement envisage par la RFA (element de concessionnalite « nettement superieur a 50 p 100 », ce qui revient a faire don de plus de la moitie du projet), il apparait en revanche que les discussions technico-commerciales avec les industriels ne se deroulent pas sans difficultes et que la negociation financiere elle-meme est loin d'etre bouclee. Quant a l'echec francais, a supposer qu'il soit definitivement et completement confirme, il peut s'expliquer notamment par : l'inadaptation de l'approche « cle en mains » pour les metros en Asie et qui en Chine plus qu'ailleurs n'a pas la faveur des acheteurs qui entendent reserver systematiquement a l'industrie locale une part significative des grands projets d'amenagement ; la competitivite fragile de l'industrie francaise du materiel roulant, ce secteur etant actuellement en voie de restructuration, ce qui interdit de tirer les prix a l'export. L'orientation prise par les autorites de Shanghai ne devrait pas, pour autant, nous conduire a mesestimer l'avantage indeniable dont continuent de jouir, dans la competition internationale, la technique et les prix de l'industrie francaise sur certains lots specifiques, electrification, technologies recentes en matiere de signalisation et, surtout, en matiere d'ingenierie d'ensemble pour des realisations dont la mise en oeuvre et l'exploitation constituent des operations particulierement complexes. Au total, l'affaire du metro de Shanghai doit etre davantage analysee sous l'angle de ses aspects financiers et industriels qu'imputee a des difficultes liees aux structures du commerce exterieur.
Auteur : M. Daillet Jean-Marie
Type de question : Question écrite
Rubrique : Commerce exterieur
Ministère interrogé : commerce extérieur
Ministère répondant : commerce extérieur
Date :
Question publiée le 12 septembre 1988