Question écrite n° 2319 :
Reunion : risques naturels

9e Législature

Question de : M. Legros Auguste
- Rassemblement pour la République

M Auguste Legros attire l'attention de M le secretaire charge de la prevention des risques technologiques et naturels majeurs sur le fait que le developpement des infrastructures rurales et urbaines conduisent a realiser de nombreux travaux d'amenagement fonciers a la Reunion. Il l'informe que des etudes scientifiques ont souligne la fragilite des sols dans certaines regions de l'ile et ont evoque les risques majeurs d'erosion lies au relief et aux conditions climatiques. Il lui demande de lui preciser s'il est envisage de mettre en place des moyens financiers et techniques pour realiser une action anti-erosive et de conservation des sols, notamment par la realisation de dispositifs anti-erosifs, une campagne de sensibilisation du public et de formation par des ouvrages temoins des divers intervenants et la definition d'aides financieres eventuelles pour des investissements allant dans ce sens.

Réponse du Gouvernement :

Reponse. - La constitution geologique, la topographie et les fortes precipitations du departement de la Reunion favorisent tous les processus erosifs : effondrements, glissements, ravinements, erosion superficielle. La quantite des materiaux transportes par les cours d'eau est estimee a 3 000 tonnes par kilometre carre par an, ce qui correspond a un decapage moyen annuel de 1 millimetre environ et place la Reunion parmi les regions du globe ou l'erosion est la plus active. Ces phenomenes d'erosion sont d'autant plus intenses qu'ils se produisent dans des zones deboisees, soit pour permettre des pratiques agricoles telles que le maraichage et le geranium, soit a la suite d'incendies comme il s'en est produit il y a quelques semaines. Cette evolution est tres preoccupante, d'une part, parce que le capital sol tend a diminuer et a s'appauvrir posant le probleme de la perennite de l'economie rurale actuelle, d'autre part, parce que sous l'effet des pluies et particulierement des precipitations cycloniques, ainsi charges de materiaux, les dommages aux ouvrages hydrauliques et aux infrastructures rurales s'en trouvent aggraves. A noter cependant que ces dommages ne representent qu'une faible part de l'ensemble des degats dus aux depressions cycloniques. Deux sortes de mesures doivent etre prises : a court terme, il s'agit d'examiner les consequences de l'incendie et de faire apparaitre les zones situees a l'aval particulierement vulnerables aux eaux chargees de materiaux, afin de prendre des dispositions adaptees, telles que des curages preventifs d'ouvrages hydrauliques, avant la prochaine saison cyclonique ; le secretaire d'Etat charge de la prevention des risques technologiques et naturels majeurs et le ministre de l'interieur ont decide d'aider les collectivites locales a realiser rapidement une etude permettant d'aboutir a ce resultat. A moyen et a long terme, les solutions ont ete decrites dans les conclusions d'une mission d'enquete, effectuee en fevrier-mars 1988, a la demande du ministre des departements et des territoires d'outre-mer et du ministre delegue charge de l'environnement, par MM Claude Robin, inspecteur general de l'administration, Jacques Estienne et Yves Meau, ingenieurs generaux des ponts et chaussees, et Louis de Crecy, ingenieur du genie rural des eaux et des forets, a la suite des dommages causes par la depression tropicale Clothilde en fevrier 1987. Ces solutions consistent a : 1o effectuer des reboisements : l'ONF a entrepris depuis 1951 un effort de reboisement de l'ordre de 150 hectares par an, a comparer aux 180 hectares deboises annuellement en faveur des productions agricoles. Cette politique de reboisement doit etre poursuivie et intensifiee pour faire face aux autorisations de defrichement et aux incendies. Un systeme d'echanges de terres forestieres en pente faible contre des surfaces anciennement agricoles sur pentes fortes devrait la faciliter ; 2o degager parmi les methodes experimentees dans le monde celles qui sont effectivement applicables a la Reunion compte tenu de son contexte topographique et climatique particulier ; 3o elaborer une doctrine adaptee a la Reunion en s'appuyant sur le centre technique forestier tropical ; 4o s'appuyer egalement sur l'experience en cours de la SAFER : cultures alternees par bandes de niveau, dispositif des debris vegetaux ou du defrichement en andains horizontaux colonises par une vegetation arbustive (fascinages) ; 5o organiser a l'intention des responsables agricoles de la chambre d'agriculture, mais aussi des agriculteurs des sessions de formations specialisees dans les problemes de lutte contre l'erosion ; 6o introduire ou intensifier un enseignement special sur la lutte contre l'erosion agricole sous climat tropical dans les lycees d'enseignement professionnel agricole de la Reunion. Le secretariat d'Etat charge de la prevention des risques technologiques et naturels majeurs et le ministere de l'agriculture examinent dans quelles conditions ces dispositions peuvent etre rapidement mises en oeuvre.

Données clés

Auteur : M. Legros Auguste

Type de question : Question écrite

Rubrique : Dom-tom

Ministère interrogé : prévention des risques technologiques et naturels majeurs

Ministère répondant : prévention des risques technologiques et naturels majeurs

Date :
Question publiée le 12 septembre 1988

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